RECHERCHES SUR LA CIRCULATION
Modifications de la circulation périphérique produites
rw.
I. — Rôle respectif du suc pancréatique et du suc intestinal. — Les Kinases.
La sécrétion physiologique du pancréas ne possède pas d’action digestive propre vis-à-vis de l’albumine [en collaboration avec A. Frouin] (C.R. Soc. de Biol., 11 juin 1902, t. LIV, p. 691, et C. II. Acad, des Sc., 16 juin 1902, t. CXXX1Y,
raire (C. R.^Soc. de ÆioL, 14 juin 1902, t. LIV,^. 693).
11. Sur l’action protéolytique des sucs pancréatiques de pilocarpine (C. B. Soc. de Biol., 12 juillet 1902, t. LIV, p. 890).
Dès mes premières recherches, j’attirais l’attention sur le parallélisme qui se manifeste quand on compare Y action conjuguée de la diastase inactive du suc pancréatique et de l’entérokinase et l’aclion conjugée de Y alexine et de la sensibilisatrice des sérums bacléricides ou cytotoxiques. « De part et d’autre, écrivais-je, on a affaire, en effet, à deux diastases inactives lorsqu’elles sont employées isolémenl, mais qu’il suffît de réunir pour obtenir, d'un côté, là digestion de l’albumine, de l’autre, la destruction des bactéries ou la dissolution des globules rouges. »
Diverses expériences montrent que ce rapprochement était justifié. Je rappellerai brièvement la suivante, en raison de son importance doctrinale :
3 de chien, fraîchement recueilli, et rigoureusement inactif vis-à-vis de l’ovalbuihine coagulée, n’exerce aucune action digestive sur les globules rouges de lapin. D’autre part, le suc intestinal — suc de chien obtenu par fistule de Thiry — se montre également dépourvu d’action (sauf qu’il agglutine fortement les globules), alors que le mélange, en proportions convenables, de suc pancréatique et de suc intestinal provoque une hémolyse rapide, suivie elle-même d’une digestion de l’hémoglobine caractérisée par la formation d’hématine.
Or, si l’on répète, avec les deux sucs, l’expérience fondamentale d’Ehrlich et Morgenroth sur la fixation de la substance sensibilisatrice et l’hémolyse des globules sensibilisés par le sérum neuf (alexine), on obtient les mêmes résultats : les globules, mis en contact préalable avec le suc intestinal, puis soigneusement lavés, se digèrent rapidement si on les transporte dans le suc pancréatique pur, alors que ceux qui ont élé soumis au traitement inverse, c’est-à-dire au contact préalable du suc pancréatique, ne subissent aucune modification s’ils sont transportés, après lavage, dans le suc intestinal.
L’entérokinase présente donc le caractère d'une véritable diastase fixatrice et paraît jouer, vis-à-vis du trypsinogène, le même rôle que la sensibilisatrice vis-à-vis de l’alexine. Si on emploie la terminologie d’Ehrlich, on est autorisé à dire que, dans le cas particulier tout au moins, la kinase se comporte comme un ambocepteur, et le trypsinogène comme un complément.
L’analogie se poursuit-elle plus loin et est-on en droit de penser que les mécanismes intimes, qui interviennent dans l’action des anticorps, ont leur modèle dans les processus, en apparence plus simples, de la digestion pancréatique? Tout porte à le supposer.
Soutenir, comme l’ont fait quelques auteurs, que le phénomène de l’activation du suc pancréatique par la kinase diffère essentiellement de l’activation d’une alexine par un ambocepteur, en se basant sur ce fait que, dans le premier cas il y a probablement réaction d'un des facteurs sur l’autre, alors que, dans le
H. — Activation du suc pancréatique par les sels de calcium. ;
1. Activation du suc pancréatique par les sels de calcium ( C. R. Acad. Sc.,
13 novembre 1903, t. CXLI, p. 781, et C. R. Soc. Biol., 18 novembre 1903, t. L1X, p. 476).
2. Sur le rôle des sels dans l’activation du suc pancréatique. Spécificité du
calcium (C. R. Soc. de Biol., 18 novembre 1903, t. LIX, p. 479, et C. R. Acad, des Sc., 27 novembre 1905, t. CXLI, p. 914).
3. Action des sels de calcium sur le suc pancréatique préalablement dialysé
(C. R. Soc. de Biol., 25 novembre 1903, t, LIX, p. 523).
4. Sur l’activation du suc pancréatique par les sels de calcium. Action antago¬
niste des sels de potassium (C. R. Soc. de Biol., 9 décembre 1905, t. LIX, p. 614).
5. L’activation du suc pancréatique par les sels et la spécificité du calcium (C. R.
Soc. deBiol, 23 juin 1906, t. LX, p. 1070).
6. The accélération of the action of the pancreatic juice by the salts of calcium
( The British Med. Journ., 22 décembre 1906, p. 1785). .
7. Influence de la nature physique des parois sur l’activation du suc pancréatique
par les sels de calcium {C. R. Acad, des Sc., 18 février 1907, t. CXLIV, p. 387);
8. Sur le caractère brusque de l’activation du suc pancréatique par les sels de
calcium ( C. R. Acad, des Sc., 4 mars 1907, t. CXLIV, p. 506).
9. Nouvelles observations sur la spécificité des sels de calcium dans la formation
de la trypsine [C. R. Soc. de Biol., 27 juillet 1907, t. LXIII, p. 274). : | |
10. Expériences relatives à l’activation du suc pancréatique par les sels de
calcium (6’. R. VII e Congrès inlern. de Physiol., Heidelberg, août 1907, in Arch. intern. de Physiol., t. V, fasc. 4, p. 92).
11. Action des rayons ultra-violets sur le suc pancréatique. Leur influence sur
l’activation du suc par l’entérokinase et les sels de calcium [en collaboration avec M. Lisbonne] (C. H. Acad, des Sc., 21 octobre 1912, t. CLV, p. 788)..
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Les sels de calcium possèdent, comme le suc intestinal, la propriété de conférer au suc pancréatique le pouvoir de digérer l’albumine. La découverte de ce phénomène, a laquelle j'ai été conduit par mes recherches antérieures sur l’inactivité des macérations pancréatiques fluorées, m’a permis d’établir un rapprochement tout à fait inattendu entre le rôle de la chaux dam les processus qui
le calcium (C. R. Soc. de Biol., 18 juillet 1907, t. LXIII, p. 98).
* la formation du lab pancréatique ; spécificité du calcium ( C. R. Soc de Biol., !0 juillet 1907, t. LXIII, p. 187).
écrétine, in vitro , n’est pas une hypothèse, mais un fait. Ce fait suffit, avons démontré, à rendre caduque la notion d’une prosécrétine.
de ganglions Biol, 12 juillet
6. Sur la présence de la sécrétine dans les macérations acides mésentériques [en collaboration avec A. Frouin] (C. R. Soc. de 1912, t. LIV, p. 896).
Des ganglions mésentériques de chien ou de porc, mis à macérer dans une solution de HCl à 4 p. 1.000, fournissent des filtrats doués de propriétés excitosécrétoires pour le pancréas. Cette action — bien moins marquée que celle des macérations acides d’intestin — ne se retrouve pas dans les extraits aqueux de ganglions. La substance active résiste à l’ébullition et se dissout dans l’alcool fort, comme la sécrétine intestinale.
son action inhibitrice vis-à-vis de la trypsine active — ne présente pas davantage de caractère de spécificité, contrairement à ce qu’avaient cru observer quelques auteurs. Kurt Meyer est arrivé récemment à la même conclusion.
; On réussit toujours à augmenter artificiellement l’action antikinasique du sérum normal par des injections répétées de .suc intestinal de chien à une autre espèce animale, au lapin, par exemple ; par contre, l’injection répétée de suc pancréatique inactif ne donne aucun résultat. Ces faits, que nous n’avions mentionnés que très brièvement, ont été retrouvés par Bayliss et Sterling, qui ont étudié dans le détail les propriétés de l’antikinase obtenue par immunisation.
dire telle qu’elle se présente dans les organismes vivants, non seulement offre à l’action de la trypsine une résistance maximale, mais encore possède, à un haut degré, la propriété d’entraver l’action digestive du ferment sur les matières albuminoïdes qu’une dénaturation préalable a pu rendre faciles à attaquer.
Partant de ce point de vue, il était intéressant de se demander si les matières albuminoïdes animales se comportent de la même manière lorsqu'elles sont mises en contact avec des ferments protéolytiques d'origine végétale. Pour répondre à