Le traitement des fractures
(Clin, chir., 1904, XI, p. 122.)
Dans cette leçon, cette très importante question n’est pas traitée absolument à fond. On y trouve seulement un résumé de mes opinions et un reflet de mes tendances.
Sur ce terrain, deux points arrêtent particulièrement l’attention: le massage, le traitement sanglant
Relativement à ces innovations, auxquelles il faut joindre le traite-
ment déambulatoire, j’ai écrit cette phrase : « La cause des novateurs est gagnée, à considérer les choses d’une façon générale; mais sur certains points les conservateurs gardent leurs positions. » Donc des restrictions sont nécessaires.
Le traitement déambulatoire des fractures dumembre inférieur, que j’ai introduit en France, est de la part de plusieurs chirurgiens l’objet d’un emploi courant (Voy. plus haut, p. 75).
Le massage ne peut être désapprouvé que dans ses applications intempestives et dans ses excès. Je le repousse, comme méthode presque exclusive, partout où son application est de nature à compromettre la forme normale des parties; et les circonstances sont plus nombreuses qu’on ne le dit où l’on n’a pas le droit de se désintéresser de la forme des parties. sous prétexte qu’il est impossible de corriger les déplacements.
Je pense aux fractures de l’avant-bras et de la clavicule, et aussi aux fractures de jambe. Les unes et les autres, les premières surtout, insuffisamment maitenues, trop fréquemment maniées et mobilisées, peuvent se consolider dans de mauvaises conditions de réduction et avec des difformités vilaines ou fâcheuses.
Il ne faut donc pas, en ce qui concerne les fractures des membres, tout en songeant à maintenir la mobilité articulaire, lui sacrifier le rétablissement aussi normal que possible de la forme des segments de membres brisés; mais c’est affaire d’attention et de soin.
Quant kla. suture des fragments dans les fracturesfermées, j’estime qu’ elle doit être encore considérée comme une pratique exceptionnelle, indiquée et légitime seulement dans les cas où il est absolument impossible d’obtenir une réduction sinon parfaite, du moins convenable, et surtout dans ceux où le déplacement d’un fragment constitue un danger pour un organe voisin, vaisseau, nerf, plèvre.
Aussi bien cette question est encore à l’étude et n’a pas encore reçu une solution absolument définitive.