Ï4 ÉTAT DES ESPRITS
messe qu’il n’y avait pas de danger et qu’une jtaisible interruption du commerce suffirait à amener le, redressement de nos griefs. 11 parle aussi d’un autre parti qui redoute l'esprit nivelenr des colonies septentrionales, et craint que cet esprit ne se répande dans le New- York, puis d’un autre qui est animé de préjuges épiscopaux contre la Nouvelle-Angleterre. 11 y a aussi le parti des négociants engagés dans les affaires maritimes, et qui redoutent, en conséquence, les pactes de nonimportation, de non-consommation et de non-exportation. 11 y a enfin le parti de ceux qui lèvent les yeux vers le gouvernement et en attendent des faveurs.... On ne peut causer avec Ph. Livingston. Il tempête ; il crie que, si l’Angleterre nous abandonnait, nous nous battrions immédiatement entre nous pour savoir quelle colonie gouvernerait les autres. 11 craint la Nouvelle- Anglelerre et son esprit niveleur; il parle des fiotlis et des Vandales; il nous jette à la tête nos pendaisons de quakers1.» A Philadelphie l’accueil fut un peu plus chaleureux ; mais là aussi, les députés du Massachusetts étaient exposés à s’entendre reprocher l’esprit d’insubordination de leur province, scs traditions démocratiques, sa vieille intolérance religieuse. Dès leurs premières conversations avec leurs collègues du congrès, et avanttoutc réunion régulière, ils purent s’assurer que les colonies commerçantes du centre, dans lesquelles dominait l’élément quaker ou étranger , seraient les plus difficiles à émouvoir pour leur cause, et que c’était de l’aristocratique Virginie que Boston avait à
* Diary of John Adams, 22 août 1774. — Works of John Adams, t. II, p. 350, 351.