‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 165 sur 209 · I, XI · texte numérisé non relu

I, XI

« Tenez, quand vous vous trouverez en occasion de dégainer, mettez les quatre premiers doigts sur le dessus de la garde, et serrez le dessous avec le petit doigt.

Tout le charme consiste en cela Quand vous ne feriez

que frapper votre ennemi a la jambe, le coup irait droit au cœur.

GILET

Vous m'assurez que je ne serai point tué!

MADAME JOBIN

Non, je vous garantis plein de vie, tant que vous tiendrez votre petit doigt de la manière que je vous Tai montré. Vous prendrez un habit sans manteau, quand vous serez retourné chez vous.

GILET

Oh I il ne tiendra pas h Thabit qu'on ne me craigne ! »

I/occasion se présente aussitôt de faire Tessai de cette arme si précieuse : un butor entre comme un boulet, bouscule Gilet, veut le mettre a la porte et le soufflette enfin. Gilet dégaine, à moitié rassuré et s'encourageant lui-même à voix basse : « Ne te laisse pas insulter, Gilet ». Le charme opère merveilleusement : rintrus se trouve désarmé du premier coup : et c'est la que Gilet est admirable!

GILET

« Poltron, tu recules. Voilà ton épée qui tombe. 11 ne tient qu'à moi de te tuer.

MADAME JOBlN

Ne le faites pas. Vous l'avez vaincu ; c'est assez de gloire pour vous.

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