L'HABET DT L'ESPRIT
l'image de Dieu dans- la justice et la sainteté de la vérité” Il n’y a pas à en douter, c’est toute une destruction et une
nouvelle création que l’on demande à Dieu. En insinuant
au postulant de se dépouiller extérieurement de ses vêtements
du siècle, l'Eglise veut qu'il se dépouille à l’intérieur de tous ‘ les sentiments et de toutes les actions mondaines. En le revêtant des livrées séraphiques à l'extérieur, l'Eglise veut que le Tertiaire revête intérieurement les sentiments et les actions du ciel. Et puisque le cœur est le siège principal de tous ces sentiments et de tous ces actes, c’est le eœur que Dieu doit, avant tout, détourner des entraînements d’ici-bas et diriger vers les aspirations d’en-haut. Le chrétien, du es en a pris l’engagement solennel au jour du baptême : “ Je renonce à Satan, à ses pompes et À ses œuvres, et je m’attache à Notre-Seigneur Jésus-Christ pour toujours.”
Ce vieil homme, cet homme ancien dont il faut se dépouiller, nous le connaissons bien : c’est l’homme de péché, vieux comme le monde, attendu qu’il a suivi de si près la création. Ancien, quant au temps, il porte encore en lui tous les symptômes de la décrépitude de la vieillesse : il est malade, faible, capricieux dans ses goûts et dans sa volonté ; son intelligence est obscurcie, sa mémoire est infidèle, son cœur est indolent, ses forces sont usées ; Adam l’a laissé tel, après son premier péché, ce qui lui a mérité d’en devenir le type premier.
Le nouvel homme, c’est l’homme de la grâce, l’homme que Dieu dans sa miséricorde a ramené à sa première jeunesse, plein de charme, de force, de sagesse, droit, suivant le mot de l'Ecriture, tel qu’il était sorti la première fois des mains de son Créateur. Le nouvel homme c’est Jésus-Christ, le second Adam, l’homme céleste rempli de la justice et de la véritable
sainteté, modèle de tous les autres. L’Apôtre des gentils
reconnaissait que les premiers chrétiens avaient revêtu ce nouvel homme quand il disait : “ Quicumque enim in Christo baptizati estis, Christum induistis. Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. ”-
174 LE ratsos DU DIRECTEUR
Ces paroles que prononce le prêtre en imposant le saint habit, que. n’ont-elles une vertu sacramentelle ! Semblables aux paroles sacramentelles, que n’opèrent-elles le changement
qu’elles indiquent ! Hélas ! il n’en est pas ainsi : elles ne sont * qu’une insinnation et tout au plus une simple demande, une supplication accompagnée d’un ardent souhait. L’habit dira lui-même au Tertiaire comment, avec la grâce de Dieu, s’cpèrera en lui le changement demandé. Il vous en souvient, nous le faisions remarquer précédemment, la sainte Eglise fait parler les choses et, si nous considérons l’étoffe et la couleur de l’habit du Tertiaire, elles nous fourniront les enseignements que nous désirons sur cette matière. L'habit est de cculeur sombre et rappelle les pénitences faites sous la cendre par les Ninivites pour féchir la colère de Dieu ; il est humb », grossier et pauvre, et rappelle que ceux qui appartiennent au Christ doivent crucifier leur chair en enfonçant dans les mains et dans les pieds du vieil homme, c’est-à-dire dans ses trois concupiscences, les trois clous qui doivert les anéantir : dans l’orgueil, j’huruilité, ; dans la volupté, la mortification ; dans la soif des richesses, la pauvreté.