DIVERS
La pleurésie syphilitique du stade roséolique.
(Bullelin de ta Société médicale des hipUa^, 1890. - Bullelia medical, 1891.
Les premières communications sur l’existence de la pleurésie syphilitique ont été faites par Widal et moi à la Société médicale des hôpitaux (1890). Nous lui avons attribué la dénomination de pleurésie syphilitique du stade roséolique. Depuis lors, j’ai publié trois nouveaux cas dans le Bulletin médical en 1891, et deux autres observations en 1894 dans une clinique faite à l’Ilôtel-Dieu pendant que je suppléais le professeur Germain Sée {Presse médicale).
Mes publications ont suscité des travaux confirmatifs ; les cas de Talamon, Ferrand, Rochon, Lyon, Preelorius (d’Anvers), etc.
Je me suis efforcé, dans la leçon clinique à laquelle je viens de faire allusion, de signaler les caractères saillants de cette affection et de donner les éléments qui permettront delà diagnostiquer.
J’ai étudié successivement le mode de début, la date de l’entrée en scène de la complication pleurale relativement à l’apparition antérieure du chancre infectant; les lésions anatomiques supposées, pleurésie sèche ou avec épanchement ; l’unilatéralité ou la bilatéralité de l’exsudât, sa nature séreuse révélée parla ponction exploratrice dans un cas unique et personnel.
J’ai décrit l’évolution, comparable par bien des points h. celle de la pleurésie rhumatismale. J’ai insisté sur la bronchite concomitante, qui peut atteindre un tel degré congestif qu’une hémoptysie peut se produire, comme dans un cas que j’ai observé à Lourcine. J’ai émis l’hypothèse qu’au point de vue pathogénique cette pleurésie pourrait bien être expliquée par une éruption secondaire à la surface de la plèvre, rappelant ce qui se passe du côté de la peau ou des muqueuses à la même période de la maladie.
C’est parce qu’on incrimine trop aisément une névralgie intercostale, une myalgie, une périostite, en présence d’un syphilitique qui se plaint de point de côté, que celte manifestation pleurale de la syphilis a été si longtemps méconnue.
La nature syphilitique de cette complication a été contestée par quelques auteurs. Je soutiens qu’il y a là plus qu’une coïncidence. Parmi les nombreux arguments que j’ai donnés, la disparition rapide des signes sous l’influence du traitement spécifique suffirait à lever les doutes.
Le sol, l’eau et l’air.
Agents de transmission des maladies infectieuses.
J’ai consigné dans ce travail les principaux faits connus actuellement sur la microbiologie générale du sol, de l’eau et de l’air. J’ai tâché de montrer, en me servant des expériences publiées par les auteurs et de celles qui me sont personnelles, le rôle des microbes saprophytes et pathogènes qui habitent ces divers éléments.
Dans le sol, j’ai passé en revue le mode de destruction de la matière organique répandue à la surface de la terre ou dans sa profondeur, sous l’influence des ferments de la nitrification ; l’oxydation de l’azote des composés ammoniacaux, l’épuration spontanée du sol et les processus par lesquels elle se produit d’une
manière parfaite ou incomplète. J’ai étudié la persistance des microbes, variable avec la profondeur dans laquelle ils sont enfouis et variable aussi avec leur race, leur mode de reproduction, etc. Je me suis efforcé de dégager les facteurs du travail dont les expériences nous donnent les résultats : l’influence de la concurrence microbienne, de la température,de la composition de l’air, du sol ; le rôle des microbes dans la production du charbon, de la tourbe, du fumier des champs, et celui des bactéroïdes des légumineuses, etc. L’étude des saprophytes du sol m’a conduit è celle des germes pathogènes, spores du charbon, bacilles de la fièvre typhoïde, du choléra, de la tuberculose, du tétanos, etc., envisagés au point de vue de leurs moyens de conservation et de transmission à notre contact. La critique de la théorie de Pettenkofer et l’étude de l’épuration des eaux d’égout terminent le premier chapitre.
Dans l’étude hygiénique de l’eau potable j’ai montré comment les enquêtes épidémiologiques avaient conduit aux recherches de la bactériologie. J’ai fait l’historique des premières découvertes ; celles de Pasteur et Joubert, celle de Koch sur le vibrion cholérique trouvé dans un étang de l’Inde, celle de Chantemesse et Widal sur le bacille typhique, etc. La critique des expériences des auteurs sur la longévité des microbes pathogènes renfermés dans l’eau m’a conduit à rechercher les causes des résultats contradictoires publiés de divers côtés. J’ai tèché de montrer les imperfections des méthodes techniques qui entachaient d’erreurs les résultats des expériences, et de signaler les points sur lesquels tout le monde tombait d’accord. Ces préliminaires établis, j’ai cherché les limitesde la vitalité dans l’eau des microbes de la tuberculose, du charbon, de la suppuration, du choléra, de la fièvre typhoïde, etc. Chemin faisant, j’ai dû revenir une fois de plus sur les caractères distinctifs du bacille d’iîberth et du coli-bacille, et conclure à l’aide de la bactériologie, de l’anatomie pathologique et de la médecine expérimentale à lenr différenciation profonde. La critiqne de la valeur des analyses bactériologiques pour juger la qualité des eaux
potables m’a amené à comparer l’importance des données fournies par la bactériologie à celle des résultats que nous procurent les analyses chimiques et à conclure qu’un jugement équitable en pareille matière ne pouvait s’appuyer sur un seul élément de diagnostic et qu’il devait contrôler successivement les unes par les autres les analyses bactériologiques, chimiques, microscopiques et les enquêtes géologiques.
L’étude des méthodes d’épuration et de stérilisation des eaux impures occupe les dernières pages de ce travail.
Les microbes de l’atmosphère n’ont été l’objet d’une recherche vraiment scientifique que depuis les découvertes de M. Pasteur et les travaux de M. Miquel. L’énumération des expériences et des résultats obtenus m’a conduit à l’étude des germes pathogènes qui trouvent un véhicule dans l’air ambiant. J’ai recherché les causes pour lesquelles tant de maladies contagieuses ont un si faible pouvoir d’extension, et j’ai dû passer en revue l’influence de la dessiccation et de l’oxygénation sur les germes pathogènes répandus dans l’atmosphère. J’ai étudié particulièrement la contagion aérienne de la malaria, du typhus, de la fièvre typhoïde, du choléra et celle de la tuberculose dont les recherches de M. Dieulafoy et de M. Straus nous ont montré les traces si fréquentes dans le mucus des voies aériennes et dans le tissu adénoïde qui les tapisse.
Les glandes parathyrdidiennes de l'homme. (En collaboration avec M. René Marie.)
(iocilU mtdicale dei kdpUaiu, 1893, page 202.)
Un anatomiste suédois, Sandstrom, avait décrit, avec beaucoup de détails, de petites glandes qui se trouvent dans le voisinage immédiat du corps thyroïde chez l’homme, le lapin, le chien, le chat, le cheval, le boeuf, et leur avait donné le nom de glandes para thyroïdiennes. Krause et Gley les ont retrouvées chez le lapin, et le chien; Christiani, chez le rat, mais aucun anatomiste n’a vérifié
la descriplioit de Sandstrôm en ce qui concerne les glandes parathyroïdiennes de l’homme.
Avec l’aide de M. R. Marie j’ai recherché ces glandules que j’ai retrouvées constamment. Elles forment au niveau du bord postérieur de chaque lobe deux groupes, accompagnant chacun une des artères thyroïdiennes. Le groupe supérieur est le plus inconstant. Elles sont situées très près du corps thyroïde dans sa capsule ou dans le tissu cellulo-adipeux environnant. Leur couleur se rapproche beaucoup de celle de la glande principale et elles sont réunies à une des branches des vaisseaux thyroïdiens, par un petit pédicule vasculaire. Leur volume varie d’un grain de blé il une lentille. Leur structure histologique les rapproche des glandes thyroïdes embryonnaires. Ce sont des tubes pleins ; et ce n’est qu’en de très rares points que l’on voit quelques vésicules se former et se remplir de matière colloïde.
L’existence de ces glandules offre une certaine importance au point de vue cbirurgical, elle légitime le mode opératoire de l’énucléation sous-capsulaire, lorsque la thyroïdectomie ne peut être
Hygiène de teau potable.
Dans ce rapport, je passe en revue les causes d’insalubrité de l’eau potable dues à la présence de substances chimiques, des parasites animaux et des microbes. J’insiste particulièrement sur le rôle de l’eau au point de vue de l’étiologie de la dysenterie, du choléra, de la fièvre typhoïde.
J’étudie ensuite les conditions qui doivent présider au choix d’une eau potable, les manières d’épuration spontanée de l’eau, les méthodes de purification par la filtration, la stérilisation thermique et l’action des agents chimiques
Persistance des germes de la tuberculose dans Veau de rivière.
(En collaboration avec M. Widal.)
Les conclusions de ces expériences ont été les suivantes :
1“ Les germes de la tuberculose se sont conservés vivants pendant cinquante jours dans l’eau de Seine stérilisée et laissée entre 8 et 12 degrés.
2" Ils se sont conservés vivants pendant soixante-dix jours dans l’eau de Seine stérilisée, maintenue entre 15 et 18 degrés.
Les résultats de nos expériences ont ete confirmes par le travail de MM. Straus et Dubarry.(ArcA. de médec-expérim., 1889.)
Recherches expérimentales sur les antiseptiques applicables au traitement de la diphtérie.
(En collaboration avec M. Widal.)
Nous avons étudié expérimentalement l’action de divers antiseptiques sur la vitalité du bacille de Lœffler. La formule légèrement modifiée du D'' Soûlez de Romorantin (huile, acide phénique et camphre) nous a paru avoir un réel pouvoir antiseptique.
Diagnostic de la diphtérie. (En collaboration avec M. Widal.)
Nous avons consigné ici les résultats de nos recherches sur le diagnostic de la diphtérie par la culture sur tubes de sérum.
Ce procédé, devenu classique aujourd’hui, nous avait été indiqué par MM. Roiix et Yersin. Nous avons été les premiers à l’employer dans la clinique courante et à en montrer la valeur.
La Rubéole.
Dans ce travail, je rapporte une observation de rubéole faite
sur un étudiant de mon service : éruption 'simulant celle de la rougeole avec angine rappelant celle de la scarlatine. Dès le troisième jour delà maladie, l’adénopathie dans les régions latérales et postérieures du cou était très intense tandis que 1 éruption cutanée n’est apparue que le sixième jour et a persisté pendant sept jours.
A cette éruption s’était joint un catarrhe prolongé des muqueuses et un rhumatisme comparable à celui qu’on voit survenir après la scarlatine.
Les pseudo-parmites du sang observés dans le cours de l’iniluenza.
Dans le cours de la grande épidémie d’influenza qui sévit à Daris en 1890, j’ai recherché, comme beaucoup d’autres, la présence du parasite dans le sang au moment de la période fébrile de la maladie. Klebs venait de décrire une nomade qui se trouvait en grand nombre dans le sang de grippés. J'ai vu les formes mobiles, munies de flagella qu’il indiquait, mais je n’ai pu les rattacher à des parasites proprement dits.
J’ai pensé que les figures aperçues par Klebs n’étaient pas autre chose que des modifications des globules rouges telles qu’on les voit survenir dans beaucoup de maladies fébriles et non fébriles.
Quelques-unes des formes que j’ai observées ressemblaient aux modifications globulaires décrites par M. Hayem dans les anémies graves.
Typhus exanthématique à Lille.
(Journal o/flcKl, mai 1893.)
L’enquête que je fis pendant cette épidémie à Lille me montra l’influence pathogénique des produits de l’expectoration des malades atteints de typhus. Je signalai le rôle de la contagion qui s’était exercée au palais de justice, et dont l’intermédiaire était
probablement des crachats desséchés et projetés dans la salle par le balayage.
Intoxkation provoquée par lespoéles à combustion lente.
[Journal officiel, 1893.)
Ce travail est une étude sur la cause et le mécanisme des empoisonnements observés fréquemment dans le chauffage par les poêles à combustion lente et surtout par les poêles mobiles. L'agent toxique est l’oxyde de carbone, qni grâce au faible tirage de l’appareil est facilement reflué dans les appartements.
Bapport sur le Congrès international d’hygiène de Budapest.
Comme chef de la délégation française au Congrès de Budapest, j’adressai ce rapport au ministre de l’Intérieur. 11 contient l’analyse sommaire des principales communications faites à ce congrès et en particulier celle du travail de M. Roux sur la sérothérapie de la diphtérie, et de M. Metchnikoff sur l’étiologie du choléra expérimental. L’historique de la sérothérapie renferme au sujet de la priorité de cette grande découverte une erreur dont j’ai depuis reconnu l’existence.
Luxation du pied en dehors, compliquée de fracture.
Reins syphilitiques contenant des collections d’aspect caséeux dues probablement à des gommes.
Adénie avec autopsie.
Pachyméningite ceroicale tuberculeuse ayant évalué avec les caractères cliniques analogues à ceux de la pachyméningite cervicale hypertrophique de M. Joffroy.
Cirrhose hypertrophique avec ictère.
{Soc. A,ml., 1881.)
Ce travail est une contribution à l’étude du type mis eu lumière par llanot. L’observation clinique et l’examen anatomique et histologique viennent conlirmer entièrement la descuptiou qu’il avait donnée.
Pouls lent permanent avec attaques épileptiformes et syncopales.
Le malade était albuminurique. A l’autopsie il y avait des lésions d’athérome généralise, de néphrite, de myocardite, mais les vaisseaux du bulbe ne présentaient pas de lésions athéromamateuses. Dans ce cas la théorie de l’ischémie bulbaire ne semble pasjustitiée, à moinsqu’il ne s’agisse d’une ischémie spasmodique.
Anévrysme volumineux de la crosse de l’aorte guéri par tiodure de potassium.
ISociCU médicale det Mpitaux.'ii «vril 1881.)
Anévrysme volumineux animé de battements et présentant un double souffle, La malade souffrait de violentes douleurs angineuses. l’as de traces apparentes de syphilis. Le traitement continué pendant deux ans consista dans la prise quotidienne do deux grammes d’iodure de potassium. Les douleurs s’amendèrent rapidement. Les mouvements d’expansion de la tumeur cessèrent et son volume diminua.
Trois ans plus tard la malade succomba, non aux son anévrysme, mais à une tuberculose vésicale.
: progrès de
Hémorrhagie péripancréatirjue, (En collaboration avec M. Griffon.)
[Rullelin du In Soàiti anaiomtiiue, 1893, cl Dui-ao I, Ihèsc do Paris, 1895.)
Nous avons observé un cas d’athérome localisé aux branches du tronc cœliaque, ayant abouti à la rupture vasculaire dans tout le territoire du pancréas, et à la formation d’hémorrhagies diffuses autour de la glande. Le tableau clinique avait été celui de la colique hépatique; on nota des selles décolorées, graisseuses : ce caractère, joint à l’absence de l’ictère, aurait pu faire soupçonner une lésion du pancréas.
Névralgies bilatérales et dilatation de l'estomac.
(En collaboration avec M. Le Noir.)
{Archh'e$ générales de. médecine, 1885.)
Dans ce travail, nous étudions les caractères des névralgies thoraciques qui surviennent chez les dyspeptiques atteints de dilatation de l’estomac. Bilatérales, elles ne sont que rarement symétriques. Elles jouent un rôle actif dans les douleurs des patients et sont confondues fréquemment avec des douleurs intestinales, et chez les dyspeptiques fébricitants elles peuvent faire craindre l’apparition d’une pleurésie.
Tuberculose spontanée du chien (septembre 1891).
(En collaboration avec M. Le Dantec.)
La tuberculose spontanée existe chez le chien, mais elle passe souvent inaperçue parce qu’elle revêt chez lui des apparences de lésions carcinomateuses ou cancéreuses. Nous avons cité l’observation d’un chien qui paraissait atteint à l’autopsie d’une tumeur cancéreuse. 11 a fallu pratiquer des inoculations et colorer les bacilles pour reconnaître la tuberculose.
Description accompagnée de dessins de l’Institut de Pettenkofer. Les méthodes d’enseignement et les programmes des cours faits aux médecins qui se destinent à devenir fonctionnaires du service sanitaire sont analysés longuement.
L’Institut d'hygïttne de Berlin.
Rapport adresse au mmisire de l’Instruction publique après la mission qui m’avait été donnée pour aller étudier la bactériologie au laboratoire de M. Kocb.
IJ Hôpital municipal de Berlin (en collaboration avec M. Clado).
Description accompagnée de planches et de dessins de ce nouvel hôpital dont l’installation matérielle était bien supérieure à celle des hôpitaux de Paris à cette époque.