II. — Traitement des phlébites en particulier
a. Phlébites infectieuses.
Traité de Thérapeutique de Robin.
Traitement des migraines.
Après avoir étudié les différentes formes de migraine, la migraine vulgaire, ophtalmique et ophtalmopUgique, je montre leur relation avec la névropathie, l’arthritisme, l’hystérie et récemment le syndrome angio-spasmodique.
' Je signale les cas rares où la migraine se rattache aux psychopathies, au tabes, ù la paralysie générale, à l’épilepsie.
Je discute la pathogénie de la migraine avant de passer en revue les agents médicamenteux.
Après avoir développé rapidement les causes banales, j’insiste surtout sur l'angiospasme et je fais valoir les arguments qui militent en faveur de la tliéorie du spasme artériel signalé par Eulenhurg, Parinaud, Antonelli.
Je relève dans les formules nombreuses du traitement de l’accès migraineux la première, qui m’est personnelle.
J’étudie longuement la médication prophylactique, l’hygiène, la diététique des migraineux, le traitement électro-thérapique et la psychothérapie.
La pratique de la viande crue.
En collaboration avec M. Bbaofcmé. Galette des Hipitaux, 29 novembre 1906.
La viande crue est ordonnée journellement comme médication, et il est indéniable que bon nombre de praticiens ne savent pas la prescrire. Ils trouveront ici une étude comparative entre les viandes de mouton, de cheval et de bœuf, les conditions dans lesquelles chacune d’elles doit être prescrite, les morceaux à recommander, les doses, la façon très minutieuse de la préparer et les divers moyens pratiques de la faire ingérer.
Cette communication contient le résultat des injections souscutanées mercurielles que j’ai eu l’occasion de pratiquer pendant mon séjour à l’hôpital de Lourcine.
Les incTOivénients des injections de composés mercuriels insolubles sont médiocres et négligeables (oxyde jaune). Les injections d’huile grise benzoïnée n’ont jamais provoqué do stomatite, jamais d’abcès, quelques infiltrats. Cette méthode a donné en général de bons résultats thérapeutiques, remarquables même dans quelques observations.
Il importe pour pratiquer des injections de produits insolubles de se servir d’aiguilles très longues pouvant traverser tout le panhicule adipeux souvent considérable chez certaines femmes, et atteindre l’épaisseur du muscle. Les lavages bi-qùotidiens de la bouche et des dents évitent la stomatite.
L’huile grise de Lange a présenté quelques inconvénients : elle . provoqué fréquemment des abcès et des infiltrats.
Comment faut-il traiter la migraine ?
Journal *s Praticiens, U décembre 1897, n« 50, p. 785.
La migraine a été traitée par les méthodes les plus diverses. Le nombre infini de médicaments qu’on prônait pour la guérison de
Il faut non seulement guérir l’accès de migraine mais aussi le prévenir.
Rien ne réussit aussi bien qu’une hygiène sévère : séjour à la campagne, exercice musculaire modéré, vie calme. Le régime alimeniaire sera dirigé en vue d’éviter les intoxications digestives; il sera surtout végétarien.
Associés à l’antipyrine se placent la caféine, l’acétanilide qu’il sera prudent de ne donner qu’à doses fragmentées.
La phénacétine compte des succès et elle est d’une toxicité presque nulle.
L’exalgine, souvent héroïque dans les névralgies trifaciales, est moins brillante contre la migraine.
Les Allemands font relever la migraine de deux causes ; l’angiospasme ou l’angioparalysie. Dans le premier cas, ils donnent la trinitrine, dans le second, l’ergot de seigle.
Le bleu de méthylène aurait aussi une action sur les formes angiospastiques.
Nous citerons encore la migrainine (mélange d’antipyrine et de caféine), l’aconitine, le guarana.
Les partisans de la théorie oculaire de la migraine emploient des mydriatiques ; l’extrait de Cannabis indica.
Traitement de la maladie d’Addison par les injections de capsules surrénales.
J’ai apporté à la Société de Thérapeutique deux observations de guérison de la maladie d’Addison par les injections d’extrait de capsules surrénales.
■ Dans la première observation, il s’agit d’un malade qui fut atteint d’une pleurésie tuberculeuse et d’une arthrite scapulohumérale gauche. Il fait un séjour do plusieurs mois au sanatorium d’Angicourt. Au sortir du sanatorium se développent chez lui des signes de la maladie d’Addison : pigmentation caractéristique de la peau et des muqueuses,- dyspnée, asthénie profonde, hypotension artérielle. Le malade présente des phénomènes de tuberculose pulmonaire. 11 se cachectise assez rapidement.
Les injections d’extrait de capsule surrénale sont commencées le 11 mars 1902. Avec ce traitement coïncide une amélioration progressive et une augmentation de poids.
Le deuxième malade présente comme signe de la maladie d’Addison, la pigmentation caractéristique de la peau et des muqueuses, l’asthénie, Tapatlue, la diarrhée chronique, les dou-
injection d’extrait de capsules surrénales, le malade s’améliore, augmente de poids, la peau se dépigmente bientôt. Seules la diarrhée et les crises douloureuses sont rebelles au traitement. L'asthénie disparaît, les muqueuses elles-mêmes perdent leur pigment. Six mois de traitement ont complètement transformé le malade, il peut être considéré comme définitivement guéri ; la diarrhée est le seul symptôme qui revient assez aisément.
Observation de cirrhose alcoolique guérie par Topothérapie hépatique.
Sociéti de Thérapeutique. Séance du 9 mars 1904.
Un homme de cinquante-cinq ans, alcoolique invétéré, présentait
Sous ri
mel l’état du malade ne se modifie pas.
Sous l’influence du régime lacté et de l’opothérapie hépatique les résultats sont surprenants. L’ascite régresse, l’œdème dispa-
raît, la circulation collatérale s’efface, les urines augmentent rapidement.
L’excrétion de l’urée passe en huit jours de quatre h dix-neuf grammes par vingt-quatre heures. Cette amélioration se confirme dans les semaines suivantes.
11 est à remarquer que dans les eas d’amélioration de la cirrhose hépatique par l’opothérapie, le premier signe qui l’annonce est l’augmentation de la quantité de l’urine et du taux de l’urée. -
A propos d’une communication sur le traitement du catarrhe suffocant par les abcès de fixation, par M. G.-H. Lemoine.
J’ai rapporté l’observation d’une femme atteinte de purpura infectieux. L’état de la femme paraissait désespéré. Après diverses médications je fis pratiquer des injections de sérum. A la suite d’une de ces injections, il se forma un énorme abcès de la cuisse droite qui fut long à guérir. Mais dès la formation de l’abcès l’état général de la maladie s’améliora rapidement ; le purpura s’effaça, les hémorrhagies cessèrent, le taux des urines s’éleva ; la malade guérit contre toutes prévisions. L’abcès était dû à la septicité du liquide mal préparé.
Intoxication larvée par l’oxyde de carbone.
Société de Thérapeutique. Séance du 8 mors 1905
Brouardel en 1896 a signalé les intoxications par les poêles fixes et les poêles mobiles. J’ai eu l’occasion d’observer des accidents insidieux, sournois, larvés dus è l’intoxication par l’oxyde de
Ces accidents consistent surtout en céphalées, vertiges, sensations de faiblesse, phénomènes d’angor pectoris, de scotome scintillant. La céphalée n’est pas tant une douleur de tête qu'une sensation de pesanteur. Tels sont les symptômes du début de l’intoxication.
Quand le malade est bien imprégné, il s’anémie et brusquement il est pris de douleurs extrêmement violentes dans nn membre,
le bras, la jambe, parfois successivement dans le nerf sciatique ou crural, le cubital. Il s’agit de névrites toxiques qui provoquent des troubles trophiques. Ces névrites sont transitoires.
Cette forme d’intoxication larvée que j’ai pu observer plusieurs fois était due au chauflage par calorirere à air chaud. Je suis convaincu que certaines anémies progressives, les pseudo-migraines, les vertiges, les névralgies ou névrites sans étiologie satisfaisante sont souvent dues à une intoxication lente par l’oxyde de carbone.