PRÉAMBULE
La matière de mon travail scientifique m’a été, pour la plus grande part, imposée par les circonstances. Depuis que j’ai connu les lourdes responsabilités en dirigeant de gros services hospitaliers, j’ai accepté de ne prendre pour sujet d’étude que les maladies que je devais soigner.
Je me suis seulement efforcé d’aborder des sujets en apparence fort divers avec le même esprit, et de les traiter avec les mêmes méthodes. M’interdisant de devenir le spécialiste d’un geste ou d’une idée, je n’ai pris à chacune des spécialités auxquelles j’ai dû toucher que les plus exactes et les plus importantes de ses notions particulières, pour les incorporer à des vues plus générales.
J’avais', pendant mon internat auprès de maîtres éminents, appris mon métier de clinicien. La direction du laboratoire d’une clinique chirurgicale m’avait ensuite familiarisé avec toutes les techniques de biologie qui servent dans la pratique quotidienne et, d’autre part, avait fortifié ma culture d’anatomiste.
Quand, après être resté pendant plus de quatre ans à l’écart de toute vie scientifique, je me retrouvai vers la fin de 1918 médecin d’hôpital, j’abordai l’étude des différents problèmes qui devaient tour à tour solliciter mon attention, en pathologiste auquel rien de ce qui touche k la médecine n’est étranger.
Mon but a toujours été, en employant des méthodes variables (et je suis resté souvent fidèle à la méthode anatomo-clinique) et en dégageant les grandes lignes de l’évolution des maladies, de situer exactement et de coordonner logiquement les phénomènes pathologiques.
Mais on voudra bien remarquer que, par le choix des sujets, par le souci constant d’aboutir à des règles de thérapeutique, j ai
toujours fait œuvre de médecin avec le désir d’asseoir l’aclion pratique sur des bases scientifiques inébranlables.
Dans cet exposé, que les circonstances m’ont obligé à faire court et d’où j’ai été contraint de retrancher toute la partie analytique, j’ai essayé de montrer dans quelle mesure mon effort, qui a été celui d’un laborieux homme de science, a réussi à découvrir du nouveau, à préciser des faits déjà acquis, à coordonner nos connaissances dans des conceptions plus claires et plus aisément utilisables, à apporter en un mot une contribution à l’édification d’une pathologie précise, simplifiée et harmonieuse, qui sera la pathologie scientifique de l’avenir.