ACTE V, SCÈNE VI
SÉ JATS.
Que prétends-lu ? la mort ?
CNÉIUS
Je ne sens j/oint d'effroi.
César est immobile, et calme ainsi que moi. Vous tremblez , sénateurs ; attendez en silence Que César d'un coup-d'œil vous dicte ma sentence. Et toi qui, dans un cœur de crimes déchiré. Savoures le tourment que tu m'as préparé , Tyran profond, mais vil, honte et fléau de Rome, Eclipsé dans ta cour par l'ombre d'un grand homme , Quand , de tes attentats ministre infortuné , Pison par son complice expire assassiné , Tu m'offres des trésors teints du sang de mon père ! Garde pour un Séjan les faveurs d'un Tibère. C'est le prix des forfaits-, je ne l'accepte pas : Rien de toi , rien , César -, pas même le trépas. Un sort plus glorieux doit être mon partage. Le poignard de Pison , voilà mon héritage. Ce fer me suffira. Tu pâlis , malheureux î Va , je te le rendrai teint d'un sang généreux 5 Un autre aura l'honneur de venger tes victimes ^ Séjan respire encor j tu puniras ses crimes ; J'ai vécu , je meurs libre , et voilà mes adieux. Il est temps de placer Tibère au rang des dieux.
ril se tue.)