ACTE PREMIER M
SOLANGE
Je n'en suis pas moins désolée. C'était pour ma mère une telle fête de vous recevoir.
LE COLONEL, iiaïT«m«0t.
Je ne lui en veux pas.
JEAN, à parti ironiqn*.
Il est bon.
LE COLONEL
Vous dites, jeune homme?
JEAN
Rien, colonel, rien !
Lil; rentre, portant une cafetière. Elle est suivie de Jo« seph et de Geergette qui s'avancent la tète basse.
MADAME BLANDIM, tonitruante.
Ah! VOUS voilai... Avancez... (a. Georgette.) Malheureuse 1 Qu'avez-vous mis dans la crème ?
JOSEPH
C'est pas de sa faute, madame, c'est pas de sa faute... C'est moi qui me suis trompé!... Quel malheurt...
Vous?... Qui est-ce qui vous a chargé?...
GEORGETTM.
Je ne pouvais pas verser mon jus, tourner et sucrer en même temps... Alors, j'ai prié Joseph I...
JOSEPH
Oui, c'est moi qui sucrais. . . Et par malheur, la botte au sucre était juste à côté de la boite au sel.
MADAME BLANDIM, iM bras «u ei«l.
Vous avez salé la crème d'orang» t
JOSEPH, naïf.
Oui, madame, mais je croyais la sucrer.
LE COLONEL, gaiement.
Au moins, nous sommes sûi sde ne pas être empoisonnés... c'est déjà ça.
GEOuGa^TTK, se jttant à genoux.
Empoisonnés! Eaipoisonnés par nousl... Monsieur mon colonel pourrait supposer çal!
LE COLONEL
Mais non, je n'ai pas dit que vous aviez voulu...
MADAME BLANDIN
Georgette!!... relevez-vous, c'est ridicule I...
Pas avant que monsieur mon colonel m'ait pardonné.
LE COLONEL
C'est entendu, je pardonne.
GEORGr^TTE, le suivant à genoux.
Et qu'il ait promis que ça ne noira pas à l'avan* cément de Josepli.
LE COLONEL
Joseph ?
GEORGETTE
Mon promis qui part pour l'armée, à Evreux.
LE COLONEL
OÙ est-il, ce Joseph?
MADAME BLANDIN^ fariMI*.