a Non », dit Pulchérie à sa confidente
.... On n'épouse point Tamant le plus chéri Qu'on ne se fasse un maître aussitôt qu'un mari.... - Je dois à ce haut rang d'assez nobles projets Pour n'admettre en mon lit aucun de mes sujets. Je ne yeux plus d'époux, mais il m'en faut une ombre (V, 1).
Laodice est de 1667, Pulchérie de 1677. Pierre Corneille ne s'est-il pas souTenu de la tragédie de son frère ?
LES TRAGÉDIES CORNELIENNES. 157
un nouveau meurtre. — Et justement celui à qui elle ouvre son cœur, c'est cet Oronte, qui est son véritable fils, qui sait qu'elle est sa mère, qui l'aimait ayant jusqu'à ce jour ignoré ses forfaits et qui attendait avec émotion l'heure où Rome lui permettrait de se faire connaître à elle.
Il y a là une scène admirable, vraiment digne d'un dramaturge de génie.
LAODICE
Par son fatal retour tous mes soins sont trahis.
ARiARATE [déguisé SOUS le nom d'Oronté)
Quoi ! vous en plaindre, vous qui n*aimez que ce fils, Qui lui gardiez le sceptre, et qui du nom de mère....
LAODICB
Oui, mère pour un fils à qui je serais chère. Qui viendrait sans secours le prendre de mes mains ; Mais je ne puis soufirir Tesclave des Romains. Soumis à ces tyrans que bravaient nos ancêtres. Il vient nous asservir sous Torgueil de ses maîtres. Nous faire part des fers qu*il s'abaisse à traîner. Et j'aurais quelque joie à le voir couronner I
c< Mais, dit Ariarate, quand il le verra, le peuple saluera en lui son nouveau roi. »
LAODICE
Ehl bien, si vous craignez qu'à sa vue on ne cède. C'est un mal où peut-être il est quelque remède.
ARIARATE
En est-il quand déjà son nom seul en ces lieux....
LAODICE
Vous ne m'entendez pas, il faut m'expliquer mieux. La rigueur me fait peine, et depuis que je règne, Si pour ma sûreté je souffre qu'on me craigne. Contre mille ennemis de ma grandeur jaloux.
J'ai toujours essayé les moyens les plus doux....
Mais, il faut Tavouer, s*agissant de Tempire,
Gomme c'est à lui seul que tout mon cœur aspire,
Si, pour le conserver, il faut armer mon bras,
Un peu de sang versé ne m'épouvante pas.
Quoi I vous ferait-il peur? Vous pâlissez, ce semble?
ARIARATE
Oui, madame, il est vrai, je pâlis, et je tremble.... Croyez- vous que ce iîls....
LAODICE
Il faut vous dire tout.
Aussi bien avec vous, dont Tâme est un peu tendre. Qui s'explique h demi ne se fait pas entendre. Sachant mes intérêts, vous jugerez de moi.
J'eus six fils qu'en mourant me laissa le feu roi. Par divers accidents des six les cinq moururent ; Peut-être avez^vous su quels fâcheux bruits coururent, J*en dédaignai Voutrage, et crus de tels malheurs, Puisque j'étais au trône, indignes de mes pleurs.... Pour me l'assurer mieux, je mis tout en usage. Ariarate à Rome en otage élevé Pouvait me le ravir s'il n'était enlevé.
J'en donnai l'ordre exprès, sa mort fut résolue. Mais je vois que les dieux ne l'avaient pas conclue, Qu'un lâche m'a trahie, et que de mon projet Ariarate et Rome ont su tout le secret.
C'est à vous là-dessus à voir ce que peut faire Un fils trop convaincu de l'orgueil de sa mère. Si j'immolais sa vie à l'ardeur de régner.
Pour régner à son tour voudra -t-il m'épargner?
C'est mon sang!
Si du sang à verser vous émeut, vous fait peine, J'en sais qui sans scrupule en croiront une reine. Et qui, pour un seul crime exigé de leur foi. Ne dédaigneront pas de régner avec moi.
Mais avant qu'emprunter d'autre bras que le vôtre, Songez bien que souvent un crime en presse un autre, Et que, vous ayant dit à quoi je me résous.
Le trône seul peut être un asile pour vous * .