CHAPITRE PREMIER
La famille qui produisit l'illustre Sydenham était fixée depuis bien longtemps au sol de l'Angleterre. Aussi loin que les parchemins permettent de remonter dans la série des âges, c'est d'une petite localité appelée Sydenham et située près de Bridgewater, dans le comté de Somerset, qu'elle tira son nom, et Jean de Sydenham, marié sous le règne de Henri III à l'héritière des Kitsford, en devint la souche ; il en sortit plusieurs branches. Le troisième descendant de la branche aînée, Jean, fils aîné de Roger, n'ayant laissé aucun mâle, sa fille unique apporta la propriété de Sydenham à la famille des Caves. Quant à Richard, le second fils de Roger, il alla se fixer à Combe-Sydenham, dans l'ouest du comté de Somerset. A la troisième génération de cette branche ainsi devenue la première, Jean Sydenham, écuyer du comté, se maria à Jeanne, fille et héritière de Jean Sturton, écuyer de Brimpton, et désormais la branche aînée prit le nom de Sydenham de Brimpton. Le troisième fils de Jean Sydenham, Richard, dit de Aller dans le comté de Somerset, avait eu trois enfants ; Thomas, le plus jeune, alla s'établir en 1544 à Winford Eagle, dans le Dor-
setshire, l'un des comtés voisins, où il acheta un do-
maine et des droits seigneuriaux (i) : il fut le chef de la branche cadette, d'où devait sortir Thomas Sydenham, le grand praticien (2).
La famille de Sydenham jouissait d'une très honorable fortune ; à partir de son origine, plusieurs héritières étaient entrées successivement dans son alliance (3). Thomas, le chef delà branche du comté de Dorset, après y avoir acheté de lord Souch le domaine de « Winfred Eagle (4), » paya, l'année suivante, de plus de quatre livres sterling une ferme et un manoir qui avaient appartenu autrefois à l'abbaye de Cerne. Plus tard, sous le règne d'Elisabeth, il devint acquéreur d'un parc appelé Winford, étendu de léo acres, sans parler de plusieurs autres acquisitions domaniales de réelle importance (s).
Plusieurs membres de cette grande famille avaient été chargés d'importantes fonctions. Richard, de Combe- Sydenham, avait été nommé juge des plaids-communs, la onzième année du règne de Richard H. Simon, second fils de Richard, avait été successivement archidiacre de Sarum et de Bercks, doyen, puis évêque de Chichester en 1403 ; il fut envoyé en qualité d'ambassadeur par le roi Henri à la cour de Germanie. Georges, le plus jeune frère de Richard de Aller, fut archidiacre de Salisbury et chapelain des rois Henri VII et Henri VIII (6). Enfin la plupart des Sydenham avaient tenu le rang
(1) J. Hutchins, The History of antiquitia of the county of Dorset^ t. I, p. 526, London, 1774. — (2) V. sur la généalogie de Sydenham : J. Burke and J.-B. Burke, A genealogical and heraU die history of the exiinct ant dormant baronetcies of England, pp. 5 14^, London, i838. —(3) Ibid. —(4) Coker,i4 Survexo/Dorsetshire, pp, 62-3, London, i632.— (5) Hutchins, loc. cit.~(6) Burke
d'écuyer (i). W. Berry, dans son beau dictionnaire héraldique (2), nous a donné le détail de leurs armes ; et Coker, historien du Dorsetshire, a figuré et décrit celles de Thomas, le bisaïeul du praticien : D'argent, à trois béliers passant de sable. Une molette (3).
n faut descendre jusqu'à la troisième génération de la branche cadette du Dorsetshire pour rencontrer le nom de Thomas le médecin. Guillaume, son père, marié vers léii à Jeanne, fille de Jean JefFery de Coltherston (comté de Dorset), en eut plusieurs enfants, au nombre desquels on remarque deux frères et trois sœurs de Thomas : Guillaume et François ; Marie, Elisabeth et Marthe (4).
Ce fut en 1624, dans le domaine patrimonial de
(J. tnd J.-H.), loc. cit. — (i) Dès longtemps, la société anglaise se partageait en cinq classes : les pairs du royaume (peers), les baronnets {baronets), les écuyers (esquires), les gentilshommes (gentlemen), et les bourgeois {commoners). — Sous Charles l*^, les Sydenhams de Brimpton devaient s'élever d'un rang. Le 28 juillet 1641, un des membres de cette branche, Jean Sydenham, reçut du roi le titre de baronnet. Il prit pour armes : D'argent, à trois béliers passant de sable. Cimier : une tête de bélier détachée de sable accornéc d'argent. (Cf. J.-B. Rietstap, Armoriai général, 2* éd., t. II, p. 874, Gouda, 1887). ~ Cette maison s'éteignit le 16 octobre 1739, dans la personne de sir Philippe Sydenham, le troisième baronnet. — Ce sont là, sans doute, les armes que la Société de Sydenham a fait graver en tête de ses publications. ~ (2) Ency clopœdia heraldica, t. I, p. 234; t. II, art. Syd., London [1828-40]. — (3) Coker, op. cit., Plate 8, num. 140. — La molette, ou roue d'éperon, sert à distinguer les fils de troisième maison. Celle qui est figurée dans les armes de Thomas Sydenham est non colU' /ée, c'est-à-dire dépourvue de sa tige. — (4) Burke (J.and J-B.), loc. cit., p. 5i5. — R. G. Latham {The Life 0/ Sydenham, p, xiv, in The Works 0/ Th. Syd., translated from the latin édition of Dr Greenr hilL,,, t. I, London, 1848), croit pouvoir citer, d'après le Registre des Baptêmes, les noms de plusieurs autres fils de Guillaume Sydenham : Jean (né en 1621), Jean (1626}, Georges (1629), Natha-
Winford Eagle que naquit Sydenham (i). Comment s'écoulèrent les années de sa première jeunesse, nous l'ignorons absolument ; mais le développement harmonieux de ses talents naturels, et la condition heureuse de sa famille permettent de supposer qu'il jouit alors de tous les avantages d'une bonne éducation et qu'il sut les mettre à profit.
Lorsqu'il eut atteint l'âge de dix-sept ans (2), ses parents songèrent à le faire instruire des sept arts libéraux. Deux universités également célèbres se partageaient alors en Angleterre le haut enseignement : nées au treizième siècle, les écoles d'Oxford et de Cambridge, parmi tant d'autres universités rivales, supportaient dignement, aux yeux de l'Europe, le fardeau d'une réputation plusieurs fois séculaire. Les écoles de Cambridge avaient existé en germe dans le Collège de Saint-Pierre fondé en 1284 par Hugues de Balsham, évèque d'Ely (3); celles d'Oxford avaient eu pour berceau le Collège de l'Université fondé ou restauré en 1249 par Guillaume, archidiacre de Durham (4). Encore faudrait-il remonter au delà de ces origines pour ainsi dire officielles. On rapporte qu'en 1229, sous Henri III, il y avait à Oxford plus de mille étudiants firançais. Après cette période des
nicl (i63o) et Richard (1634). — (i) M. Burrows, The Register of the visitors of the University of Oxford, from A. D. x 647 to A, D, z658.,., p. 566. Prinled for the Camden Society [London], , 1881. — (2) Et non pas de dix-huit. A. Wood [Athence 0x0 nienses...from A, D, i5oo to.,. november lôgS, to which are added theFasti, or annals of the said University to the year i6go... The second édition, t. II, col.SSg, London, 1721), parle de « dixhuit ans ou à peu près. Mais Burrows (loc. cit.) vient de décider la question. — (3) Cf. C.-H. Cooper, Memorials of Cambridge .., 1. 1, p. 3, Cambridge [i85o]. — {^)Ç,ï. KJ^ood^ Historia et antiquitates Universitatis oxoniensis, initio, Ozonii, 1674-5.
étudiants libres ou martinets^ « des hôtels nombreux » se formèrent « sous la surveillance d*un principal^ élu par les étudiants (i). Wood rapporte qu'il y en eut plus de 300 à Oxford. On les appela d'abord des Hospitia; puis leur nom changea, ils devinrent les Halls aulœ (2). Les Collèges proprement dits s'y ajoutèrent et finirent par les remplacer pour la plupart. « Dès lors, ce qu'on appela un collège fut une société se gouvernant elle-même, et se perpétuant par une succession indéfinie...., pourvue d'une dotation de charité, et destinée principalement à entretenir les étudiants (3). » Les associations d'Oxford et de Cambridge avaient été, dès leur origine, des associations indépendantes; mais peu à peu elles finirent par subir l'influence du pouvoir public en acceptant ses bienfaits.
Thomas fut envoyé à l'Université d'Oxford, peut-être parce qu'elle était beaucoup plus voisine de son pays natal. Déjà son frère aîné Guillaume y avait fait son entrée en se faisant admettre, en qualité de gentilhomme pensionnaire (gentleman commoner) (4), au collège de la Trinité. Thomas se présenta au Hall de Madeleine (Magdalen Hall. — Aula B. Mariae Magdalenae) (5). C'était aussi une sorte d'internat : aucun membre de
(i) J. Demogeot cl H. Montucci, De renseignement supérieur en Angleterre et en Ecosse, p. 7, Paris, 1870. — (2) Wood, HiS' toria, lib. 11, p. 338. — (3) Demogeot et Montucci, De l'enseig.^ p. 8. — (4) Avec le progrés des temps, la classe des pensionnaires (commoners) était venue s^ajouter, dans les collèges, à celle des agrégés {fellows) qui étaient à Torigine de véritables étudiants, et à celle des écoliers {scholars), sorte de boursiers. Les pensionnaires se divisaient en trois catégories : les nobles (noblemen), les gentilshommes (gentlemen commoners), et les simples pensionnaires (commoners), — (5) 11 faut distinguer le Hall de Madeleine
l'Université ne pouvait prendre ses repas ni son logis dans les maisons privées (i). Sydenham y entra à la session de la Saint- Jean (Midsummer Tcrrn)^ c'est-à-dire à la fin de l'année scolaire (2). L'étude des arts, — les lettres d'aujourd'hui, — durait sept ans, « et les études spéciales des facultés supérieures (théologie, droit civil et canon, médecine) se prolongeaient en général deux fois autant (3). » Mais les études littéraires de Thomas ne tardèrent pas à être interrompues. La guerre avait fini par éclater entre Charles I et son Parlement. Le roi avait dû quitter Londres ; après la bataille d'Egde-Hill (23 oct. 1642) il se rendit avec toute son armée à Oxford, car, ainsi que l'a dit Guizot après l'historien anglais Clarendon, c'était « des grandes villes du royaume la plus dévouée à sa cause (4). » Cette fidélité au roi devait être imputée aux soins de l'Université. Depuis le 18 août précédent, ses membres, au nombre d'environ 400, s'exerçaient au combat avec le même succès que s'il
du collège de ce nom (Magdalen Collège). Celui-ci avait été fondé en 1458 par Guillaume de Waynfleet, évoque de Winton. Ce bon vieillard voyant que le collège ne suffisait pas à contenir la jeunesse du voisinage, fit bâtir une école de grammaire qui devait en être la succursale. Cette auîa grammatica fut achevée en 1480, au bout de deux ans. (Wood, Historia, lib. II, p. 370). En 1602, elle devint un établissement indépendant, sous, le titre à'Aula B. M, MagdaUnœ, — (i) Statuta oxoniensia, tit. IIÏ, sect. 3, 1634. On imprima plus tard, sous le titre qui avait été donné au parchemin original, le Corpus statutorum universitatis oxoniensiSy Oxonii, 1708. — (2) A cette époque, Tannée scolaire, à Oxford, était partagée en quatre périodes de travail {terms) séparées par autant de périodes de repos {vacations); elle s'ouvrait le 8 octobre; le dernier terme commençait le mercredi après le dimanche de la Trinité et se terminait à une époque variable suivant les actes. (G.-R.-M. Ward., Oxford University Statutes, translated, t. I, p. 7, London, 1845). — (3) Demogeot et Montucci, De Venseign., p. 10. — (4) F. Guizot, Charles /•' et la Révolution^
sefôt agi de vétérans (i). Enfin « dès le commencement des troubles, elle lui avait envoyé plus de 10,000 livres sterling, tant des fonds de plusieurs collèges que des bourses des particuliers (2). »
Charles I ne manqua pas de tirer parti de dispositions aussi favorables. Après avoir fait d'Oxford son quartier général, il transforma par un édit du 15 décembre le nouveau collège {collegium novum) en arsenal. Au commencement du mois de juin de Tannée suivante, l'instruction militaire des étudiants était terminée, et les togati^ distribués en cohortes, pouvaient être incorporés à l'armée du roi (3).
Mais les Sydenhams du comté de Dorset, aussi bien que le comté lui-même, avaient embrassé la cause du Par. lement. A défaut de preuves antécédentes, l'histoire des événements qui suivirent l'a surabondamment prouvé. Vers le milieu de l'année 1644, la mère de Thomas Sydenham devait être assassinée en haine de la cause des Parlementariens, par un soldat de l'armée royale (4). François, l'un de ses frères, major dans l'armée du Parlement, devait subir le même sort quelques mois plus tard (3). Quant à son frère aîné Guillaume, on ne peut ouvrir aucune des histoires de ce temps, sans trouver son nom mêlé à la plupart des événements politiques de
5« éd., t. I, p. 383, Paris, 1864. — (i) Wood, Historia., lib. I, p. 333. — (2) Edward, comte de Clarendon, Hist, de la réb, et des guerres civ. d'Ang. depuis 1641 jusqu'au rétab. du roi Charles 11^ U m, p. i63, La Haye, 1704. — (3) Wood, Historia, lib. I, pp. 358-9. —(4) B. Whitclock, Memorials of tke english affairs : or an historical account of what passed from the beginning of the Reign of King Charles theflrst to King Charles the second his happx Restauration, a new éd., p. 116, London, 1732. — (5) Latham {The Life, p. xvii) cite, à l'appui, le Registre des sépuU
quelque importance, qui s'écoulèrent depuis le début de la guerre civile jusqu'à l'avènement de Charles II (i). Dès le i6 avril 1643, il était nommé capitaine du chiteau de Sandford et de la garnison de Weymouth, dans l'armée du Parlement; le lé décembre il devint colonel d'un régiment de cavalerie de 500 hommes; le 28 juin 1644, avec le même grade, il prit sous ses ordres un régiment d'infenterie de 1000 hommes, avec le gouvernement de Weymouth ; puis il devint successivement gouverneur de l'île de Wight (juillet 1649), viceamiral de cette île et de Hampshire (la même année). Appelé au Parlement pour y représenter le comté de Dorset (1653), î^ ^'j montra partisan zélé de la politique d'Olivier Cromwell, et celui-ci, devenu Protecteur, le nomma commissaire de l'Echiquier et membre de son Conseil privé : le colonel Sydenham (ainsi le nomment les historiens de ce temps) fut désormais au nombre de ses favoris. En 1656, le Protecteur le nomma Grand- Maître des Forêts de l'île de Wight. Deux ans après, il siégeait parmi les soixante Pairs du Parlement. A la mort d'Olivier Cromwell, le parti de l'armée, connu sous le nom de Wallingford-House avait élevé Richard son fils au protectorat, dans l'espérance de gouverner tout à sa fantaisie. Le colonel Sydenham était un des principaux
turcs de VVinford Eagle. — (i) Nous devons citer en particulier les auteurs suivants : Whitelock, op. cit., pp. 134, 493, 697, 63 1, 654, 666, 675, 678, 680, 683, 693 ; — Mémoires de Ludlow [publiés par F. Guizot], t. I, p. 170; t. Il, pp. 226, 234, 255, 322, 426, 454,460, 521,533, 535. Paris, 1823.— On trouve un bon résumé des états de services de G. Sydenham, dans : Wood, Athenœ, t. II, col. 841 ; — ^ gênerai Dictionary historical and critical,,. by J.-B. Bernard, T. Birch, J. Lockman, t. IX, p. 458, London,
cheÉs de ce parti : Richard durant les onze mois de son protectorat, lui continua les bonnes grâces de son père ; il l'appela à la Chambre, le nomma membre du Conseil d'Etat (mai 1659), puis membre de la Commission des. Dix, prise dans le Conseil, et à qui fut confié le soin d'aviser aux moyens convenables de conduire les affaires et le gouvernement.
Or Thomas Sydenham partageait absolument le républicanisme de sa famille.
« C'était une tête ronde, dans une famille de tètes rondes (i). » Le privilège dont il fut l'objet à l'occasion de la visite de l'Université d'Oxford par les délégués du Parlement en 1648, était surtout la reconnaissance des services militaires rendus par son frère aîné à la cause des révoltés. Aussi est-il probable que lorsque, à Oxford, maîtres et écoliers s'exerçaient « pugna umbratiliy sed ad séria ducenti {2), » Thomas s'était éloigné déjà de l'Université. L'histoire ne nous a légué de sa vie militaire que Tanecdote suivante publiée deux ans après sa mort, par André Browne qui l'avait « apprise de sa propre bouche ; elle appartient au temps de ces luttes civiles où Thomas remplissait les fonctions de capitaine. Une nuit, retiré dans son logis, à Londres, il se préparaît à se coucher ; déjà même il avait quitté ses vêtements, lorsqu'un camarade ivre et furieux, un soldat, habitant sans doute le même logis, entra dans sa chambre, et saisissant d'une main le devant de la chemise de Thomas, de l'autre déchargea dans son sein un pistolet armé, mais, ô merveille! sans lui faire aucun mal!
(1) H.-R.-F. Bourne, The Life ofJohn Locke^ t. 1,'p. 2i3. London, 1876. — (2) Wood, Historia, lib. I, p. Sb^.
Chose étrange : le bouclier si étroit que formait la main du soldat avait protégé la poitrine de Sydenham. Par un effet admirable de la providence divine, cette main chan- ^celante, en saisissant la chemise, s'était placée dans une position telle que le tranchant de la main et tous les os du métacarpe formaient une ligne droite, du canon du pistolet à la poitrine de Thomas : ainsi la balle, ne déclinant ni d'un côté ni de l'autre, mais poursuivant son trajet droit au travers des os, avait perdu sa force en les forant, et était tombée à ses pieds (i). »
Ce fut encore à Londres, en 1645, qu'il survint à Sydenham un événement qui décida heureusement de sa vie, et qu'il nous a raconté. Son frère aîné, le colonel Sydenham était tombé malade; retiré à Londres, quartier-général de l'armée du Parlement, il avait fait appeler auprès de lui le docteur Thomas Coxe, médecin de cette armée. Thomas Sydenham rencontra celui-ci au cours d'une de ses visites : « Le hasard, » dit-il, « me mit en présence d'un homme très instruit et fort honnête, M. le docteur Thomas Coxe, qui donnait ses soins à mon frère ; dès cette époque, il exerçait la médecine avec une grande notoriété. Cet homme, plein de bonté et d'une politesse exquise, me demanda avec intérêt à quelle profession j'allais me destiner, au moment de reprendre mes études. J'étais dans l'incertitude, et
(0 Andrew Browae, A vindicatory schedule conceming the new cureof Fevers.,, Edinburgh, 1691. — Le D' John Brown y a découvert cette anecdote et l'a reproduite en i858. (Voir Horœ subsecivœ,,. new éd., First séries, p. 234. Edinburgh, i883). Elle avait été imprimée déjà, mais avec quelques variantes, par J.-C. Lettsom dans The Gentleman' s Magasine, for August, i8oi, p. 684; Lettsom Tavait trouvée dans une copie manuscrite de la Méthode de Syden-
d'ailleurs je n'avais jamais songé un seul instant à la profession médicale. Les exhortations, l'autorité avec laquelle il me parla, me décidèrent à m'y donner tout entier (i). »
Sydenham n'attendait plus que la fin de la guerre civile pour aller reprendre à Oxford ses études interrompues. Il y rentra sans doute à la suite des Parlementariens, et reprit sa place au Hall de Madeleine (2). Charles I s'était enfui d'Oxford pour échapper aux révoltés, lorsque Sir Thomas Fairfax vint faire le siège delà ville. Oxford se rendit le 24 juin 1646; c'était la fin de la guerre civile. Le i" mai 1647 a les Lords et la Chambre des communes assemblés en Parlement » publièrent une ordonnance « pour la visite et la réforme de l'Université d'Oxford et des différents Collèges et Halls qui y étaient. » L'objet de cette mesure était nettement déterminé : c'était « la correction légitime des délits, des abus, des désordres y survenus ou commis surtout
ham. — (i) Th, Syd, Opéra omnia, Edidit G.-A. Greenhill, p. 3, Londini, 1844. — T. Coxe s'était fait recevoir'docteur en médecine à Tuniversité de Padoue, en ib4i. Il devint président du CoUège des médecins en 1682. Il vint mourir obscurément en France. (Cf : W. Munk, The Roll of the Royal Collège of Physiciàns of London... Second éd., 1. 1, p. 247, London, 1878; — Wood, Af^ewar, t. II, col. 760, et in fine : Fasti, col. 64). — (2) John Brown, s'appuyant sur une copie de lettre qu*il a découverte au British Museum et dont l'original aurait été adressé le 10 décembre 1677 par Sydenham au D^ Gould, prétend que notre auteur aurait été pensionnaire agrégé {fdlow commoner) du collège Wadham, l'année de la reddition d'Oxford {Horœ subs., éd. cit., p. çS). Burrows signale, en effet, quelqu'un de ce nom d'après le registre des visiteurs (7%e Regiiter.. pp. 4, 535, 63i); mais des fonctions et qualités qu'il attribue à ce personnage, nous n'hésitons pas à conclure qu'il n'était que l'homonyme de Sydenham. V. aussi S.-A. Allibone, Critical Dictionary of English Liierature and british and american authors, t. II, p. 2320 (art. Sydenham Humphrey), Phi-
dans ces derniers temps (i), » c'est-à-dire depuis le mois de juin 1642 jusqu'à celui de Tannée 1646. 24 visiteurs (2) étaient désignés par les Chambres. Après plusieurs hésitations, la citation des membres des Collèges commença; ceux du Collège Madeleine comparurent les premiers à la barre des visiteurs le 2 mai 1 648 ( 3 ) . Les juges adressaient à chacun cette question uniforme : Vous soumettez-vous, dans cette visite, à l'autorité du Parlement ? Ce fut le 4 mai 1648 (4) que les membres du Hall de Madeleine, au nombre de 49, se présentèrent aux visiteurs. Le Hall, à ladiflFérence du Collège du même nom, avait toujours gardé « le tempérament puritain (s). » Thomas comparut à son tour, en qualité de maître is arts (6). Sa réponse, que l'on devine, fut celle-ci : « Je me soumets à l'autorité du Parlement. » D'après Burrows, tous les membres du Hall répondirent de même. A quelle date Sydenham avait-il reçu le baccalauréat et la maîtrise es arts ? l'histoire ne nous en dit rien ; mais on ne saurait tirer de ce silence une preuve négative, car il existe une lacune dans l'histoire officielle de l'Université, depuis le jour où Oxford se rendit aux Parlementariens jusqu'à celui où commença le registre des visiteurs, le 30 septembre 1647 (7). Il est même à croire que Thomas avait été nommé maître ès-arts lorsqu'il fut
ladelphia, 1880. — (i) Burrows, The Register, pp.LV, lx. —(2) Audessus de leur chef réel, « les collèges ont un chef suprême, un supérieur nominal dont ils sont censés dépendre. On le nomme le Visiteur. La Reine est Visitor d'un certain nombre de collèges.» Demog. et Mont., De Venseign,, p. 49. — (3) Wood, Historia, lib, l, p. 406. — (4) Ibid. — (5) Burrows, The Register, p. cxiv. — (6) Ibid., p. 36. Wood n*est pas du même avis {Athetue^ t. II, col. 839). ^ (7) C'est cette lacune que Burrows a essayé de remplir dans le chapitre III de Tintroduction de son livre, p. lv : The University on itsdefence (1646- 1648).
admis au grade de bachelier en médecine (i), le 14 avril 1648, caries règlements y obligeaient; il fallait déplus avoir fréquenté avec soin et attention pendant trois ans les leçons du professeur public de médecine pour pouvoir aspirer au baccalauréat correspondant (2). Il est certain, même à reculer jusqu'à la date de la reddition d'Oxford le retour de Thomas dans son Université,qu'il ne put pas satisfaire à l'intervalle réglementaire. Il est non moins certain qu'il n'avait pas pu accomplir les quatre années d'études exigées pour le baccalauréat es arts, ni les trois années supplémentaires que l'on demandait aux futurs maîtres. Mais le Corps législatif d'Oxford (la Congrégation) accordait des dispenses « à certaines personnes quand les matières le méritaient (3), » et Thomas, grâce à l'influence de son frère aîné, n'eut assurément pas de peine à les obtenir.
L'épreuve imposée aux aspirants du baccalauréat en médecine consistait à soutenir, pendant deux heures, les fonctions de répondant et d'opposant à propos de deux questions médicales; elle était affichée sept jours à l'avance avec les noms de ceux qui devaient prendre part à la dispute; le plus ancien élève de l'école de médecine, ou à son défaut le professeur public de cette école ou son suppléant se chargeaient du rôle d'adversaire (4). Nous ne savons rien de l'épreuve subie par Sydenham (s). A peine pouvons-nous supposer comment il s'y prépara, en jetant un coup d'oeil sur l'enseignement médical de
(0 Wood, Athenœ., t. H, in tine : col. 65. — (2) Statuta oxoniensia^ tit. VI, sect. 5, cap. i. — (3) Ibid., tit. IX, sect. 4. — (4) Ibid., tit. VI, sect. 5, cap. 2. — (5) La séance où il fut reçu est racontée dans Wood, Historia, lib. I, p. 404 ; mais il n'y est
tion Collegium omnium animarum {AU Soûls' Collège.) Le G)llège de-toutes-les-âmes avait donné à Charles I des preuves non équivoques de sa sympathie, durant la guerre civile. Une fois devenus les maîtres, les Parlementariens « déversèrent sur ce Collège la pleine coupe de leur ire (i). » Le 2 octobre 1648, 16 de ses membres, au nombre desquels étaient deux agrégés, furent chassés (2), à raison de l'opiniâtre fermeté dont ils avaient fait preuve devant les visiteurs au mois de mai précédent (3). Le lendemain dix nominations d'agrégés furent faites tout à la fois (4) ; l'une d'elles était en faveur de Sydenham (5).
Le Collège de-toutes-les-âmes se composait principalement d'agrégés ou de sociétaires (fellows) ayant un gardien (warden) à leur tête. Il ne donnait aucun enseignement. En outre on y était assujetti à la vie commune; ses membres étaient résidents ; du reste, en général, la non résidence ne procurait pas aux fellows de bien grands avantages. Thomas Sydenham y passa quelques années dans l'étude de la médecine (6) ; nous verrons plus loin à quelle époque il en sortit.
Thomas ne voulut pas se contenter des connaissances médicales qu'il avait acquises en Angleterre ; il vint en
toria^ lib. II, pp. 172-4. — (i) Burrows, The Register, pp. cxix-cxx. — (a) Ibid., p. 194. — (3) Wood, Historia, lib. I, p. 41 2.— (4) Burrows observe que ces mutations ne furent pas désavantageuses au collège, car elles lui valurent cinq agrégés distingués : Sydenham, Wren, le grand architecte; Millington, Pett et TrumbuU {The Register, p. cxx). — (5) Ibid., p. 173. — (6)«Post annos aliquot in Palaestra academica insumptos... • Syd. Opéra, éd. Gr., p. 4. Cest probablement à cette période de sa vie que Sydenham fait allusion dans ce passage : «... Medicus doctissimus candidissimusque D"" Doctor Millington (ejusdem mecum olim Collegii Socius. jam amicissimus)... » Ibid., p. 193. —
France. L'Ecole de Montpellier était à cette époque une des plus célèbres du continent; et si, en i63i,sarenommée n'eût pas volé jusqu'en Angleterre, le panégyrique qu'en fit alors le médecin Jacques Primerose dans une lettre publiée à Oxford (i), aurait suffi à exciter en iaveur de cette école l'enthousiasme britannique. Né en France de parents écossais, Primerose avait étudié l'anatomie à l'Université de Paris sous la direction du Éimeux Riolan, puis il s'était fait recevoir docteur à Montpellier en 1617. Arrivé en Angleterre, après avoir obtenu la licence du Collège des Médecins (1629), il avait voulu, au commencement de sa pratique médicale (163 1), rendre publiquement aux Ecoles fi-ançaises l'hommage de sa reconnaissance. Il s'adressa donc à Thomas Clayton, le professeur royal de médecine à l'Université d'Oxford, et lui décrivit avec complaisance l'organisation de l'Académie de Montpellier, ses vénérables coutumes, pour en conclure qu'elle méritait d'être placée au premier rang : a scholam tam celebrem non nisi suo jure merito primatum inter caeteras sibi vendicare. » En vérité, on pouvait trouver ailleurs un bon enseignement : « etiamsi ab aliis exacte medicina doceatur ; » mais, ajoutait-il sur un ton qui pourrait passer pour celui de la réclame, on y traite les étrangers avec assez d'indulgence : « in gradibus tamenconferendis paulo sunt erga peregrinos indulgentiores ut quoslibet ad supremos honores admittant absque uUo severiori examine (2). »
(i) Academia Monspeliensis a Jacobo Primirosio Monspeliensi et Oxoniensi Doctore descripta, Ejusdem laurus Monspeliaca, Ad Clarissimum Doctorem Thomam Claytonem apud Oxonienses Medicinœ regium profeasorem, Oxonis, i63i. — (2) Ibid.
Et il ajoutait quelques échantillons de l'examen subi par les récipiendaires. L'Ecole de Paris recueillait aussi des éloges, et fort délicats : « Habet quoque schola parisiensis suos ritus elegantissimos quibus nemo nisi Doctissimus admittitur ad medicinam (i). » La péroraison de cette lettre ne nous laissait rien à désirer: «.... Gallia nostrap supremum artis fastigium est assccuta; nihil intenta tum reliquere, singulasque ejus parteis,ita ausim dicere, excoluere Galli ut principem in Medicinalocumobtineant.»
L'Ecole de Montpellier avait-elle conservé le droit aux mêmes éloges, vingt ans plus tard ? Ce n'était pas l'avis de Jean Riolan, fils du célèbre anatomiste, lorsqu'en 165 1 il publia contre cette Ecole sa diatribe violente et satirique des Curieuses Recherches^ sous le voile de l'anonyme (2). Mais il faut bien avouer que la fameuse querelle soulevée entre les docteurs de Paris et de Montpellier, lorsque Théophraste Renaudot, docteur de cette dernière école vint, au mépris du droit des docteurs parisiens, fonder au milieu d'eux son bureau de consultations gratuites en faveur des pauvres, avait excité démesurément la verve de Riolan, et qu'Astruc avait raison de trouver dans son livre les marques de la passion qui l'avait égaré (3).
Quoi qu'il en soit, un autre motif dut aussi attirer Sydenham à l'Ecole de Montpellier. Dès le milieu du XVII* siècle on y remarquait déjà un homme qui devait parvenir bientôt à une haute célébrité parmi les prati-
[Lettre-Préambule]. — (i) Ibid. — (2) Curieuses Recherches sur les Escholes en médecine de Paris et de Montpellier, Paris, i65i. — (3) J. Astruc a résumé cette dispute dans ses Mé' moires pour servir à Vhist, de la Fac, de méd, de Montp., p. 162,
ciens. Charles Barbeyrac (1629-1699) était venu de son pays de Provence, pour faire couronner ses études de médecine à Montpellier par le doctorat, en 1649 : c'est là qu'il s'établit. Sa qualité de protestant l'empêchait de prétendre à l'enseignement officiel. Néanmoins, en 1658, les chaires de Duranc et de Rivièrç étant devenues vacantes, Barbeyrac se mit sur les rangs. Les disputes qu'il soutint à cette occasion (i) « lui firent beaucoup d'honneur et sa réputation augmenta si fort qu'il fut en peu de temps le médecin de Montpellier le plus employé.' Elle se répandit bientôt dans le royaume et dans les pays étrangers. On le consultait de toutes parts pour les cas les plus difficiles (2). » M"* de Se vigne l'a immortalisé dans ses lettres. De Grignan, où la retenait la maladie de sa. fille, elle avait prié le président de Moulceau de demander à Barbeyrac son avis sur les consultations qu'elle lui envoyait touchant cette maladie. « Votre ordonnance de M. Barbeyrac, » lui réponditelle, « et votre lettre ont eu des ailes, comme vous le souhaitiez ; et il semble que cette petite fièvre qui paraissait si lente en ait eu aussi pour fuir aux approches seulement du nom de M. Barbeyrac (3). » L'enseignement privé de ce praticien était fort recherché : « La plupart des étudiants... tâchaient, autant qu'il leur était possible, de profiter de sa conversation. Il y en avait dix ou douze qui l'accompagnaient tous les jours chez ses
Paris, 1767. [Ouv. posth. rev. et pub. par Lorry]. — (i) Il en reste la trace dans la thèse suivante : Qucestiones medicce duode^ cim... quaSy Deofavente, propugnabit.,, triduo integro sero et mane a die 4 mensis Dec, ad 6 inclusive^ Carolus Barbeyrac ; Monspelii, i658. — (2) L. Moreri, Le grand Dictionnaire historique^ t. II, p. loi, Paris, 1759. ~ (3) Lettre du 4 fév. 1696; n« 1444 de l'éd.
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malades. Il les entretenait, chemin faisant, de la maladie qu'ils venaient de voir et des remèdes qu'il avait ordonnés, et il leur répondait avec un jugement exquis et une présence d'esprit merveilleuses à une infinité de questions qu'ils lui faisaient sans cesse sur les plus importantes matières de la médecine : de sorte qu'on peut dire que les plus habiles médecins de l'Europe qui avaient fait leurs études à Montpellier de son vivant avaient été ses disciples. Il avait sur beaucoup de maladies des idées toutes nouvelles, mais claires et solides : sa pratique était admirable, fort simple et fort aisée ; il l'avait débarrassée de quantité de remèdes inutiles qui étaient en usage avant lui, et qui ne servaient qu'à fatiguer les malades. Il n'en employait qu'un petit nombre de choisis et d'efficaces ; et c'était si à propos que jamais médecin n'a eu des succès plus heureux et plus surprenants... Il n'a laissé aucun écrit ni même des observations... il était si occupé qu'il ne lui était pas possible d'écrire... Le célèbre Locke, qui avait connu particulièrement Barbeyrac à Montpellier et qui était bon ami deSydenham, disait qu'il n'avait jamais vu deux hommes plus ressemblants dans la doctrine et les manières (i). »
Cette esquisse de Barbeyrac, la plus originale que nous connaissions, car Moreri en a emprunté le fond à des Mémoires manuscrits^ vient appuyer les autres motifs de probabilité que l'on peut mettre en avant pour montrer que Barbeyrac et Sydenham ont eu des rapports immédiats. On ne saurait mettre en doute que Sydenham visita Montpellier: en 1733, P. Desault a fourni ce
Monmerqué. V. aussi les n«* 1441 et 1448. — (i) L. Moreri, loc.
témoignage précis d'un de ses vieux collègues : « Feu M. Emeric père... m'a dit avoir connu Sydenham à Montpellier, avec lequel il était d'une grande liaison, il avait même entretenu longtemps commerce de lettres avec lui ; que c'était un homme d'un grand jugement et d'une probité reconnue, tel qu'on peut le juger par son estampe, mais bien mieux encore par ses ouvrages (i). » Devant la valeur historique de ce témoignage, nous avons quelque difficulté à concevoir qu'un professeur de l'Ecole de Montpellier (2) ait cru devoir être plus exigeant que les Anglais eux-mêmes (3). Les relations de Barbeyrac et de Sydenham n'ont pas été établies aussi nettement. Bouteille parlant de la méthode rafraîchissante, dit que Sydenham « l'avait apprise à Montpellier de Barbeyrac (4). » En vérité, l'esprit si original et si pratique de Sydenham, tel qu'il apparaîtra danslasuite,pouvait-il mieux s'accommoder à Montpellier de tout autre que de Barbeyrac? Un moyen de preuve assurée eût été de comparer dans le détail les œuvres de ces deux grands praticiens. Malheureusement Barbeyrac n'a rien laissé lui-même. Tous les ouvrages publiés sous son nom (5), aussi bien que le manuscrit
cit. — {i) p. Destiuh, Dissertation sur Us maladies vénériennes,, avec deux Dissert., Vune sur la rage. Vautre sur laphthisie, p. 3 59, Bordeaux, 1733. — (2) J. Vignal, Comparer Sydenham et Stoll^ et apprécier Vinfluence qu'ils ont exercée sur la médecine pratique^ Th. d'agrég., p. 14, MontpcUier, 1860. — (3) G. A. Grcenhill, Vita Th. Syd,y conscripta a C. G. Kahn, cum quibusdam auctis et emendatis, p. x (in : Th. Syd., Opéra, éd. cit.); Latham, The Life,, p. xxiH. — (4) Journal de Méd,, Chir,, Pharm,, etc., par M. A. Roux, juin 1776, t. XLV, pp. 3i6-7, à Paris. — (5) V. dans Astruc {Mémoires,., pp. 383-4) l'histoire du livre intitulé Traités «011veaux de médecine, paru sans nom d'auteur à Lyon en 1684. Nous citerons à notre tour Touv. suivant dont Astruc ne parie pas :
n° 467 de la Bibliothèque de l'Ecole de Montpellier (i), sont posthumes ; ils n'ont été composés que (ï après lui. D'autre part, il serait imprudent de le vouloir juger uniquement sur sa thèse de concours.
L'époque précise du voyage de Sydenham à Montpellier est ignorée : il eut lieu vraisemblablement ^ant 1661, car les premières épidémies de Londres décrites par lui datent de cette année ; et dès lors, dans ses ouvrages, qui embrassent toute sa carrière de praticien, rien ne laisse supposer qu'il ait quitté son pays, même pour peu de temps.
Medicamentorum constitutio seu formulée Caroli Barbeirac..,. Editio altéra, I.ugduni, lySô» 2 vol. in-12. En réalité, cet ouvrage est un mélange des formules de Barbeyrac et de son neveu le D' Sydobre ; et il n'est pas possible d'y faire la part de chacun. — (i) Observ, sur toutes les mal. selon le sent, et la prat. de Barbeyrac. ln-40 sur pap. Ce manuscrit est du xvni» siècle.