‹ Thorvaldsen, sa vie et son œuvreChapitre 155 sur 196 · HOMÈRE · texte numérisé non relu

HOMÈRE

Bas-relief; plaire — Musée Thorvaldsen. — Haut., 98 c. ; larj;., 1 m. 90 r.

Le poëte a déposé son bâton de voyage, son sac et son chapeau; assis sur les marches d'un temple, il chante en s'accompagnant de la lyre devant le peuple assemblé. Près de lui un jeune homme écrit le poëine sur une tablette, et un autre Grec écoute avec recueillement. Devant Homère sont groupés deux jeunes garçons dont l'un est armé d'un disque, un homme dans la force de l'âge, une femme portant son enfant, un guerrier qui brandit son glaive, et un vieillard appuyé sur son bâton.

Viennent enfin deux personnages drapés à l'antique, dont l'un est sir Henry Labouchère et l'autre Thorvaldsen.

Modelé à Rome en 1836. Sir Henry Labouchère avait commandé à Thorvaldsen une statue d'Achille, qui n'a d'ailleurs jamais été exécutée, dont le piédestal devait être orné de plusieurs bas-reliefs représentant des sujets de l'antiquité grecque. La composition d' Homère , Achille et The'tis , Achille et le centaure Chiron , les Adieux d'Hector et d' Ândromaque , furent imaginés pour figurer sur ce monument. Les variantes d'Achille et Briséis et d'Hector devant Paris et Hélène furent aussi remaniées pour être jointes aux ouvrages précédents.

ENTRÉE D'ALEXANDRE A BABYLONE. ( V. les figures, p. 95, 167 et 191.)

Bas-relief; plâtre. — Au palais Quirinal, à Borne. — Haut., 1 m. 17 c. ; larg., 35 m. 20 c.

Au milieu de la frise, Alexandre, porté sur un char triomphal, se tient debout, la tête levée, le sceptre à la main droite, la main gauche posée sur la hanche. La Victoire, saisissant d'une main le devant du char, vole et guide les chevaux.

A la suite d'Alexandre marchent deux écuyers et denx hommes qui conduisent le fougueux Bucéphale. Héphestion à cheval, puis Parménion et Amvntas, s'avancent à la tête de la cavalerie macédonienne; les soldats à pied viennent ensuite. Un vieux guerrier conduit un éléphant chargé de butin près duquel un général perse, la tête baissée, est gardé par un jeune soldat. Un cavalier lance son cheval pour regagner son rang. A l'extrémité du bas-relief, un guerrier montre le cortège à un homme drapé à l'antique : cet homme est Thorvaldsen.

A gauche, dans l'autre partie de la composition, les vaincus viennent à la rencontre d'Alexandre. Devant le cortège, la déesse de la paix, une corne d'abondance au bras, offre une branche d'olivier au conquérant. Derrière elle se présente, dans une attitude suppliante, le général perse Mazée , accompagné de ses cinq fds et de denx guerriers. Des femmes sèment des fleurs sur le chemin; d'après les ordres de Bagophanès, on dresse un autel de parfums; deux hérauts sonnent de la trompette. On amène, comme présents au roi macédonien, des chevaux, un lion et un tigre enchaînés. Des astrologues chaldéens sortent de la porte de la ville, près de laquelle sont postés deux guerriers perses. Un pâtre et sa famille se trouvent près de cette porte, et un jeune berger ramène le troupeau des champs. Des vases de parfums sont placés sur les murailles, au-dessus desquelles on voit la cime des arbres des jardins suspendus. Le dieu du fleuve, appuyé sur une urne et tenant un gouvernail

r.A TALOGUE.

et des épis, est couché près des murs de Babylone; il a près de lui un tigre, pour rappeler son nom, et la tour de Bélus. Deux marchands s'enfuient sur une barque, et plus loin, à l'ombre des palmiers qui bordent le fleuve, un jeune homme est tranquillement occupé à pêcher, tandis que son chien aboie.

Modelé à Homo on 1812. (F. p. 47 et 191.) Le Musée Thorvaldsen possède un plâtre moulé sur le modèle.

Cette frise a été deux fois exécutée en marbre :

[. — Le premier marbre, acquis par le comte de Sommariva , a été placé en 1828 dans la villa de ce seigneur, près du lac de Côme. Les proportions sont les mêmes que celles cl ■ • plaire du Quirinal, mais des modifications ont été apportées à plusieurs des figures. Alexandre, la main droite appuyée sur le sceptre, la gauche sur le devant du char, tourne la tête et lève les yeux. La Victoire tient les rênes des deux mains. La Paix n'a pas d'ailes; Plutus enfant l'accompagne. Trois musiciens précèdent les deux Babyloniens cpii sonnent du cor. Les Macédoniens comptent cinq nouveaux cavaliers; un guerrier à pied suit l'éléphant et remplace le cavalier attardé; enfin Sommariva figure lui-même dans cette frise, auprès de l'artiste, cpii lui montre le cortège. Le Musée Thorvaldsen possède le modèle de plâtre de cette variante (haut., 1 m. 17 c. ; larg., VO m. 94 c).

II. — Le deuxième marbre, exécuté en même temps que le précédent, niais termine plu> tard, a été placé dans le palais de Chrislianshorg, a Copenhague. Il diffère en plusieurs points des deux modèles que nous venons de décrire. Alexandre et la Victoire y figurent à peu près comme dans le mai lire de Sommariva, mais à l'extrémité de droite on ne voit plus que Thorvaldsen abrité sous un palmier. A gauche, le chien du pécheur est remplacé par plu^ii Ul figures : un jeune homme et un enfant regardent passer le cortège; un autre enfant monte SUT le chameau que retient un chamelier. Le fleuve Euphrate a pris la place du Tigre et de ses attributs. Les musiciens et les cavaliers ajoutés au marbre précédent figurent également dans celui-ci, qui montre en outre un groupe de Babyloniens conduisant des chevaux, une mère qui place un jeune garçon sur le dos d'un des moutons, et qui a près d'elle une petite fille. Le Musée possède un marbre de demi-grandeur (haut., 56 c.; larg., 23 m. If) c.) de la Irise du palais de Chrislianshorg , ainsi que les modèles de grandeur entière des pièces ajoutées.

A notre connaissance, plusieurs plâtres du Triomphe d' Alexandt e mil été exécuté*. L un. commandé par le duc de Leuchtenberg , a été placé dans le palais de ce prince à Munich. Un autre a été acquis par un Anglais. Ces deux copies ont été laites d'après la liise du Quirinal. Kn fiance, nous devons à la mission de M. Charles lilanc un modèle de demigrandeur que possède le Louvre : ce plâtre est en bon ét.it. Il existe à PoUdam (Bain romain j une copie du '1'riompln' d Alexandre.

Au Musée Thorvaldsen se trouve le dernier modèle de la pièce du milieu, dans lequel la tète d'Alexandre, semblable à la tète de la médaille antique, est présentée de profil. < )n voit aussi à ce Musée un marbre de l'Alexandre (variante peu différente de cette même figure dans la frise du palais de Chrislianshorg) et les modèles de plâtre de deux pièce* qui n'ont pas été utilisées : un jeune homme conduisant à la main un cheval, et un guerriet retenant un autre cheval qui se cabre, effrayé par les aboiements d'un chien.

La Irise de la villa Sommariva, copiée par un marbrier italien nommé Pistrini, se débitait à Scagliola. C'était un très-petit modèle, de 4 c. de haut. Le modèle de demi-gi in-

deur, tel qU il figure au Musée Thorvaldsen, 9e vendait à Rome, en terre cuite, au prix de mille SCudi.

SECONDE PARTIE

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