ACTE PREMIER
JEAN; brusquement; à Joseph.
Qu'est-ce que vous demandez?... Vous faites voire service par le salon, maintenant?
JOSBPH.
Pas du tout, madame m'envoie...
Il fait un faux mouvement et manque d« renyeraer aon plat.
JKAN.
Prenez donc garde.
JOSEPH
C'est mon habit qui me gêne dans les entournures.
JEAN
Quel butor I
JOSEPH
Madame m'envoie dire à monsieur qu'elle le prie de venir à table.
JEAN
C'est bien, je sais ce que j'ai à faire. Je m'expliquerai avec ma tante. Allez, sortez I
JOSEPH
Oui, monsieur. (▲ part.) Je t'en foutrai, des domestiques I
n iort k gaueh*.
SOLANGE
Vous feriez mieux d'aller déjeuner, Jean; vous devez avoir faim.
JEAN, aimplement.
Je puis attendre... (se montant.) Alors ils vous plat» sent, ces gens-là, ils vous plaisent?
SOLANGE
Mon Dieu! I...
JEAN
Voyons, Solange, voyons! Il est impossible que vous n'ayez pas remarqué la façon plus que cavalière dont ils en usent avec nous. 11 n'y a pas un quart d'heure qu'ils sont ici, et ils se croient en pays conquis ! Ils affectent des airs d'autorité, de supériorité ! Ils vous parlent sur un ton ! Ils oublient un peu trop à qui ils s'adressent ! Mais, moi aussi, messieurs, moi aussi, j'ai des galons ! Je me nomme Jean Dubois d'Ombelles I... Je suis licencié es-leltres, licencié en droit, licencié es-langues orientales !...
SOLANGE, avec malice.
Et de plus, soldat de deuxième classe 1 C'est bien ainsi que l'on dit, n'est-ce pas?
JEAN
Oui, c'est ainsi. Mais, pardon, je ne le suis pas encore, soldat de deuxième classe. Et en attendant, il est des choses que je ne tolérerai pas.
SOLANaS.
Quelles choses?
JBAN.
Je ne permettrai pas qu'un monsieur prenne la liberté, alors qu'il vient ici pour la première fois et comme invité... (insistant.) Gomme invité...
SOLANGE
Eh bien ?
JEAN, l'interrompant.
Prenne la liberté, je le répète, de s'oflfrir à mettre à vos pieds tous les officiers de son régiment. Je ne le permettrai pas, ce monsieur eût-il des galons tout le long du corps t