NÉRA, TIMON
NÉRA
Je reviens sur mes pas.
Malheureuse ! j'ai cru que je ne t'aimais pas ! J'ai voulu me soustraire à l'amour par la fuite, Mais l'amour obstiné s'attache à ma poursuite. Je t'aime! tu le vois, mes pleurs l'en sont garants...
Elle ôtc ses parures :
Ces bijoux, ces colliers, prends-les, je te les rends... Mais grâce ! . . .
Loin de moi, loin de moi, femme impie !
Monstre aux yeux de colombe, aux instincts de harpie !
NÉRA
Je me jette à tes pieds, j'embrasse tes genoux ! Viens ! Mettons le désert entre le monde et nous ; Fuyons ensemble! . . . Vois ma douleur, vois mes larmes !
TIMON
Magicienne ! ailleurs cours exercer tes charmes ! Fuis ! je ne te crois plus. — Tu m'as assez longtemps Fait le triste jouet de tes feux inconstants...
NÉRA
Il n'est pas de forfait qu'une larme ne lave !
Grâce ! Je te suivrai partout comme une esclave ! A force de remords j'espère te fléchir.
TIMON
Folle ! Tu crois encor que je puis l'enrichir !... Mais je n'ai rien l Retourne à tes plaisirs infâmes ! Moi, j'ai maudit l'amour! je ne crois plus aux femmes!
11 chasse Néra.