‹ Tire-au-flanc!; pièce en trois actes [par] André Sylvane & André Mouëzy-EonChapitre 85 sur 104 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MADAME FLÉCHOIS.

Prenez garde.

LB COLONEL

Pas une n'a ce cou, ces épaules, cette gorge admirables...

MADAME FLÉCHOIS.

Vous trouvez?

LE COLONEL

Oui, Adèle.

Il l'embrasse de nouveau.

MADAME FLÉCHOIS, se dégageant.

Vous êtes fou I

LE COLONEL

Non, mais je suis très excité. Adèle, je vais te dire une bonne chose : pendant que tous ces braves gens s'amusent, si nous allions tous les deux faire saioa... dans la chambre à coucher?...

MADAME FLÉCHOIS.

Par exemple I... En voilà une idéel

LE COLONEL

Et une bonne... Hé!

MADAME FLÉCHOIS.

Soyons sages, au contraire, et causons sérieusement.

LE COLONEL

Sériensement?... De quoi?...

MADAME FLÉCHOIS.

De mon mari.

LE COLONEL

Ah I non, non I Adèle, tu es une femme exciuise...

jje t'aime, tu le sais... Mais tu as un sacré défaut... jJe ne peux pas te dire un mot d'amour sans que tu Inie parles de ton mari.

MADAME, FLÉGHOIS.

C'est assez juste I... Pauvre homme!

LE COLONEL

C'est peut-être juste, mais c'est embêtant.

MADAME FLÉCH0I8.

C'est mon devoir, il me semble, de songer à son avenir...

LE COLONEL

Eh bien... voyons... Que désires-tu pour lui?

MADAME FLÉGHOIS.

Bien que de bien naturel... de l'avancement.

LH COLONEL

Encore!... Mais il ne fait que ça, d'avancer! Il avance à pas de géant I... d'une façon invraisemblable... compromettante...

MADAME FLÉCHOIS, protestant.

Oh!

LE COLONEL

Si, si, compromettante !... Car enfin, entre nous, le capitaine Flécbois est un bon garçon, sérieux même... J'ai de l'amitié pour lui et le lui prouve de toutes les façons... Mais sacré tonnerre!...

MADAME FLÉGHOIS.

Oui, c'est entendu, il n'est pas très fort... R:iison de plus pour l'aider... Il se présente une occasion exceptionnelle... Le commandant du Terray va donner sa démission.

ACTl:: ïhUlSlÈMË 135

LE COLONEL

Fléchois, commandant!... Ah I non, non, c'est impossible I

MADAME FLÉCHOIS.

Dites plutôt que vous ne voulez rien faire pour luil

LE COLONEL

Si je veux le faire...

Il achève à l'oreille de madame Flëckois. MADAME FLÉCHOIS.

Ah ! VOUS avez des expressions d'une brutalité I

LE COLONEL

C'est vrai... j'ai tort... Je retire le mot... Du moment que je relire le mot, tu n'as plus aucune raison de t'offenser... Et tiens, mieux que ça! Je te promets de m'occuper encore de Fléchois... Là, es-tu satisfaite I

MADAME FLÉCHOIS.

Et tu le recommanderas chaudement?

LE COLONEL

Très chaudement.

MADAME FLÉCHOIS.

C'est juré?

LE COLONEL

Tu ne me demandes pas de l'écrire?

MADAME FLÉCHOIS.

Ta parole me suffit !

LE COLONEL

C'est bien vrai au moins que tu m'aimes?

MADAME FLÉCHOIS, tendrement.

Oui^ mon colonel.

LE GOLOKEL.

Appelle-moi Alfred.

MADAME FLÉCHOIS.

Oui, Alfred.

Madame Blandin parait au fond»

LE COLONEL, avec passion.

Adèle, mon Adèle !

Il la serre dans ses bras. Madame Flôchois se dégage et se sauve en riant à gauche, premier plan.

MADAME BLANDIN, du fond. Stupéfaite.

Ahl

LE COLONEL

Sacrée femme I Elle vous ferait passer par un trou de souris I

Il entre à la suite de madame Fléchois, à gauche, premier plan.

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