MOYENNE TENSION
I. -- Le tribut des professionnels. — Ce sont les professionnels de l’électricité (ingénieurs, contre-maîtres, monteurs) qui ont le plus à souffrir de l’action meurtrière de ces courants.
Les causes de ces accidents se répartissent en deux grandes catégories:
a) Fautes dues au personnel;
b) Causes inhérentes aux installations.
Les fautes dues au personnel sont à l’origine de la plupart des accidents qui surviennent surtout à l’occasion des tra-
vaux de réparation. Les motifs en sont variés: malentendus ou inobservation des instructions, imprudence, négligence, maladresse, inattention, impatience, bravades, accoutumance au danger, insouciance coupable, ignorance du danger.
Les causes inhérentes aux installations proviennent des imperfections des locaux (exiguïté, obscurité, humidité) ou de l’appareillage mal disposé ou insuffisamment protégé.
Les accidents par induction doivent être connus car ils ont déjà provoqué la mort d’ouvriers dans des conditions paraissant mystérieuses.
II. — Le tribut des profanes. — Au nombre des personnes étrangères à l’industrie électrique, victimes des courants de haute tension, mentionnons les garçonnets qui grimpent sur un pylône électrique, les individus qui jouent avec un cerf-volant retenu par un fil métallique lequel entre en contact avec une ligne électrique, ou qui touchent un fil téléphonique rompu et tombé sur un câhle à haute tension.
Les aviateurs connaissent bien les dangers d’incendie consécutif à un choc contre deux conducteurs électriques aériens.
Nous signalons encore un certain nombre de personnes électrocutées en urinant contre un pylône ou sur un fil électrique sous tension.
B) Les victimes des courants de basse tension
Ce chapitre a pris, dans notre travail, un grand développement en raison de la généralisation de l’emploi de ces courants et de l’ignorance habituelle de leurs dangers.
Nous avons constaté des électrocutions dans les usines aussi bien que dans îes habitations.
Les victimes dans les usines sont assez nombreuses. — Les lampes électriques mobiles, dites balladeuses, et les appareils électriques portatifs (perçeuses, foreuses, alléseuses) sont souvent en cause parce que les parties métalliques de ces appareils (douille, grillage, abat-jour, boitier, couvercle), qui normalement sont complètement isolées du
courant, se trouvent mises sous tension par suite d’un défaut de construction, de détérioration ou d’usure.
Ces électrocutions se produisent de la manière suivante: une main saisit la douille mal isolée d’une lampe portative tandis qu’une autre partie du sujet (mains, pieds) prend contact avec un corps bon conducteur (sol humide, tuyauterie, machine, chaudière).
C’est pourquoi la visite à la lampe halladeuse ou le nettoyage des chaudières ou des réservoirs est très dangereux.
Un cas personnel démontre que la lampe n a pas besoin d’être allumée pour tuer.
Les navires de guerre, les chantiers de construction, les grues, les ponts roulants sont le théâtre d’électrocutions.
IL — Les victimes dans les habitations. — Comme à l’usine, c’est la lampe mobile ou portative qui se montre surtout meurtrière par défaut d’isolement: le corps des victimes se trouve interposé entre la lampe sous tension et la terre par de bons contacts (humidité du sol, canalisation de gaz ou d’eau qui constituent de parfaits relais au sol).
Il s’en suit que les méfaits domestiques des lampes balladeuses s’observent surtout dans les cuisines, les caves, les buanderies, les garages, les étables, les jardins.
Mention spéciale doit être réservée aux salles de bains car les accidents, fréquents, se présentent de trois manières différentes: soit lorsque le baigneur, plongé dans l’eau, saisit un appareil électrique mal isolé (appareil de massage, radiateur, etc. ) : soit lorsqu’il tire sur un cordon métallique d’appel en communication forfuite avec un fil électrique, soit, enfin, lorsqu’il saisit le robinet d’eau froide dont le tuyau se trouve longé par la canalisation électrique en mauvais état d’isolement.
Il a été observé aussi des électrocutions dues, au cours des incendies, au contact accidentel d’un sujet, placé sur le sol humide, avec un fil électrique dénudé.
Il existe enfin des plaisanteries électriques mortelles qui montrent bien qu’il ne faut pas jouer avec des courants dont la fâcheuse réputation est d’être anodins.
C) Les accidents en série
Une place spéciale devait être faite aux accidents en série qui surviennent en même temps ou successivement et qui sont dûs à la même cause. Nous en rapportons un certain nombre d’exemples.