Pseudo-tumeurs autour de corps étrangers
(Congrès français de chirurgie, 4® session, 1889.)
Je viens appeler l’attention pour un court instant, sur une catégorie de faits qui se présentent souvent comme une surprise de diagnostic. Je fais allusion à des tumeurs dont les caractères cliniques rappellent plus ou moins ceux des fibromes et sarcomes, qui se développent sans cause appréciable et au centre desquelles on trouve après ablation et examen immédiat, un corps étranger méconnu qui décide du diagnoslic et du pronoslic en même temps.
Trois fois déjà j’ai vu de ces cas. A leur occasion, j’ai entendu parler de faits semblables et j’ai pensé que leur publication pourrait ne pas être sans utilité pour élucider tel diagnostic d’interprétation difficile.
Il n’éntre aucunement dans mon idée d’apporter de nouvelles preuves de la tolérance de nos tissus. La monographie de Poulet (1) et la thèse du D' Weiss (de Nancy) (2) entre autres travaux, établissent que les tissus cellulaire et musculaire sont particulièrement hospitaliers, surtout envers les fragments de plomb. J’ai pu voir il y a quelques jours une fillette de quatre ans qui portait sous la peau du dos une aiguille assez longue, qui avait pénétré et séjournait à l’insu de l’enfant et de ses parents. Quand l’enkystement s’établit autour du corps étranger, il peut s’accompagner d’une prolifération conjonctive relativement considérable, aboutissant à la transformation fibreuse des tissus ambiants. D’où l’interprétation erronée du cas qui, en l’absence d’anamnestiques suffisants, fait dire : fibrome, quand il faudrait dire : corps étranger enkysté.