SA VIE ET SES ŒUVRES
TRÉFACE
Voici une étude bien différente de celle que nous nous étions proposée. Lorsque nous entreprîmes de recueillir tout ce que la littérature médicale contenait sur Sydenham et ses écrits^ nous reconnûmes bientôt que les matériaux étaient en fort petit nombre^ qu^ils étaient trop disparates pour composer une esquisse tant soit peu harmonieuse de la vie et des œuvres du célèbre praticien^ /t que mime certains d'entre eux ne satisfaisaient pas à toutes les exigences de la critique d'aujourd'hui. Aussi nous étionsnous résolu à dessiner rapidement la partie biographique de notre travail et à nous attacher complaisamment à la partie doctrinale f lorsqu'il nous vint la pensée de fouiller la littérature anglaise^ mime extra-médicale^ et d'examiner en détail rhistoire ou la vie des institutions ou des hommes avec lesquels Sydenham avait eu quelque rapport. Nous ne tardâmes pas à recueillir les fruits de ce pénible travail. Ces dernières années avaient vu se succéder , en Angleterre^ les publications inédites de manuscrits qui se rattachaient à l'époque de Sydenham ou à lui-mime : nous avons eu la bonne fortune de les utiliser.
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Lédition du registre manuscrit des visiteurs de Vuniversiti oxfordienne en 1648^ par Burrows^ nous a permis de préciser plusieurs points de la jeunesse de Sydenham ; V intéressante biographie de Loche par Bourne et la publication de certains manuscrits du célèbre philosophe nous ont servi à éclairer d^un jour nouveau la vie scientifique de notre auteur y son très intime ami; Munk^ en éditant les dossiers contenus dans les archives du collège des Médecins de Londres, nous a laissé concevoir une idée plus juste des rapports de Sydenham avec les membres du collège^ rapports si diversement jugés. Enfin y dans la série des documents plus antiques, après V étude attentive des œuvres SydenhamienneSy nous avons recherché dans les différentes biographies et dans les œuvres des hommes qui avaient été en contact avec le célèbre praticien, dans celles de LockCy de Boyhy de Mapletofty de Morton, de Harris, de Goodally etc., les moindres traits qui pouvaient nous servir à caractériser sa belle figure, et à mieux nous orienter dans le détail de ses œuvres. Ces recherches ont été Voccasion d'excursions un peu plus lointaines dans le domaine de l'histoire : celles-là encore n*ont pas été sans profit.
Quant aux témoignages historiques, nous les avons soumis constamment à Vépreuve de la critique. A quatre ou cinq exceptions près y nous avonr consulté nous-même tous les ouvrages cités. Au reste nos investigations ont été résumées avec une exactitude qui puisse pertnettre à chacun de repasser après nous par le même chemin.
Nous avons donné souvent la parole à Sydenham y toujours en le traduisant nous-même. Sans reproduire les désaveux formels ou tacites qu^a essuyés la traduction de Jault, nous dirons seulement que, n'ayant pas été faite sur V original, elle était beaucoup plus sujette à devenir infidèUy et qu'en fait il
lui est arrivé plus (Tune fois ^ même après la révision de Baumes^ de s'écarter sensiblement de la pensa du maître dans les passages les plus délicats.
Nous sommes très honoré et très heureux à la fois de pouvoir placer en tête de cet ouvrage le nom de M. le Z> LaboulbérUy professeur d'histoire à la Faculté de médecine de Paris. Après nous avoir fourni l'idée première de notre travaily il nous a constamment encouragé^ au cours de son exécutiony par le témoignage d'un véritable intérêt ; enfin il a bien voulu accepter d'en présider la soutenance orale. Aussi le prions-nous de vouloir bien agréer le respectueux hotnmage de notre gratitude et de nos remercîments.
Nous nous souvenons avec reconnaissance des personnes de la Bibliothèque nationale et de celle de la Faculté de médecine qui nous ont servi dans nos longues recherches y en particulier de M. Georges Burringer, de la Bibliothèque nationale^ dont nous avons éprouvé plus d'une fois la très bienveillante courtoisie.
Une juste coutume prescrit de remercier ceux de nos maîtres dont l'enseignement plus intime ou préféré nous a préparé davantage à notre premier essai d'auteur: nous sommes heureux de nommer M. le Z> Nicaise^ professeur agrégé à la Faculté de médecine, chirurgien de l'hôpital Laennec, M. le jy Renduy professeur agrégé à la Faculté de médeciney médecin de rhôpital Necker; enfin M. le professeur Peter dont l'enseignement si profondément clinique ne pouvait que nous pénétrer d'enthousiasme en faveur d'un des plus grands praticiens.
Paris, 14 février i88g^ année du bi-centenaire de la mort de Sydenham.
EMENDANDA
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