ACHILLE ET PENTHÉSILÉE
Bas-relief; marbre. — Musée ThorvalJscn. — .Médaillon diam., 69 c.
Le héros grec vient de blesser Penthésilée, reine des Amazones; surpris de la beauté de la jeune femme, il la relève, et met la main sur son sein pour sentir s’il palpite encore.
Modelé à Rome en iSSy. Le Musée possède aussi le modèle de plâtre.
LES ARMES D’ACHILLE. (V. la figure, p. 341.)
Bas-relief; marbre. — Musée Thormldsen. — Haul., 66 c. : larg., I m. 24 c. «
La déesse de la sagesse donne au prudent Ulysse les armes du fils de Pélée. Ajax, qui prétendait les obtenir, s’éloigne plein de colère et lançant des imprécations. Plus loin, Thétis, la néréide mère d’Achille, pleure auprès de la colonne funéraire de son fils.
Modelé à Rome en i83i. Sujet tiré des Métamorphoses d’Ovide. Le modèle de plâtre figure aussi au Musée.
HOiMÈRE.
Bas-relief; plâtre. — Musée Thorvaldsen. — Haut., 98 c. ; larg., I m. 99.
Le poète a déposé son bâton de voyage, son sac et son chapeau; assis sur les marches d’un temple, il chante en s’accompagnant de la lyre devant le peuple assemblé. Près de lui un jeune homme écrit le poème sur une tablette, et un autre Grec écoute avec recueillement. Devant Homère sont groupés deux jeunes garçons dont l’un est armé d’un disque, un homme dans la force de l’âge, une femme portant
son enfant , un guerrier qui brandit son glaive, et un vieillard appuyé sur son bâton.
Viennent enfin deux personnages drapés à l’antique, dont l’un est M. Henry Labouchère et l’autre Thorvaldsen. (F. page 82, note.)
Modelé à Rome en i836. M. Henry Labouchère avait commandé à Thorvaldsen une statue d’Achille, qui n'a d’ailleurs jamais été exécutée, dont le piédestal devait être orné de plusieurs bas-reliefs représentant des sujets de l’antiquité grecque. La composition à' Homère , Achille et Thétis, A cliille et le centaure Chiron , les A dieux d’Hector et d’Andromaque , furent imaginés pour figurer sur ce monument. Les variantes d’.4c/n7/e et Briséis et d'Hector devant Paris et Hélène furent aussi remaniées pour être jointes aux ouvrages précédents.
ENTRÉE D’ALEXANDRE A BABYLONE.(F. les figures, p. 271 , 309 et 356.)
Bas-relief; plâtre. — Au palais Quirinal, à Rome. — Hauteur, 1 m. 17c.; larg., 35 m. 20 c.
Au milieu de la frise, Alexandre, porté sur un char triomphal, se tient debout, la tête levée, le sceptre ù la main droite, la main gauche posée sur la hanche. La Victoire , saisissant d’une main le devant du char, vole et guide les chevaux.
A la suite d’Alexandre marchent deux écuyers et deux hommes qui conduisant le fougueux Bucéphale. Héphestion à cheval, puis Parménion et Amyntas, s’avancent à la tête de la cavalerie macédonienne; les soldats à pied viennent ensuite. Un vieux guerrier conduit un éléphant chargé de butin près duquel un général perse, la tête baissée, est gardé par un jeune soldat. Un cavalier lance son cheval pour regagner son rang. A l’extrémité du bas-
CATALOGUE
relief, un guerrier montre le cortège à un homme drapé à l’antique : cet homme est Thorvaldsen.
A gauche, dans l’autre partie de la composition, les vaincus viennent à la rencontre d’Alexandre. Devant le cortège, la déesse de la paix, une corné d’abondance au bras , offre une branche d’olivier au conquérant. Derrière elle se présente, dans une attitude suppliante, le général perse Mazée, accompagné de ses cinq fils et de deux guerriers. Des femmes sèment des fleurs sur le chemin ; d’après les ordres de Bagophanès, on dresse un autel de parfums; deux hérauts sonnent de la trompette. On amène, comme présents au roi macédonien, des chevaux, un lion et un tigre enchaînés. Des astrologues chaldéens sortent de la porte de la ville, près de laquelle sont postés deux guerriers perses. Un pâtre et sa famille se trouvent près de cette porte, et un jeune berger ramène le troupeau des champs. Des vases de parfums sont placés sur les murailles, au-dessus desquelles on voit la cime des arbres des jardins suspendus. Le dieu du fleuve, appuyé sur une urne et tenant un gouvernail et des épis, est couché près des murs de Babylone; il a près de lui un tigre, pour rappeler son nom, et la tour de Bélus. Deux marchands s’enfuient sur une barque,, et plus loin, à l’ombre des palmiers qui bordent le fleuve, un jeune homme est tranquillement occupé à pêcher, tandis que son chien aboie.
Modelé à Rome en 1812. (F. p. 72 et 3og.) Le Musée Thorvaldsen possède un plâtre moulé sur le modèle.
Cette frise a été deux fois exécutée en marbre :
1. — Le premier marbre, acquis par le comte de Sommariva, a été placé en 1828 dans la villa de ce seigneur, près
SECONDE PARTIE
du lac de Côme. Les proportions sont les mêmes que celles du plâtre du Quirinal, mais des modifications ont été apportées à plusieurs des figures. Alexandre, la main droite appuyée sur le sceptre, la gauche sur le devant du char, tourne la tête et lève les yeux. La Victoire tient les rênes des deux mains. La Paix n’a pas d’ailes; Plutus enfant l’accompagne. Trois musiciens précèdent les deux Babyloniens qui sonnent du cor. Les Macédoniens comptent cinq nouveaux cavaliers; un guerrier à pied suit l’éléphant et remplace le cavalier attardé; enfin Sommariva figure lui-même dans cette frise, auprès de l’artiste, qui lui montre le cortège. Le Musée Thorvaldsen possède le modèle de plâtre de cette variante (haut., i m. 17 c.; larg., 40 m. 94 c.).
IL — Le deuxième marbre, exécute en même temps que le précédent, mais terminé plus tard, a été placé dans le palais de Christiansborg, à Copenhague. Il diffère en plusieurs points des deux modèles que nous venons de décrire. Alexandre et la Victoire y figurent à peu près comme dans le marbre de Sommariva, mais à l’extrémité de droite on ne voit plus que Thorvaldsen abrité sous un palmier. A gauche, le chien du pêcheur est remplacé par plusieurs figures : un jeune homme et un enfant regardent passer le cortège; un autre enfant monte sur le chameau que retient un chamelier. Le fleuve Euphrate a pris la place du Tigre et de ses attributs. Les musiciens et les cavaliers ajoutés au marbre précédent figurent également dans celui-ci, qui montre en outre un groupe de Babyloniens conduisant des chevaux, une mère qui place un jeune garçon sur le dos d’un des moutons, et qui a près d’elle une petite fille. Le Musée possède un marbre de demigrandeur (haut., 56 c. ; larg., 23 m. 16 c.) de la frise du palais de Christiansborg, ainsi que les modèles de grandeur entière des pièces ajoutées.
A notre connaissance, plusieurs plâtres du Triomphe d’A lexandre ont été exécutés. L’un , commandé par le duc de Leuchtenberg, a été placé dans le palais de ce prince à Munich. Un autre a été acquis par un Anglais. Ces deux copies ont été faites d’après la frise du Quirinal. La France a acquis en 1849 un modèle de demi-grandeur que possède
CATALOGUE
le Louvre : ce plâtre est en bon état, mais il n’a jamais été exposé. 11 existe à Potsdam {Bain romain) une copie du Triomphe d’Alexandre.
Au Musée Thorvaldsen se trouve le dernier modèle de la pièce du milieu, dans lequel la tête d’Alexandre, semblable à la tête de la médaille antique, est présentée de profil. On voit aussi à ce Musée un marbre de l’Alexandre (variante peu différente de cette même figure dans la frise du palais de Christiansborg) et les modèles de plâtre de deux pièces qui n’ont pas été utilisées : un jeune homme conduisant à la main un cheval , et un guerrier retenant un autre cheval qui se cabre, effrayé par les aboiements d’un chien.
La frise de la villa Sommariva, copiée par un marbrier italien nommé Pistrini, se débitait à Scagliola. C’était un très-petit modèle, de 4 c. de haut. Le modèle de demigrandeur, tel qu’il figure au Musée Thorvaldsen, se vendait à Rome, en terre cuite, au prix de mille scudi.