ACTE PREMIER
LE COLONEL
Mais non, madame, pas ci mauvais... à part la crômel
MADAME BLANDIN
J'ai bien envie de vous demander un service.
LE COLONEL
Demandez, madame... Je suis tout au vôtre... (aai«ment.) de service...
MADAME BLANDIN
Je vous ai présenté mon neveu, Jean Dubois d'Ombelles, licencié es-lettres, licencié en droit.
LB COLONEL
Oui, oui, je sais, toutes les licences.
JEAN, à part.
Ce qu'il s'en fiche !
MADAME BLANDIN
Je vous ai dit quels ménagements exigeait sa santé.
LB COLONEL
Oui, oui!... Le régiment lui fera du bien!
JEAN, remarque la conversation de Solange et Daumel.
Tiens I...
MADAME BLANDIN
Précisément... en raison de sa complexion délicate, je voulais vous demander s'il ne serait pas possibl* de lui éviter certaines fatigues, certaines... certaines corvées... si j'ose m'exprimer ainsi?
LE COLONEL
Parfaitement! nous en avons, des corvées, c'e»t !• motl nous en avons de plus d'une sorte I...
MADAME BLANDIN
J'ai entendu dire que des jeunes gens obtenaient facilement...
50 Tir.;:-AU-FLA:;G i
LE COLONEL
Ah! saeredié!...Ce n'est pas ça qui nous manque!... Un tas de fricoteurs, de tire-au-flanc... N'est-ce pas, lieutenant?
DAUMEL, de loin.
Oui, mon colonel 1
MADAME BLANDIN
Si, en raison de son instruction, de ses diplômes, vous pouviez trouver à mon neveu un emploi?...
LE COLONEL
Dans mes bureaux?
Oui, colonel... dans vos bureaux... Ce serait mon rêve.
LE COLONEL, à Jean qui, sur le pas de la porte est tout au manège do Solange et de Daumcl.
Il paraît, jeune homme, que vous n'avez pas de goûts militaires?
MADAME BLANDIN
Jean, le colonel te fuit l'honneur de t'adresser la parole...
JEAN, redescendant.
Ah! pardon.
LE COLONEL
Je disais : « Vous n'êtes pas militaire? »
JEAN, distrait.
Non... pas encore...
LE COLONEL
Ce n'est pas un reproche que je vous fais. Tout le monde ne peut pas être militaire. Si tout le mondi' était militaire, il n'y aurait plus de militaires. Vous