‹ Thyroïde Latérale et Glandule ThyroïdienneChapitre 12 sur 39 · CHAPITRE I Naissance de l’ébauche thyroïdienne latérale · texte numérisé non relu

CHAPITRE I Naissance de l’ébauche thyroïdienne latérale

Dans le présent chapitre que nous ferons d’ailleurs très bref, nous avons l'intention d’exposer quelques observations relatives à la naissance de l’ébauche latérale de la glande thyroïde : non pas assurément que nos observations diffèrent de celles qui si souvent ont été faites sur des embryons de Porc, de Brebis ou de Lapin, mais parce que, après avoir décrit les premiers développements de cette ébauche et ensuite son évolution, il nous sera possible de donner d’une façon générale l’histoire de cette formation : puis encore parce que, en présence du désaccord existantentre les divers auteurs qui chez les Mammifères ont étudié la naissance de la thyroïde latérale et His qui Pa recherchée chez l'Homme, au sujet du mode précis de cette naissance, il n’est pas inutile d'apporter le plus possible de documents surtout quand ceux-ci ont été recueillis sur des animaux qui, jusqu’à présent, n’ont jamais été étudiés à ce point de vue.

Si chez un embryon de Cobaye mesurant 11 mill. de longueur, on descend la série des coupes intéressant la région cervicale, on reconnaît à un moment donné la quatrième fent entodermique branchiale, grâce à la saillie de la furcula et à la présence de la fente glottique qui à ce moment n'existe encore qu’à l’état virtuel (PI. I. Fig. 1. / ar).

Les extrémités latérales de cette quatrième fente se trouvent bifurquées en deux branches pour chacune qui s’écartent en divergeant l’une en avant, l’autre en arrière et en dehors. Les deux diverticules antérieurs de la fente branchiale dessinent ainsi autour de la furcula un sillon qui n’est autre que le sulcus arcuatus de His (21). Les deux extrémités de cette raipure se dilatent légèrement en donnant les fosses subbranchiales.

À ce niveau et déjà sur quelques coupes plus proximales, on à pu remarquer, dans l’épaisseur du champ mésobranchial qui limite en avant à ce niveau la cavité -pharyngienne et au voisinage immédiat du revêtement ectodermique une vésicule arrondie,dont la lumière se trouve limitée par une seule assise d’éléments épithéliaux cubiques (PI. I. Fig. 1. {47 à droite). Sur des coupes plus distales,on voit cette vésicule serapprocher progressivement du fond de la fente branchiale dans laquelle elle s’ouvre ensuite. (Fig. 1. {27. à gauche). De telle sorte que reconstituée dans l’espace, cette vésicule présenterait la forme d’un tube étroit, allongé, relevé dans une direction proximale, en même temps qu’en dedans et en avant, soudé enfin par son extrémité distale à la limite externe de la quatrième fente branchiale.

Si l’on continue à suivre la destinée de cette vésicule, on voit sur des coupes passant à un niveau un peu plus distal, que celleci se prolonge de même façon en arrière et en dehors par une seconde branche dans la direction d’un vaisseau volumineux qui se trouve être vraisemblablement l’arc aortique et qui dans la suite deviendra la carotide primitive.

Ces deux diverticules réunis dans leur partie moyenne par une pièce intermédiaire dépendant du pharynx, auraient donc reconstruits dans l’espace, la forme d’une vésicule allongée et à lumière étroite, courbée légèrement en forme d’S et inclinée

d’avant et de dedans en dehors et en arrière, en même temps que de haut en bas supportée en dedans par un pédicule creux en continuité avec la fosse subbranchiale.

Cette vésicule n’est autre que l’ébauche latérale de la glande thyroïde.

A ce stade, elle présente les mêmes caractères histologiques que toute dépendance de la cavité pharyngienne: La paroi très régulière dans son épaisseur, se trouve constituée par une membrane propre revêtue en dedans d’un épithélium cubique simple identique à celui qui tapisse la cavité pharyngienne proprement dite. .

Un tel stade montre donc d’une façon très nette la formation de la thyroïde latérale aux dépens de l’extrémité antérieure de la quatrième fente branchiale et cela non par un épaississement plein de l’épithélium qui le tapisse, mais par un diverticule creux de la cavité pharyngienne avec laquelle il se trouve en large: communication par un pédicule qui n’est autre que Îa fosse subbranchiale elle-même. La figure ainsi formée réalise donc celle d’un = dont la branche verticale serait seulement ici inclinée vers la gauche dans sa partie inférieure.

Ces observations s'accordent ainsi parfaitement avec toutes celles qui à maintes reprises ont été relevées sur les jeunes embryons de Porc, de Brebis ou de Lapin (Wælfier (6), Stieda (10), Born (12), de Meuron (23), M. Prenant (41), Piersol (70).)

Par contre, elles se trouvent en contradiction avec celles où His (21) montre la naissance de l’ébauche thyroïdienne latérale par un épaississement plein de l’épithélium qui tapisse le Sulcus areuatus chez l'embryon humain, et celles de Maurer (71) chez les Amphibiens. L’aspect de la thyroïde latérale chez un embryon de Lapin de 12 millimètres représente à peu près l’état décrit par His (21). L’ébauche latérale que nous avons

Cf

représentée seule, se trouve en effet encore unie au pharynx par un pédicule, qui allongé et rétréci semble plein et pour cette raison, paraît résulter de l’épaississement de l’épithélium pharyngien.

Toutefois les auteurs qui ont étudié les premiers développements de l’ébauche thyroïdienne latérale chez le Lapin sur des stades suffisamment jeunes, ont toujours considéré cette formation comme un diverticule de la cavité pharyngienne, de telle sorte qu’en présence de l’unanimité de ces témoignages, on doit se demander si l’opinion particulière de His ne résulte pas tout simplement de ce que cet auteur n’4 eu entre les mains que des embryons trop âgés.

La figure formée par l’ébauche thyroïdienne latérale et le pédicule qui la rattache au pharynx doit être retenue, car elle nous servira à expliquer dans les chapitres suivants des dispositions d’aill eurs non constantes, caractérisées par la persistance anormale de ce pédicule même. Nous nous sommes alors trouvé dans la nécessité d’attribuer un nom à cette formation : pour rappeler avec son origine sa disposition chez l’embryon, marquer aussi le caractère d’analogie qui existe entre elle et, son homologue, le canal thyreo-lingual, nous Pavons appelé canal {yreo-pharyngien.

Lorsque dans la suite du développement, se produira l’allongement du cou, le larynx aux parois duquel se rattache l’extrémité proximale du canal thyreo-pharyngien suivra un mouvement relatif d’ascension, tandis que le corps thyroïde ne se déplacera que peu et dans nn sens inverse. Il s’en suit que le canal qui chez des embryons de 11 à 12 millimètres n’existe guère qu’à l’état virtuel, s’allongera considérablement quand il n'aura pas disparu, et se présentera dès lors aux stades considérés sous forme d’un conduit grêle, accolé au larynx et à la trachée, aboutissant par son extrémité distale à l’ébauche

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