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Timothée, par la grâce de Dieu et du siège apostolique, évêque de Saint Jean [microforme]

AU CLERGÉ, AUX COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ET À TOUS LES FIDÈLES DU DIOCÈSE, SALUT ET BÉNÉDICTION EN NOTRE-SEIGNEUR.

Nos TRÈS CHERS FRÈRES :

Il y a quelques années, Léon XIII, cet homme dont l'intelligence supérieure le plaçait parmi les plus grands hommes da dix-neuvième siècle, demandait si par hasard on trouverait aujourd’hui parmi les chrétiens des gens qui, à quelqu'un les interrogeant pour savoir s'ils ont reçu le Saint-Esprit, répondraient, comme certains chrétiens des premiers temps répondirent à Saint Paul: “Mais nous n'avons pas même entendu dire qu'il y ait un Esprit-Saint.”— Actes des Apôtres ÆXIX, 2. Quoiqu'il soit à peine possible qu'il y ait parmi nous des gens si ignorants sur un point si important de la doctrine chrétienne, toutefois il est bien à craindre qu’il ne se trouve tout autour de nous bien des gens qui n’ont que des notions bien vagues et bien superficielles sur la troisième personne de la Sainte-Trinité. Comme leur foi et leur piété dépendent de leur connaissance il s’en suit que, cette dernière étant défectueuse, leur foi et leur piété ne peuvent être que faibles et sans effet. Ces personnes peuvent avoir une dévotion spéciale à Notre-Seigneur, parcequ'il est plus rapproché des hommes par l’Incarnation ; elles peuvent avoir de la dévotion pour la Mère de Dieu et les Saints, parcequ’ils sont membres de la grande famille humaine ; mais le Saint-Esprit étant un pur esprit et ne tombant aucunement sous les sens, les gens dont nous parlons semt:lent avoir peur de faire de cette personne divine et de Son œuvre l’objet de leurs études et de leurs recherches. C’est d'autant plus déplorable que Notre-Seigneur à confiée au Saint-Esprit la fonction de continuer Son œuvre divin pour le salut du genre humain et d'appliquer à chaque âme les grâces qu’il a acquises en versant Son sang précieux.

Nous pouvous donc dire avec vérité que nous vivons dans la période du Saint-Esprit, puisque l'action de cet Esprit divin est la marque distinctive de l'ère chrétienne. C'est à cette période commencée à Ja mort de Notre-Seigneur-—le dernier âge du monde — que s'appliquent les psaumes et les prophéties de l'Ancien Testament sous la forme de figures. Par l'action divine du Saint-Esprit dans l'Eglise et par les sacrements s’accomplissent les prophéties qui faisaient connaître ces grandes choses comme à travers un voile; tandis que les figures si vagues pour les gens de l’Ancienne Loi sont aujourd'hui réalisées. Les hommes ne peuvent attendre une révélation plus complète de la part de Dieu. Il a dit son dernier mot en donnant à l'Eglise son Esprit comme Gardien et Dispensateur du dépôt de la foi chrétienne. La descente du Saint-Esprit est le dernier acte de Dieu pour la sanctification du monde: c'est là le plus grand don de Jésus-Christ au genre humain.

C'est ce qu'on peut constater par l'excellence que Jésus-Christ attribue à l'ère chrétienne, la mettant au dessus du temps où il habitoït lui-même au milieu des hommes ; car, at moment même où il le ittait, il fit à ses disciples les promesses les plus consolantes Pour nous tous ; “Il vous est avantageux que je m'en aille; car si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra point à vous: mais si je n'en vais, je vous l’enverrai” Pour les consoler et faire disparaître le chagrin causé par son départ, pour leur faire connaître les grâces admirables qu'ils pouvaient attendre de la présence de cet Esprit divin, Notre-Seigneur leur donna cette assurance au moment de les quitter. La maison sur ja m “se de Sion dans laquelle les apôtres étaient assemblés, persévéra prière, attendant la puissance d'en haut, fut, au jour de ie côte, remplie du Saint-Esprit. — Actes des Apôtres IL, 2,2. Cette maison représentait alors, d’une manière sensible, l'Eglise de Jésus-Christ : “ La demeure de Dieu par l'Esprit-Saint.” — £phes. IT, 22. Depuis ce moment jusqu’ à nos jours l'Eglise est la vraie demeure de l'Esprit de Dieu qui la remplit toute entière,

Nous sommes dans l'admiration en lisant les choses merveilleuses rapportées dans les Actes des Apôtres ; fais, après tout, si nous exceptons quelques miracles frappants nécessaires alors aux apôtres

pour prouver la divinité de leur mission, les mêmes merveilles ont été

opérées par les sacrements à tous les siècles de l'Eglise jusqu’ à nos Jours, et continueront jusqu’ à la fin des siècles ; car les Actes des Apôtres ne forment que la première page de l’histoire de l'Eglise. On a donné, et à bon droit, un autre nom à ce livre : l'évangile du Saint- Esprit. Car on y parle fréquemment de lui, et les merveilles accomplies par les apôtres lui sont attribuées. Les quatre évangiles, contenant l’hi.coire de Notre Seigneur, se terminent avec l’œuvre de sa vie; l’évangile du Saint Esprit ne se terminera qu’au jour où la dernière âme nécessaire pour compléter le nombre des élus aura été sanctifiée, et quand l'église militante sur la terre sera devenue l’église triumphante dans le ciel: “Et je demanderai à mon Père, et il vous donnera un autre Paraclet afin qu'il demeure toujours avec vous, l'Esprit de vérité.”

Vivant donc dans un âge marqué par l’action spéciale du Saint- Esprit, sous sa direction, et en rapports particuliers avec lui, nous devons faire tous les efforts possibles pour le connaître et pour bien apprécier les grandes faveurs qu'il nous a accordées et qu'il nous accorde tous les jours. C'est sans doute au manque de connaissance touchant l'Esprit divin qui demeure au milieu de nous et habite en nous, versant sans cesse ses grâces si précieuses, qu'il faut attribuer notre froideur et notre indifférence à son égard. Ilest l'Esprit de vérité et c’est à lui qu'il appartient de nous conduire à toute vérité. Donc en négligeant de le connaître sutlisammment nous nous exposons au danger de résister volontairement à la vérité, de nous en détourner, devenamt par là coupabies de ce terrible péché contre le Saint-Esprit qui, comme nous le dit Notre-Seigneur, ne peut jamais être pardonné. Nous avons bien raison de craindre que ce péché ne soit très commun aujourd’hui dans le monde. Comme preuve voyons le Naturalisme et le Rationalisme envahissant tout en dehors de l'Eglise, rendant un culte à la Nature aveugle et à la Raison orgueilleuse, et mettant de côté l’Auteur divin de l’une et de l'autre. Eten dedans de l'Eglise et même jusque dans le sanctuaire et dans les séminaires établis pour la formation des prêtres, voyons les incursions étonnantes de cette “Synthèse de toutes les hérésies ” qu'on appelle le Modernisme. N'est-il pas à craindre que Dieu ne se prépare à exécuter contre le monde les terribles jugements prédits par Saint Paul : “C’est pourquoi Dieu leur enverra des illusions si séduisantes qu'ils croiront au

mensonge."—ZI. Thess. II, 10.“ Dans les derniers temps, quelquesuis abandonneront la foi, écoutant des esprits d'erreur, et des doctrines de démons.”—7. Tim. IV, 1. Afin de nous préserver de tels malheurs et de nous rappeler que le Saint-Esprit habite en nous, afin de nous engager à suivre ses inspirations et ses mouvements vers le bien, le même Apôtre nous dit: “ Ne contristez point l’Esprit-Saint de Dieu, par lequel vous avez été marqués comme d’un sceau.” — Eph. IV, 30.

Mais il ne suttit pas de ne point contrister un si grand Pienfaiteur : nous devons faire tous les efforts possibles pour lui plaire. Et le premier point sur lequel doivent se diriger nos efforts c'est de connaître Île Saint-Esprit; car si nous le connaissons bien nous aurons pour lui de l'estime, de la reconnaissance et de l'amour, et nous accomplirons la loi, Pour cette fin Notre-Seigneur, dans son infinie bonté à daigné se faire notre guide et notre modèle. Tout saint qu'il était il a voulu, comme les pécheurs, recevoir le baptème de pénitence. C’est alors que le Saint-Esprit apparut, descendant sur lui d'une manière visible sous Ja forme d'une colombe, Jésus-Christ recevait-il alors pour la première fois le Saint-Esprit? Ce serait un blasphème que de l'attirmer, Il était Dieu, et, en conséquence, dès le premier moment de son Incarnation, il étaic rempli des dons et des grâces de l'Esprit-Saint. Toutefois l'Esprit-Saint apparut sous une forme visible au moment de son baptême, Ces deux choses sont de la plus haute importance, comme d’ailleurs tout ce qui se rapporte à NotreSeigneur: Le Saint-Esprit demeure toujours quoique invisiblement dans son Âme et, au jour de son baptême, il apparait sur lui d’une manière remarquable, D'après Léon XTIT, qui suit en cela Saint Augustin, ces deux choses figuraicat la double mission du Saint-Esprit, sa mission extérieure et visible dans l'Eglise, et sa mission secrète dans les âmes des fidèles dans lesquelles il fait sa demeure. Donc pour nous faire parvenir à cette connaissance du Saint-Esprit que nous désirons ardemment acquérir, NotreSeigneur a bien voulu nous donner en lui-même une figure, un modèle Pour nous montrer comment procéder ;

c’est-à-dire que nous devons étudier l’action divine du Saint-Esprit

dans l'Eglise, et dans chaque âme en particulier.

L'Esprit de Dieu a une double action dans l'Eglise : la première et la plus importante étant d'annoncer la vraie foi au monde de telle sorte que, quiconque ne la reçoit pas est sans excuse. Jésus-Christ

dit à ses apôtres : “Vous serez témoins pour moi, dans Jérusalem et dans toute la Judée. ”—Artes des Apôtres I, 8, Et, parlant de l'opération du Saint-Esprit dans l'Eglise dans les temps à venir, il dit: “I rendra témoignage de moi.”—Jean XV, 26. La seconde opération est presque aussi importante: garder le dépôt de la foi contre les attaques de: hérésies Jusqu'à la fin des siècles: car que servirait-il aux fidèles d'entenure la vérité si les errx “narchaient de pair avec elle sans recevoir de condamnation. Il n eté prédit et cela par un apôtre qu’ “11 faut qu'il 3 ait même des hérésies,”—Z, Cor. XL, 19. Considérant donc cette double opération du Saint-Esprit parmi les hommes et la nature toute spéciale des erreurs modernes, nous pouvous voir clairement combien il importe de comprendre que le Saint-Esprit est une personne, une personne divine, vivant dans l'Eglise, vivant aussi en nous, aussi longtemps que nous demeurons dans sa grâce; car il faut une personne pour enseiyner une doctrine. Cette nécessité est encore plus évidente quand on voit les penseurs modernes prétendre avoir démontré que Dieu n’est pas un être personnel, mais un principe, une puissance — comme la Nature, ou la Raison, ou l’Intelligence. Et comme la plupart des hommes sont trop absorbés par leurs affaires Pour avoir le temps d'approfondir ces questions, comme de plus, ils se laissent facilement emporter par le penchant naturel au mal et à l'erreur, surtout quand ils sont soutenus par les écrits échevelés de ceux qui s'appellent les penseurs, le mal se répand de plus en plus. Afin de ne pas nous laisser emporter par ce torrent d'erreurs, il faut nous appuyer sur les f nents de “la foi qui a été confiée aux Saints :” et surtout il nous taut pprendre à connaître «

à aimer cette personne divine à ! quelle il parti de proclame, et de défendre le dépôt de :à foi,

Pour mieux nous rendre compte de là p: inalité divine de l'Esprit de Dieu, il est bon de bien nous r'ap( c'e réilité qu'une personne. Nous en avons tous un où moins exacte; car chacun sait fort qu’il n’est pas un sonne, I] raisonne pour arriver à cette conclusion et trou st un être distinct des autres de même espèce. Avec cela le m vant arrive à connaître les trois éléments de la personnalité re, la raison, l'individualité. On peut constater dès lors l’absurd uné opinion

trop commune de nos jours : plusieurs reconnaissent un * Su rême

mais veulent Jui enlever ln personnalité, chos: que nous possédons nous-mêmes tout en étant des êtres inférieurs, La raison par ellemème montre que cette opinion est absurde : mais l'Etre Suprème s'est révelé à nous, et il nous à fait connaître qu'il n'y à pas une seule personne mais frois personnes en lui — mystère que la raison n'aurait jamais pu trouver par elle-même : il nous a : ème fait connaître le nom de chacune des personnes divines, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Ces trois personnes distinctes ne forment qu'un seul et même Dieu, chacune possédant Ja plénitude de Ja nature divine. Ces trois personnes en une seule nature différent quant à leur origine, et c'est de là que vient la distinction des personnes. !e Père ne doit son origine à aucune autre personne ; mais à sa con: issance infime de luimême il communique la plénitude de la nature divine et engendre le Fils. Le Père et le Fils voyant l'un dans l'autre la plénitude de la nature divine, s'aiment mutuellement d'un amour infini Cet amour infini reçoit de l'un comme de l'autre la nature divine, et c'est ainsi que le Saint-Esprit procède du Père et du Fil,

Cet Esprit divin est donc 4 bon droit appelé la personne de l'Amour ; il est aussi appelé le Don ou gage, car il est le wage de l'amour mutuel entre les deux autres personnes divines. Il est donc le premier modèle, l'auteur de tous les dons, et est lui-même le plus grand don de Dieu aux hommes, Connaissant mieux notre Hôte divin nous devons mieux que jamais comprendre quelle grande époque s’est ouverte dans l'histoire du monde au jour de la Pentecôte, quand selon Saint Cyrille de Jérusalem, le Paraclet se reposa sur les apôtres coinme si de nouvelles couronnes spirituelles étaient placées sur leurs têtes sous la forme de langues de feu.” Alors l'Esprit divin commenc: immédiatement sa double fonction dans l'Eglise, de faire germer la foi et la doctrine et de Ja répandre pour le bien des peuples, et de ga le dépôt de la foi contre les attaques de l'erreur et de l'hérésie. Par cette dernière action en particulier le Saint-Esprit fait un œuvre remarquable pour la préservation de la vraie foi dans le monde. Dès les temps apostoliques, quand les Gnostiques, amateurs de nouveautés et adonnés aux superstitions, causèrent de l'inquiétude même aux fondateurs du christianisme, et jusqu'aux derniers efforts de l’erreur qui se manifestent dans cette “Synthèse de toutes les hérésies,” le Modernisme, l'histoire nous présente de nombreuses verifications de

cette parole de Saint Paul: “Il faut qu'il y ait des hérésies.” Et dans le cours des âges on ne peut trouver un écrasement plus complet de l'erreu, une défense pius Victorieuse de la vérité chrétienne que celle que nous présentent le Syllabus de Pie X et son immortelle encyclique condamnant le Modernisme,

Jamais auparavant l'esprit de l'erreur ne s'était attaqué à l'Eglise d'une manière si insidieuse et si perfide, et cela avec une persévérance capable de la ruiner de fond en comble, Les hérésiarques dont parle l'histoire ont rarement attaqué l'Eglise sur plus d'un point; le

Modernisme touchant 4 tout, s'élevant du sein même de l'Eglise dirigea = =

ses attaques sur les points à la fois, et son succés voulait dire la ruine complèt -lise, Rien ne pouvait être plus profitable pour nous ni plus able À notre période qu'une étude soigneuse et

détailée de cette remarquable encyelique, car elle nous montre en même temps, et les tendances modernes de l'erreur et l'action divine du Saint-Espris gardant par son Pontife le dépôt de la foi. Comme cette étude n’est pas une chose facile pour tous, afin que personne n'ignore les grandes lignes de cette doctrine, il est bon de passer en revue les principaux points attaqués par les modernistes. Ils veulent d'abord nier la vérité historique de la révélation telle que contenue aujourd'hui dans les Evangiles et lui enlever l'inspiration qui lui donne son achet divin. De plus ils veulent dépouiller Notre-Seigneur de sa divinité, puisque, d’après eux, il a montré qu'il ignorait bien des choses que Dieu connait nécessairement. Ce qui n'a pas moins de portée c'est l'avance des modernistes, que Notre-Seigneur Jesus-Christ n'a pas établi l'Eglise et n'a pas institué les sacrements. D’après eux encore Dieu n’a pas proclamé les dogmes de la foi chrétienne comme des vérités absolues, et ces dowmes ne sont pas nécessairement vrais ni innérables, Enfin ils prétendent que ce n'est pas de Dieu mais de l'assemblée des fidèles que le Pape et les évêques reçoivent leur autorité de diriger et de conduire le troupeau de Jesus-Christ. Comme on peut facilement s'en rendre compte, chacune de ces erreurs poussée jusqu! ses dernières conséquences, finirait par “enverser la religion révélé

tandis que toutes ensemble, travaillant sans frein et d'une manière insidieuse sur les esprits, elles détruiraient complètement la foi chrétienne.

Mais la vigilance du Souverain Pontife ne se laisse pas endormir. Il voit les modernistes qui se cachent dans le troupeau de Jesus-Christ, et trouvent des adeptes jusque dans le sanctuaire, et, s'avançant avec toute la puissance de sa mission apostolique, il frappe l’envahisseur du glaive du Saint-Esprit, le séparant du corps vivant de l'Eglise, Le monde commente cette action peut-être plus que jamais acte pontifical ne fut commenté. Les uns louent, les autres blâment, mais tous admirent le courage du Saint Père et s'accordent à dire qu'il défend une doctrine dont il ne craint pas d'assurer les fondements, une doctrine qui à un effet sensible dans le monde. Pour nous qui vivons heureux au sein de la grande famille dont il est le chef nous ne pouvons qu’ admirer le Saint Père et sa défense de la vérité chrétienne. C’est ainsi que se continue l'évangile du Saint-Esprit dans le monde avec le progrès de l'Eglise,

Quels beaux sentiments ne doivent pas nous inspirer ces réflexions ! Nous ne pouvons que les mentionner en passant, car il reste encore beaucoup de choses à dire. En premier lieu nous devons avoir un grand respect pour l'Esprit divin qui nous garde et pour ses représentantS qui ensvisnent dans l'Eglise, une confiance sans bornes dans l’enseignement de la foi puisqu'il est sous la directiom de Dieu. Enfin notre reconnaissance pour l'Auteur de notre foi doit nous exciter à l’aimer de tout notre cœur et à prouver cet amour par les œuvres d’une vie vraiment chrétienne.

Cela nous amène à la considération de notre Hôte divin dans ses rapports personnels et intimes avec nous-mêmes, c'est-à-dire son opération dans les âmes. Quoiqu'il semble que ce soit une chose plus simple puisqu'elle se fait dans chaque âme en particulier, toutefois elle est réellement plus difficile à coniprendre puisqu'elle est tout-à-fait invisible et qu'elle ce fait d'une manière secrète. Le premier effet de cette opération divine est produit dans les âmes par le sacrement de Baptême. Nous savons tous que ‘nous naissons enfants de colère,”

et ce n'est que par un effet de la bonté et de la puissance de Dieu que

nous sommes délivrés de cet état d'esclavage. Aussi les Pères de l'Eglise suivant les Saintes Ecritures appellent-ils notre élévation et notre nouvelle condition après le Baptème une seconde naissance, une régénération, une participation de la nature divine : et ils attribuent constamment ces effets merveilleux à l’action du Saint-Esprit :

“Esprit d'adoption des enfants de Dieu, dans lequel nous crions : Abba (Père). — Rom. VZII, 15.

Cette vie nouvelle et régénérée se développe et s'étend par l'acroissement de grâces que nous accorde le Saint-Esprit dans le sacrement de Confirmation. Déjà devenue le temple du Saint-Esprit par la grâce de Baptême, l'âme du juste reçoit dans la Confirmation les dons de lumière et de force qui la rendent plus apte à recevoir et à suivre les mouvements intérieurs et les inspirations du Saint-Esprit. Tout intérieurs et secrets qu'ils soient, ces mouvements divins, ces directions, sont essentiels à notre sanctification et à notre salut. Sans eux point de commencement, point d’advancement, point de perfection dans la vie spirituelle ; et celui qui a à cœur ses intérêts éternels ne peut manquer de les sentir. C’est en recevant et en suivant ces inspirations que nous pouvous avancer rapidement et avec joie dans la voie des commandements,

Toutefois, malgré ces lumières et ces grâces, nous pouvons encore —si grande est la faiblesse humaine—tomber sur la route. Mais, même quand par notre péché nous avons chassé de notre âme notre Hôte divin, il ne nous abandonne pas complètement, étant l'Amour personnifié. Il excite en nous le remords de notre ingratitude, et l'inquiétude sur notre dangereux état ; il nous fait désirer de revenir au devoir, à Dieu ; il ne se laisse pas rebuter, mais répète sans cesse : “Voici que je me tiens à la porte, et je frappe.” — Apocalypse III, 20. Et quand enfin vaincus par les avertissements de l'Amour divin, nous nous tournons vers Jui avec un vrai repentir de nos péchés, c’est lui

qui nous rétablit dans la grâce et dans l'amitié de Dieu; “Il est la

remission des péchés” Il nous rend tous nos droits d'enfants de Dieu, établit de nouveau sa demeure dans nos âmes, et, continue l’œuvre de notre sanctification comme si rien n'était arrivé, Car c’est dans ce but que Notre-Seigneur l’a donné aux pasteurs dans son Eglise : “Recevez l’Esprit-Saint, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux À qui vous les retiendrez.”—Jean XX, 22, 93. Par le sacrement de Pénitence nous recouvrons les grâces du Baptême et de la Confirmation que nous avions eu le malheur de perdre par le péché, et nous sommes rétablis dans la faveur de notre Père Céleste. De nouveau nous sommes l'objet de son amour paternel; car “l'Esprit lui-même rend

témoignage à notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu.” — Rom. USAGE 16,

Notre union avec Dieu est pour nous la source de grandes et de nombreuses bénédictions. Dieu voit en nous son Esprit, il voit que nous sommes devenus participants de la nature divine. Le Saint- Esprit nous appartient au même titre que notre corps et notre âme. Cette bonté infinie de Dieu qui veut bien descendre jusqu'à nous demande que nous donnions quelque chose en retour: nous devons diriger et élever vers lui nos cœurs par l’amour et la devotion, C’est là un devoir bien agréable et bien facile à accomplir si nous suivons les inspirations intimes du Saint-Esprit. N'est-il pas l'Esprit d'Amour? Aucun objet n’est aussi digne d'amour que lui, et il nous aide constamment à observer le commandement divin : “Vous aimerez le Seigneur votre Dieu, de tout votre cœur, et de toute votre Âme, et de toutes vos forces.” Deutéronome VZ, 5. Puisqu’il est Dieu il est l'objet que nous devons aimer, et il nous donne la grâce d'observer ce commandement,

Après l'hommage de notre amour que nous présentons à notre divin Bienfaiteur il n’y a pas de meilleur moyen de lui plaire que de l’invoquer fréquemment. Dési: int nous combler de ses faveurs il v met toutefois une condition : c’est que nous les demandions. Ici encore nous n'avons qu’ À nous laisser guider par Jui, suivre ses inspirations, prier en union avec lui; car “ L'Esprit lui-même demande pour nous avec des gemissements inénarrables.”— Rom. VIII, 26, C'est par la prière que nous devons obtiner nos merites, notre salut, notre couronne ; le Saint-Esprit nous dirige, s’'unit à nous. “ Donnez le merite de la

vertu, le salut, la joie éternelle.” C'est ainsi que l’Esprit-Saint prie

dans l'Eglise, avec nous et pour nous, suppliant Dieu de nous délivrer de toute tache, d’enflammer en nous l'amour divin, de guérir toutes nos blessures. On ne peut trouver de plus puissant moyen de sanctifiation que l'usage fréquent d'oraisons jaculatoires, surtout quand elles s'adressent au Saint-Esprit, “le Père des pauvres,” la “Source des dons,” la Lumière des cœurs.” Avec lui nous pouvons suivre avec joie le chemin de la croix, assurés d'obtenir la couronne ; Car il est “le gage de notre heritage. ”—Æph. I, 14.

Afin de cultiver cette dévotion salutaire et d'obtenir la bénédic- ‘ion divine, et pour encourager la piété envers le Saint-Esprit, la

Bénédiction du Très Saint Sacrement peut être donnée où les circonstances le pernettent, chaque soir de la neuvaine qui précède la Pentecôte, dans chaque église du diocèse

Comme il a déjà été publié ; la nouvelle législation à l'égard du marriage, sera en force à partir de Pâques de cette année. Les détails en seront donnés dans des lettres circulaires, et dans le New Freeman.

Le règlement du carême sera le même que l’année dernière.

Tous devraient être généreux dans la pratique de la prière et la mortification, pendant cette sainte Saison, spécialement la fréquente invocation du Saint-Esprit et l’abstinence des amusements inutiles et l’usage de la boisson.

Que la grâce de Notre-Seigneur soit avec vous tous.

Cette lettre pastorale sera lue dans chaque ‘lise du diocèse, le premier dimanche après sa reception.

A. W. MEAHAN, TT. CASEY,

secrétaire, évêque de Saint-Jean.

Saint-Jean, ce 25 février 1908.

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