‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 43 sur 209 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. « Je suis comme tous tout consolé de la réception de Fontenelle : M. Rose parait fâché de voir, dit-il, l'Académie in jtejus ruere. » {Lettres de Racine à Boileau.)

l'académie française. • 93

Fontenelle fut reçu au commencement du mois de mai : Tabbé Testu était alors directeur de la Compagnie, mais « 3on peu de santé ne lui permettant aucune application, M. de Corneille, qui était chajicelier, fut obligé de parler au lieu de lui, ce qui causa quelque curiosité parmi ceux qui composaient l'assemblée , puisqu'étant oncle de M. de Fontenelle, 1% bienséance voulait qu'il cherchât un tour particulier pour se dispenser de lui donner des lou^inges ' ».

Cette réponse de Thomas Corneille fut très aimable et très sage : après avoir avoué quelle part il avait prise à cette élection ', il déclara qu'il ne voulait pas dire de son neveu tout le bien qu'il pensait de lui ', que c'étaif une sorte de modestie qui l'en empêchait, qu'il croyait lui être plus utile en lui donnant quelques conseils; et ces conseils, qui étaient bien ceux qu'un père eût pu donner à son fils, furent présentés d'une manière si sensée et si agréable, que tout le monde dut se déclarer content. Mais Fontenelle laissa échapper dans sa harangue une phrase, malheureuse, qui fut tout de suite relevée : « Je tiens, dit-il, par le bonheur de ma naissance, a un grahd nom, qui, dans la plus noble espèce des productions de l'esprit, efface tous les autres noms ». Le mot efface déplut fort aux amis de Racine et, l'abbé Lavau ayant ensuite prononcé un discours oii il louait sans mesure le récipiendaire, ils quittèrent la séance tcAit à fait irrités.

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