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STATISTIQUE DU SERVICE D’ACCOUCHEMENTS DE LA PITIÉ

POUR LES ANNÉES 1893 ET 1894 Annales de la Société obstétricale de France, 1895, p. 75.

Quand, en 1886, la création d’un service spécial d'accouchements à la Pitié, fut décidée, nous avons pris possession de ce service. Il n’existait alors d’affectée aux accouchements dans cet hôpital qu’une longue salle annexée à un service de médecine, salle où se trouvaient réunies les parturientes et les accouchées et deux petites chambres d’isolement. Il nous fallut donc, avec l’aide de l’Administration, transformer complètement et surtout agrandir ce qu’on avait appelé, jusqu’alors, un service d’accouchements. Malgré tous nos efforts, il est resté fatalement défectueux et par sa situation et par son aménagement.

Nous avons décrit le service tel que nous l’avons constitué, son organisation, son fonctionnement.

Nous avons également publié la statistique de celte Maternité d’abord de 1886 à 1892, puis de 1892 à 1894, c’est-à-dire, pour les neuf années pendant lesquelles nous en avons eu la direction.

un double danger de contagion, et la seule mesure à prendre pour l’éviter serait de placer les entants atteints d’ophtalmie dans un service spécial organisé pour les recevoir : cette mesure est d’ailleurs décidée en principe par l’administration de l’Assistance publique.

Il n’est donc entré au service d’isolement que 86 femmes malades.

Parmi ces 86 personnes, il y a lieu de distinguer deux catégories :

28 venaient de la Maternité; 4 sont mortes, 2 d’éclampsie, 1 d’intoxication mercurielle, 1 de septicémie. Ce chiffre correspond à 1 259 accouchements et avortements effectués dans le même laps de temps.

58 venaient du dehors ; 10 sont mortes de la septicémie.

La mortalité est donc bien plus élevée pour les femmes venues du dehors. Cela provient de ce qu’elles reçoivent des soins en général tardifs, tandis que celles qui tombent malades à la Maternité sont traitées immédiatement. Conclusion : les femmes infectées doivent être soignées rapidement.

Quoi qu’il en soit, sur les 86 femmes reçues au service d’isolement, il y a eu 11 morts par septicémie, c’est-à-dire une mortalité de 12,19 p. 100.

Or, dans les services généraux de l’hôpital Lariboisière, à la même époque, 40 femmes ont été admises, infectées à la suite d’accouchements ou d’avortements faits au dehors. Il en est mort 11 : mortalité, 21,5 p. 100.

En résumé, la mortalité des femmes atteintes d'infection puerpérale reçues et soignées dans nôtre service d’isolement a été de 12,79 p. ÎOO.

De la comparaison de ces chiffres il ressort que l'admission des femmes en couches infectées dans les services de médecine ou de chirurgie, c’est-à-dire dans un milieu défavorable, où elles sont privées de l'assistance spéciale qui leur est nécessaire, et où leur présence constitue en outre un danger, les expose à une mortalité qui est beaucoup plus grande que celle qu’on observe dans un service d’isolement, spécialement organisé pour les recevoir.

Il y a donc nécessité à créer un ou plusieurs services spéciaux, destinés aux femmes en couches du dehors qui présentent de l’infection puerpérale.

La discussion qui a suivi notre communication et à laquelle ont pris part les D" Sébillotte, Budin, Tarnier, Loviot, Charpentier, s’est étendue aux femmes enceintes atteintes d'affections contagieuses et aux femmes qui sont accouchées par les sages-femmes du Bureau de bienfaisance.

M. Budin a formulé au nom de la Société les vœux suivants :

1“ Que des services spéciaux soient créés à Paris pour recevoir les femmes en couches et les nouveau-nés infectés, ainsi que les femmes enceintes suppurantes ;

2° Que le service des sages-femmes du Bureau de bienfaisance soit soumis à une inspection.

Il a été prié par le Président d’appuyer ces vœux, comme membre du Conseil de surveillance auprès de qui de droit.

REVUES D’OBSTÉTRIQUE ET ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES Nous ne citerons que les suivantes :

4. — De la dilatation præfœtale de la vulve comme moyen de prévenir les déchirures du périnée, par L. Dumas (1883).

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