Cf. V Appendice, f
D'ailleurs ils comptaient revenir plus d'une fois h Rouen, où ils conservaient leurs deux maisons, et, de fait, ils firent assez souvent le voyage.
Les préparatifs de départ étaient déjà commencés depuis le printemps de 1662 * ; le déménagement ne fut achevé que vers le milieu d'octobre et, le 7 de ce mois, les deux frères passèrent procuration à leur cousin Pierre Corneille « pour poursuivre en leur absence leurs débiteurs et bailler toutes quittances pour ce nécessaires ' ».
On sait qu'a son arrivée h Paris Pierre Corneille fut logé par le duc de Guise (Henri II de Lorraine), qui le protégeait depuis longtemps '. Il occupa vraisemblablement dans le vaste hôtel de la rue du Chaume * l'appartement qu'avait laissé libre la mort de Tristan (1655). Pour Thomas, il n'est pas certain qu'il ait pu être logé, lui aussi, a l'hôtel de Guise; la chose est probable cependant. Le fait que les deux frères avaient quitté Rouen à la même époque prouve jusqu'à un certain point qu'ils ne devaient pas se séparer à Paris. D'ailleurs, le duc tenait depuis longtemps le jeune poète en très haute estime : nous savons qu'il le recevait chez lui et lui demandait de lui lire ses pièces avant qu'elles fussent représentées *. C'était à lui que Thomas
1. Pierre écrivait le 25 avril À Tabbé de Pure : « Le déménagement que je préparc pour me transporter ù Paris me donne tant d'affaires, que je ne sais si j'aurai assez de liberté d'esprit pour mettre quelque chose cette année sur le théâtre ».
2. Le Grand Corneille écrivit de sa main le modèle de cette procuration. M. Marty-Laveauz a eu entre les mains le document autographe et Ta imprimé dans son excellente édition des Œuvres de Pierre Corneille,
3. Tallemant des Réaux, Historiettes, éd. in-16, t. X, p. 284. — D'Aubignac, 3* et 4* Dissertations ^ Paris, 1663, p. 117. — Cf. Fournier, les Demeures de Corneille à Paris, à la suite de son Histoire de la butte des Moulins, \S17f p. 2b7-2Bb; eiBonquei, Points obscurs,..,^. 187, 188.