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TRAVAUX SCIENTIFIQUES

1. — Contribution à i’étude de la pathogénie de l’ictère par résorp-

Les matériaux de la bile, pour arriver dans le système circulatoire, pénèlrent-ils directement par les vaisseaux sanguins, suivent-ils la voie indirecte des lymphatiques, ou bien enfin s’engagent-ils à la fois dans les deux ordres de vaisseaux? Ce problème, que nous nous posons de nouveau dans ce travail, a

pneumogastriques, il injecte du sulfate de strychnine. Dans ces conditions, la pression n’augmente pas et cependant il se produit une vaso-dilatation très marquée au niveau de la langue. L’action de la pression n’a ici aucun rôle, la vaso-dilatation est donc d’origine nerveuse, et M. Dubois peut conclure ainsi : « Puisqu’il n’y a plus d’élévation de pression à ta suite de la destruction de la moelle, si la rougeur de la langue apparaît encore après injection de strychnine, c’est que celle-ci agit directement sur les centres et les nerfs vaso-dilatateurs... »

Deuxième partie. — La muqueuse bucco-lahiale rougit très fortement sous l’influence des agents vaso-dilatateurs. M. Duhois se demande si cette réaction de la muqueuse buccale est constante et si on peut lui donner la valeur que lui attribue M. le professeur Wertheimer, qui admet qu’elle donne la mesure du degré d’excitabilité des centres vaso-dilatateurs par divers excitants; qu’elle est dans ce rapport un véritable esthésiomètre.

M. Dubois injecte à des chiens de l’extraitde capsules surrénales, qui a pour effet ÿélever la pression artérielle, mais sans faire rougir la muqueuse linguale. Dans ces conditions, s’il excite le bout périphérique du lingual gauche, la muqueuse linguale rougit du côté correspondant; s’il injecte de la nicotine ou de la strychnine, il obtient le même résultat, sans que la pression soit devenue

ganglionnaires.

3. — De l’action des anesthésiques sur les réflexes Thèse de doctorat en, Médecine. 1900.

La question du pouvoir réflexe des ganglions du sympalhique, si importante au point de vue de la physiologie générale du système nerveux central est toujours en discussion. Nous lui avons consacré notre thèse inaugurale.

Nos expériences ont porté principalement sur le ganglion sousmaxillaire. Claude Bernabd avait trouvé que, si on sectionne le nerf lingual à quelque distance au-dessus du ganglion, l’excitation du nerf faite à 2 ou 4 centimètres au-dessous de ce renflement provoque encore la sécrétion salivaire, bien qu’elle ne puisse pics se transmettre au centre bulbaire. Claude Bernard en avait conclu que c’est le ganglion sous-maxillaire qui est alors le centre du réflexe.

ScBiFF a soutenu, par contre, que dans l’excitation du bout périphérique du lingual sectionné, on agit, non sur les fibres centripètes, mais sur des fibres centrifuges de la corde du tympan, sur des fibres excito-sécrétoiros qui accompagnent sur un certain parcours le nerf lingual vers la langue, puis reviennent, pour ainsi dire, sur leurs pas pour retourner è, la glande. M. le professeur Wertheimer, en reprenant les expériences sur lesquelles s’appuyait ScmFF pour réfuter la doctrine de Cladde Bernard, a montré que ces expériences ne pouvaient être considérées comme valables. Enfin Lakgley s’est rangé h une opinion mixte; il adniet, avec SCHIFF, qu’il existe dans le lingual des fibres récurrentes, mais il est possible, ajoute le physiologiste anglais, que les excitations passent par les cellules nerveuses périphériques ; toutefois, un mécanisme spécial, sur lequel nous n’avons pas b insister, présiderait b ces réflexes dans lesquels des fibres centripètes n’interviennent pas et qui mériteraient, par conséquent, le nom de pseudo-réflexes.

Nous avons pensé qu’il serait possible de résoudre la question en ayant recours aux anesthésiques. Si, dans l’expérience de Claude Bernard nous avions affaire à un réflexe vrai, l’anesthésie, poussée à ses dernières limites, devrait le supprimer comme elle supprime les autres réflexes. Voici, en résumé, la méthode que

On introduisait une canule dans le canal de Wharton, et on

2’ Lechloral, injecté dans l’intestin (partiessupérieures) accélère la sécrétion pancréatique (Wertheimer et Lepaoe).

Dans une première partie, nous démontrons que l'injection de chloral dans le duodénum ou le jéjunum accélère, comme cela était à prévoir, la sécrétionbiliaire. L’expérience qui nous a servi pour cette démonstration est la suivante :

Chez un chien, on incise la ligne blanche immédiatement audessous de l’appendice xyphoïde. On va à la recherche du canal cystique, sur lequel on place une ligature, puis on introduit une canule dans le canal cholédoque: on attire au dehors le jéjunum et le duodénum, on les charge chacun sur un fil et on les rentre dans la cavité abdominale. On recueille la bile de cinq en cinq minutes; on injecte soit dans le jéjunum, soit dans le duodénum, S centimètres cubes d’une solution de chloral au l/S* (1 gramme de chloral) et on recueille de nouveau la bile après chaque injection.

Nous rapportons dans notre mémoire deux expériences de ce genre dans lesquelles on peut constater l’accélération bien nette de la sécrétion biliaire après l’injection du chloral, soit dans le jéjunum soit dans le duodénum.

Dans une deuxième série d’expériences, nous comparons les effets de l’injection de chloral d’une part dans l’iléon, d’autre part dans le jéjunum. Sur 11 expériences, nous avons obtenu 7 fois une accélération de la bile après injection dans le jéjunum, alors qu’une première injection faite dans l’iléon était restée inefficace. Nous en tirons la conclusion suivante :

Le chloral, comme l’acide chlorhydrique agit sur la sécrétion biliaire grâce â une excitation spéciale qui ne peut s’exercer qu’au niveau des parties supérieures de l’intestin grêle (duodénum et jéjunum).

Mais, le chloral agit également par voie d’absorption par les vaisseaux, car, si on l’injecte dans l’estomac, dans le rectum, ou dans la veine saphène, on peut encore déterminer l’accélération de la sécrétion biliaire. (2 fois sur 4 expériences dans l’estomac, — 6 fois sur 6 dans le rectum ; — 4 fois sur S dans la veine saphène). Nous avons, dans une dernière série d’expériences, cherché à résoudre la question de savoir si c’est l’absorption du chloral par les vaisseaux ou l’excitation qu’il provoque au niveau du duodénum et du jéjunum qui amène le plus sûrement une accélération de la bile. Nous avons diminué progressivement les

veine saphène et dans le jéjunum. Dans 9 expériences sur U, des injections de 0,25, 0,20, et 0,15 centigrammes de chloral se sont montrées inefficaces dans la veine saphène, alors que, dans le jéjunum, elles donnaient une accélération considérable de la sécrétion biliaire.

Les conclusions générales de ce mémoire sont les suivantes :

1" Le chloral possède une action cholagogue qui, è notre connaissance, n’avait pas été signalée jusqu’ici.

2” Cette action est surtout due, comme celle de l’acide chlorhy-

supérieures de l’intestin grêle (duodénum et jéjunum);

3“ Elle est due aussi en partie à l’absorption du chloral par les

i“ L’excitation spéciale provoquée par le chloral au niveau du duodénum et du jéjunum, provoque plus sûrement une accélération de la bile que l’absorption du chloral par les vaisseaux.

8. — Des effets antagonistes de l’atropine et do la physostigmine sur la sécrétion pancréatique, — (En collaboration avec M. le professeur 'WEBTaEiMEB.) — Comptes rendus de la Société de Biologie. Séance du 6 février 1904. t. LVI, p. 19Ô.

La physostigmine, en injection intra-veineuse, accélère la

nerf lingual produit son effet habituel, c’est-à-diro une congestion intense du côté correspondant de la langue. Par conséquent, la vaso-constriction, quelque énergique qu’elle soit, est obligée de céder à l’action du nerf vaso-dilatateur, et il ne nous a pas paru qu’il fût nécessaire d’appliquer à ce dernier un courant plus fort que dans les conditions normales.

Ce résultat est en opposition avec un autre fait signalé èi la fois par OuvEn et Schaefer, et par Livon, à savoir que l’excitation du nerf dépresseur chez l’animal qui a reçu de l’adrénaline ne fait plus baisser la pression : autrement dit, le réflexe vaso-düatateur ne se produit plus îi la suite de l’administration de cette substance, tandis que, d’après notre observation, les effets vaso-dilatateurs directs persistent.

On pourrait supposer que cette différence tient è ce qu’une excitation directe est plus puissante qu une excitation réflexe d’origine centrale. Cependant, il est facile de montrer que même une excitation des centres est capable de dilater les vaisseaux de la muqueuse linguale chez l’animal qui a reçu de l’adrénaline. Si en effet, au moment où celle-ci a fait monter la pression à son maximum, on injecte S à 10 milligrammes de strychnine, la pfileurde la langue fait place à une congestion très forte, et, si on a soin de sectionner préalablement le lingual d’un côté, la congestion sera unilatérale, limitée au côté intact, tandis que le côté opposé pâlira.

Ainsi, chez un animal qui a reçu de l’adrénaline, on arrive à dilater les vaisseaux, soit par l’excitation directe des nerfs vasodilatateurs, soit par l’excitation centrale, — on peut même dire réflexe, puisque la strychnine ne fait qu’exagérer l’activité réflexe des centres bulbo-médullaires. — Par contre, dans les mêmes conditions, le nerf dépresseur ne peut manifester son activité. Il y a là un argument assez fort en faveur de l’opinion soutenue, en particulier par Cyon, que l’action du dépresseur ne réside pas dans une excitation du centre vaso-dilatateur, mais dans une inhibition du centre vaso-constricteur.

Un autre détail que nous avons observé, c’est que sous l’influence de l’adrénaline, au moment où la langue pâlit, les lèvres rougissent et cela, aussi bien du côté où le vago-sympathique est sectionné que du côté intact, ce qui prouve que l’adrénaline agit en excitant les terminaisons périphériques du sympathique cer-

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