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III. — SYPHILIS MÉDULLAIRE

Syndrome de Brown-Séquard et syphilis spinale.

Revue de Médecine , 1903, p. 1015.

Il s’agit d’un cas de myélite aiguë apoplectiforme chez un syphilitique avéré, ayant évolué sous la forme d’un syndrome de Brown-Séquard presque pur. Mort au bout d’un mois, le syndrome persistant.

Histologiquement, méningo-myélite aiguë, du type hyperémique et nécrobiotique décrit par M. le professeur Gilbert et M. Lion sur les observations de ces auteurs et de M. le professeur Pierret. Ramollissement médullaire localisé qui n’est pas dû à des oblitérations artérielles, mais plutôt à la congestion extrême avec diapédèse et fines hémorragies multiples. Grosses altérations des veines, peu de lésions des artères. Syphilis confirmée par l’amélioràtioh

Cette forme anatomique de syphilis médullaire est très rare chez l’adulte, mais on peut trouver dans la moelle de fœtus syphilitiques des altérations comparables (Gasne).

Dans cette lésion, l’hyperémie semble être le phénomène

Les ruptures vasculaires avec infiltration leucocytaire et la nécrobiose consécutive sont des conséquences accidentelles et contingentes de cette hyperémie. Dans notre cas, les symptômes paralytiques sont survenus pendant la

cale des hôpitaux de Lyon , 28 novembre 190E

intoxications peuvent la compliquer. Mais il faut distinguer sensitif, seule tabétogène, de la réaction méningée, phéno-

- Gomment donc expliquer la fréquencé des lésions méningées du tabes, si elles n’orit pas de valeur pathogénique? Probablement parce que l’intoxication syphilitique, cause la plus certaine de la lésion tabétique, atteint le protoneurone centripète par Vintermédiaire du liquide céphalorachidien.

comment notre hypothèse se trouvait fortifiée par les recherches contemporaines sur les infections à trypanosomes. On sait les rapports morphologiques qui rapprochent les trypanosomes de l’agent pathogène de la syphilis. On sait aussi que dans cette variété de trypanosomiase qu’on

les centres nerveux, le parasite se trouve dans le liquide céphalo-rachidien.

Or, M. Spielmeyer, de Fribourg-en-Brisgau, vient de publier des recherches expérimentales faites chez le chien infecté par le Trypanosomia Brucei , d’où il résulte qu’il a reproduit artificiellement un tabes, « dégénérescence du protoneurone centripète » et atteignant exclusivement lé système sensitif, soit dans le trajet intra-médullaire des racines postérieures, soit au niveau du nerf optique ou des origines du trijumeau sensitif. U n’y avait pas trace de méningite dans les cas publiés.

La pathogénie du tabes est trop complexe pour qu’il soit permis de s’arrêter longtemps sur des conceptions hypothétiques. Mais il est légitime de rapprocher des faits, et sans doute, dès à présent peut-on considérer comme acquis :

1“ Que le tabes, qui survient surtout chez des prédisposés devenus syphilitiques, n’est pas dû à l’étranglement des racines postérieures par une méningite syphilitique ;

a° Que les voies sensitives (protoneurone périphérique)

peuvent chez l’animal dégénérer primitivement lorsque le liquide céphalo-rachidien est envahi par un parasite voisin de celui de la syphilis ;

3 “ Qu’il y a les plus grandes analogies entre la cytologie spinale dans le tabes, où l’on n’a pas encore pu mettre en évidence le parasite ou le poison spécifique, et dans les infections expérimentales ou spontanées à trypanosomes, où le parasite a pu être décelé dans le liquide cérébro-spinal.

On peut donc conclure que le tabes, ou tout au moins un tabes est vraisemblablement dû à l’action directe d’un toxique, le plus souvent syphilitique, contenu dans le liquide méningé, sur les éléments anatomiques des racines postérieures, atteintes d’une fragilité anormale. L’affinité de ce toxique pour les éléments nerveux peut elle-même

rariété dyscrasique ou goutteuse, point de vue pathogénique il ne

festent surtout par des phénomènes douloureux, dont la localisation permet de déterminer l’origine. J’ai rapporté, entre autres, le cas d’un malade atteint en apparence d’un simple lumbago particulièrement intense et tenace, très certainement en rapport avec les antécédents arthritiques du sujet, et guéri par le régime et la médication usuelle du rhumatisme chroniqué.

fibrine. Dans ce cas, publié en iqo3, le malade souffrait également d’une douleur analogue à celle d’un lumbago, mais d’une manière plus profonde, plus sourde et plus agaçante. Douleurs spontanées continues, douleurs provoquées par la palpation des troncs nerveux, raideur, signes

de Kernig et de Lasègue, hyperesthésie cutanée, exagération des réflexes, atrophie musculaire légère. A la suite de la ponction lombaire, qui avait donné issue à un liquide sous forte pression, le malade avait accusé un soulagement immédiat, bientôt suivi de guérison. Ni syphilis, ni tuberculose n’ont pu être décelées chez ces malades. Le sérodiagnostic tuberculeux n’a pas été fait, mais depuis plusieurs années que j’ai recueilli leurs observations, j’ai eu l’occasion de les revoir, et aucune manifestation tuberculeuse ne s’est produite.

Donc le rhumatisme chronique peut provoquer, au même titre que la syphilis et la tuberculose, des réactions atténuées des méninges spinales.

2° Affections médullaires

Nous avons pu rassembler plusieurs observations, provenant pour la plupart de la clinique médicale de M. le professeur Lépine, et où l’on voit un rhumatisme soit primitivement aigu et devenu chronique, soit chronique d’emblée, se compliquer de manifestations nerveuses revêtant la forme de scléroses combinées, de sclérose latérale amyotrophique, de maladie de Parkinson. Le plus souvent il s’agit de variétés cliniques atypiques et complexes, susceptibles

aussi de présenter une marche progressive. Parfois il est possible de noter les étapes successives franchies par le malade, depuis le début du rhumatisme jusqu’à la maladie médullaire confirmée à laquelle il succombe.

Les cas dont il s’agit ne correspondaient pas à des rhumatismes à ankylosés irréductibles et multiples. Ils sont dus très certainement, comme l’autopsie l’a montré pour

certains, à des processus de méningite spinale chronique, qui sont, en somme, l’exagération des phénomènes irritatifs et curables signalés au paragraphe précédent.

Au point de vue anatomo-clinique, deux types se dégagent : pachyméningite et méningo-myélite. Au premier correspondent surtout des signes de compression, d’abord radiculaires et médullaires secondairement. Au deuxième appartiennent des phénomènes moteurs plus graves.

On remarquera une fois de plus l’analogie que présente

3° Manifestations cérébrales

Les manifestations médullaires du rhumatisme chronique dépendent de lésions méningées. Quelquefois les lésions méningées atteignent l’encéphale. J’en ai observé un exemple dans un cas de maladie de Parkinson, dont les cavités épendymaires, atteintes d’une véritable hydrocéphalie et hydromyélie chroniques, présentaient des lésions peu profondes, mais diffuses, tout à fait analogues à celles que M. le professeur Joffroy avait signalées déjà dans la maladie de Parkinson. Il s’agissait, dans l’espèce, d’un'e de

signalé des cas frustes au paragraphe précédent, et qui ont été bien étudiées autrefois par notre maître, M. le professeur Pierret.

En dehors des circonstances où le rhumatisme chronique s’accompagne de lésions matérielles du système nerveux, il est intéressant de rechercher et de noter ses coïncidences

étudié en détail ün cas curieux d’obsession (phobie dé la

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