‹ Titres et travaux scientifiques 1900-1928Chapitre 2 sur 8 · L - RECHERCHES SUR LES PROTOASCÉES · texte numérisé non relu

L - RECHERCHES SUR LES PROTOASCÉES

(ENDOMYCÉTACÉES, SACCIIAROMYCÉTACÉES) DEVELOPPEMENT, SEXUALITÉ, TAXINOMIE ET PHYLOGÉNIE

1® Structure générale. — Au moment où j’ai abordé ces recherches qui ont fait l’objet de ma thèse de Doctorat ès Sciences, la cytologie des Levures était fort mal connue, et l’on discutait la question de l’existence du noyau. Trois opinions partageaient les auteurs : 1® la première considérait les Levures comme des Champignons de structure primitive dépourvus de noyau véritable, mais renfermant des granulations chromatiques disséminées dans la cellule, constituant un noyau diffus semblable à celui qu’on a décrit dans les Bactéries ; 2® la seconde admettait, au contraire, l’existence dans les Lévures d’un noyau typique ; 3® la troisième venait d’être formulée par Wager et avait le mérite de concilier les deux autres théories : elle attribuait aux Levures un noyau constitué par une vacuole remplie de grains de chromatine (grains de chromatine ou noyau diffus des auteurs) et un nucléole toujours accolé à la vacuole et de structure homogène (noyau des auteurs). L’ensemble de cette vacuole remplie de chromatine et de ce nucléole excentrique constituait le noyau des Levures, noyau d’organisation rudimentaire correspondant il un stade primitif de l'évolution phylo-

La question méritait donc d’être reprise et offrait un grand intérêt au double point de vue de la cytologie générale et de la taxinomie des Levures.

Pour résoudre ce délicat problème, j’ai procédé par comparaison ; j’ai étudié d abord la structure de Champignons plus favorables que les Levures par leurs

8 IIECHRRCHES SUR lES PKOTOASCÉES

Quoi qu’il en soit, la copulation s’effectue normalement entre des cellules très proches parentes de la même colonie et ce fait est en désaccord avec les théories généralement admises. On sait qu’on admet que la fécondation s’effectue de préférence entre deux éléments de parenté très éloignée et l’on explique son utilité par l’avantage que présente le mélange de cellules possédant dos caractères héréditaires dissemhlables. A l’époque où j’ai fait connaître ces résultats, des phénomènes de cet ordre

n’avaient été signalés que très rarement. La copulation que j'ai décrite dans le Sch. octasporus a été l'un des premiers exemples de ces phénomènes que les Allemands ont désigné sous le nom d’autogamie. Depuis, l'autogamio a été fréquemment observée dans divers Protistes (Champignons, Protozoaires, Algues, etc.).

J’ai démontré, en outre [4. 5, 6, 7, 11, 17, 27], l’existence d’une copulation semblable dans les deux autres représentants, connus à ce moment, du genre Schizosaccharomyces, Sch. Pomlie et le Sch. mellacei, où l’existence de ces phénomènes était insoupçonnée. Dans ces dernières Levures, la fusion des gamètes est en général incomplète et l’asque conserve la forme de deux renflements unis par un col étroit. La fusion nucléaire s’opère dans le canal de copulation, puis le noyau qui en résulte ne tarde pas à se diviser : les deux noyaux-fils émigrent ensuite dans les deux renflements et y subissent une seconde division. Les ascospores, au nombre de quatre, se forment par deux dans chacun des renflements de l’asque (fig. 5 : a, ii et c).

La parthénogénèse, fort rare dans le Sch. octosporm, est au contraire fréquente dans ces deux Levures [11], EnCn, dans une variété de Sch. mellacei [11], provenant du laboratoire de Beyerinck, j ai constaté que la parthénogénèse était devenue géné-

Dans l’une d'elles, que j’ai pn étudier grâce à la complaisance de M. Ludwig Rose et que j’ai désignée sous le nom de Tonilaspom Rosei, j’ai soigneusement étudié ce phénomène [70, 89]. J'ai constaté que toutes les cellules se préparant à sporuler émettent des diverticules qui cherchent à s'anastomoser deux à deux (fig. 10'; a). Le plus souvent, elles ne parviennent pas à se rejoindre, soit que leurs diverticules se dirigent en sens inverse, soit que les diverticules arrivés au contact de l’un et de l’autre continuent à s'allonger en s’entrecroisant. Cependant, dans un assez grand nombre de cas, les cellules réussissent à s’accoler, mais la cloison qui les sépare ne se résorbe pas, en sorte que les deux cellules anastomosées se transforment chacune en asque sans s’être fusionnées.

ENDOMYCÉTACÊES

Monilia pathogène

J’ai étudié en collaboration avec MM. Brocq-Roiisseu et des Cilleuls, un Champignon pathogène isolé des crachats d’un soldat atteint d’une affection qui avait été diagnostiquée comme une tuberculose. Les crachats ne contenant pas de bacilles de Koch, mais seulement des levures, le médecin traitant pensa à une bronchiomycose et le malade fut rapidement guéri par une médication iodurée. Le Champignon cultivé montre à la fois des formes Levures et des formes mycéliennes et présente les caractères d’une Monilia qui diffère des Monilia actuellement connues et paraît être une espèce nouvelle.

G. — ÉTUDES CYTOLOGIQUES ET TAXINOMIQUES DE QUELQUES ESPÈCES VOISINES DES LEVURES

Kluyver et Van Niel ont créé le genre Sporobolomyces pour un groupe de Levures i. — Levures du à pigment rouge, qui ne produisent pas d’asques et sont caractérisées par le fait que les cellules, après un bourgeonnement normal, émettent un stérigmate à l’extrémité (218-227). duquel naît une conidie rénlforme. Les conidies ainsi formées sont projetées à distance grâce à un mécanisme semblable à celui qu’a décrit Buller pour les basidiospores de certains Hyménomycèles et si l’on cultive ces Levures sur gélose, en boîte de Pétri retournée, celles-ci viennent se déposer sur le couvercle sous forme de taches blanches qui reproduisent exactement l’image de la colonie et que pour cela on a désigné sous le nom de miroir. Kluyver et Van Niel avaient été amenés à rapprocher ces conidies des basidiospores et à classer les Sporobolomyces dans les Hémibasidiées. J’ai cherché à vérifier ce rapprochement par une étude cytologique de trois espèces de Sporobolomyces : S. roseus, S. tennis et S. salmonicolor.

L’étude de ces trois espèces en culture sur chambre de Bôltcher m’a permis de vérifier les résultats de Kluyver et Van Niel relativement à leur développement : les conidies recueillies sur le couvercle d’une boîte de Pétri et ensemencées en chambre humide germent par bourgeonnement et produisent des cellules-levures qui restent adhérentes sous forme de petites colonies. Celles-ci, au bout de 24 heures, cessent de bourgeonner et produisent un stérigmate très mince et plus ou moins allongé qui forme à son extrémité une conidie réniforme (figure 20 ) ; souvent le stérigmate peut se ramifier en plusieurs branches dont chacune porte une conidie. Dans S. salmonicolor, on observe des rudiments mycéliens et les conidies peuvent naître indifféremment aux dépens des levures ou aux dépens des filaments mycéliens.

L’étude cytologique de ces Levures m’a fourni l’occasion d’observer la formation du pigment. Le pigment de ces Levures est localisé dans des gouttelettes lipoïdes qui ne présentent pas les caractères microchimiques de la carotine. Il n’est pas soluble dans le

aux Levures. A i de ces Champign Mes rechercl sur les milieux s( Dans les milieux surface du liquidt de dimensions tr

II. - RECHERCHES SUR LE SPERMOPHTHORA GOSSYPII ET SUR LA PHYLO&ÉNIE DES ASCOMYCÈTES

A, — CYTOLOGIE ET SEXUALITÉ DU SPERMOPHTHORA OOSSVPII ;i99, 223, 228].

Ashby et Newell ont isolé des graines de Cotonnier atteintes de stigmatomycose, en même temps que les espèces précédentes (p. 34), un Champignon très curieux intermédiaire entre les Siphomycètes et les Ascomycètes et qu’ils ont désigné sous le nom de Spermophthora Gossypii. Ces auteurs n’ont consacré à ce Champignon qu'une courte description et n'ayant pas étudié sa cytologie ne se sont pas prononcé sur ta place qu'il doit occuper dans la classification. En raison de ses caractères tout à tait spéciaux, il m’a paru utile de reprendre l’étude de ce Champianon. Mes recherches sur le Spermophthora m’ont permis de démontrer, dans ce Champignon, l’existencè d’une sexualité et de le rattacher aux Ascomycètes.

Le Spermophthora xégète facilement sur la plupart des milieux solides sous forme d’un duvet blanc. Il se présente sous l’aspect d’un mycélium dépourvu de toute cloison tout à fait semblable à celui d’un Siphomycète et qui se ramifie par dichotomie. Le

Mucoracées. Les filaments ont une tendance à s’allonger rapidement par leur extrémité, tandis que les parties plus égées dégénèrent. Certaines régions âgées des filaments dont le contenu reste encore vivant s’isolent par des cloisons transversales pour former des chlamydospores, tandis que tout le reste du filament meurt. Les filaments forment également d’assez nombreuses conidies-levures, mais celles-ci ne se séparent jamais dès filaments qui leur ont donné naissance et dégénèrent en même temps que ceux-ci.

Très rapidement, le Champignon donne naissance à des gamétanges : ceux-ci apparaissent un peu au-dessous de l’extrémité des filaments sous forme de renflements dont la forme contournée rappelle l’ascogone des Ascomycètes (fig. 22 : 1). Ces renflements se délimitent bientôt par deux cloisons transversales, dont Tune supérieure sépare un cour^ article TOrrespondant à l’extrémité du filament et qui surmonte

rait être comparé au trichogyne qui termine l’ascogone de certains Ascomycètes. Dès leur origine, ces gamétanges renferment de 5 à 8 noyaux qui paraissent subir deux

mes les plus évoluées, par suite islon se serait effectuée entre un les, tous les autres dégénérant, le Dipodascus et Vasque dérivé ipondrait au sporange issu de lu ^rmophthora réalise le mode de

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