‹ Thorvaldsen sa vie et son óeuvreChapitre 181 sur 189 · FIN DU CATALOGUE ET DE LX SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

FIN DU CATALOGUE ET DE LX SECONDE PARTIE

APPENDICES

TESTAMENT DE THORVALDSEN.

M Au NOM DE Dieu! Amen!

» Etant parfaitement sain d’esprit et de corps, je vais rédiger ci-dessous mes dernières volontés et disposer des ressources que je possède à présent et que je pourrais acquérir dans la suite.

» I" Je lègue ù ma ville natale de Copenhague tous les objets d’art que j’ai déjà envoyés à cette ville et qui s’y trouvent actuellement, ainsi que tous ceux qui sont encore chez moi et que je posséderai au moment de ma mort, consistant en peintures, sculptures, dessins, gravures, lithographies, médailles et autres choses semblables , tant antiques que modernes, pierres gravées, pâtes, bijoux et bronzes antiques, vases étrusques, terres cuites, livres, antiquités grecques et égyptiennes, et tout autre objet •* quelconque ayant trait aux sciences et aux beauxarts.

» A ce legs , j’attache expressément les conditions suivantes :

» a Tous les objets ci-dessus mentionnés formeront un musée qui portera mon nom. Ce musée ne sera jamais réuni à aucune autre collection, ni par conséquent amoindri, morcelé et modifié sous aucun prétexte quelconque.

49'> APPENDICES

‘ è La ville de Copenhague sera tenue de fournir un local convenable et offrant la plus grande sécurité possible.

» c Les statues et les bas-reliefs qui se trouveront inachevés à l’époque de ma mort, seront terminés, aux frais de ma succession, par M. le professeur Freund et par M. Pietro Galli, mon élève.

» d II sera établi un modique droit d’entrée pour les personnes qui voudront visiter le Musée; les artistes de tout genre en seront exempts; ils seront admis gratuitement. Le produit des recettes sera employé en partie ou en totalité au fonds nécessaire pour payer un gardien qui sera nommé par la ville et chargé de la surveillance et de la propreté du Musée.

» 2“ Vu que conformément ù la très -gracieuse approbation obtenue le 12 mars i835, j’ai adopté Élise-Sophie-Charlotte Magnani, aujourd’hui épouse de M. le colonel de Paulsen, et que ce mariage a été également autorisé par le Saint-Siège, je déclare et je veux que ladite Élise-Sophie-Charlotte Magnani, dame de Paulsen, devra se contenter de ce que j’ai stipulé à son avantage dans l’acte (i) fait en Danemark, en i832, et qu’elle n’aura plus rien à prétendre ü ma succession.

K 3° Je me réserve le droit de léguer ce que je jugerai convenable en faveur de toute personne qui m’est chère et qui m’a r^ndu des services dignes de

(i) Cci acte assurait à madame de Paulsen la jouissance des intérêts d’un capital de 40,000 écus en argent, déposés à la Banque nationale de Copenhague.

APPENDICES

récompense. C'est pourquoi je déclare que, lorsqu’il se trouvera parmi mes papiers quelque feuillet contenant des legs particuliers qu'on pourra supposer écrits et signés de ma main, ce feuillet fera partie de mon testament, et mes héritiers seront tenus de remplir exactement et scrupuleusement tout ce qui aura été ainsi ordonné par moi.

" Rome, 24 août 1837. ■

Outre ses objets d’art et ses collections, Thorvaldsen a laissé une fortune s’élevant à la somme de 1 55, 000 écus danois (428,000 francs).

D’après les différents codicilles et suivant les volontés de l’artiste, à sa mort sa succession a été réglée définitivement de la manière suivante :

Le Musée reçoit la rente de 75,000 écus (206,000 francs) ; les descendants de Thorvaldsen touchent le revenu de 80,000 écus (222,000 francs).

Si la descendance de l’artiste venait à s’éteindre, toute la fortune reviendrait au Musée.

La fille de Thorvaldsen avait épousé un colonel danois, M. de Paulsen, dont elle eut deux enfants, un garçon et une fille. La fille est morte à peine âgée de dix-huit ans. Le fils vit à Rome, où il s’est marié; il a, croyons-nous, des enfants.

Devenue veuve, madame de Paulsen a épousé un Italien, M. Giorni, dont elle a eu deux autres enfants; cette dame est morte il y a plusieurs années.

Nous tenons ces différents renseignements de M. le professeur Mûller, conservateur du Musée, et de M. Émile Wolff, élève de Thorvaldsen.

Page 1