MONUMENT A LA MÉMOIRE DES SUISSES
MASSACRÉS FKXDAM LA JOIRNÉE Dl lu AOIT nu-J. I. I* figure. |i. 6*.)
Figure colmxiilr «••nlpuV dan* le roc. — Lucerne. — Haut., 6 m. ; larp. f 9 m.
M. Arthur Ponroy décrit ainsi ce monument :
« Imaginez-vous une sorte de retraite profonde et mystérieuse à laquelle on arrive par des sentiers tortueux et doucement inclinés. Vous louchez de la main un chalet qui dort sur la gauche; à quarante pas en avant i*st la roche nue coupée à pic, comme fendue en deux par un éclat de tonnerre, avec des zigzags naturels A travers les couches granitiques, rudes et fantasque?* sillages que semblent y avoir lixés les éclairs. Au pied de la montagne est une large nap(>e d’eau verdâtre et immobile; des deux côtés s’élèvent deux bosquets de mélèzes dont la cime triste et noirâtre va se confondre avec les arêtes du rocher, couronné lui-même par un magnifique Unique! de chênes qui se penchent en un dôme austère. Sur l’arrière-plan de la roche roule une |>etitc cascade que l'on ne voit pas, et dont Je» eaux murmurantes viennent alimenter celle mer inorle ou rien ne vibre plus que la plainte sans cesse renouvelée de la funèbre légende. Puis, çâ et là, à travers les fissures de la roche grise, suintent de pauvres filets d’eau, larmes éternelles qui coulent sans cesse; airain qui sue, pierres qui pleurent, comme pour rappeler éternellement à ces retraites grandioses la loi île douleur et de majesté que le génie leur a imposée :
Wficryniat Icmpli* rhur. teraque smlant!
Kuhn . à vingt pieds au-dessus du lac, au fond d'une niche géante et creusée à main d'homme dans le roc, un lion mourant est couché, un lion trois fois grand comme nature: il a le flanc percé d’une pique brisée; ses yeux sont dos quoique terribles; nue de ses énormes pattes retombe ail-dessus de l'eau qui la
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SECOND K PARTIE
reflèle; l’autre est crispée encore sur les fleurs île lis d’un bouclier; et, dans toute cette magnifique image, il semble qu’avec un sentiment d’horreur vous respirez en même temps un sentiment de force héroïque, de vertu pure et consolante qui plaît au cœur et le rassérène. Puis, quand vos yeux se baissent sous l'imposante grandeur de ce spectacle, ô prodige! 6 art infini! vous le revoyez dans l’eau, reflété avec des tons gris et verts qui donnent à toute cette composition formidable une énergie âpre et farouche; quelque chose de fantastique et de mystérieux qui rapj»elle les colères de Dante et les grandes tristesses de Shakespeare. »
Modelé à Rome en 1819. Sculpté dan* le roc par Lucas Aliorn, artiste de Constanre. ( V. p. 67 et suiv.) Le modèle de plâtre figure au Musée TliorvaId*cn (haut., 85 c. ; larg., 1 rn. 55 c.).