Sur le genou à ressort
(Mémoire in hnlklms et Mémoires de la Société de Chirurgie, i avril 1894, el Gatelle des hôpitaw:, avril 1894.)
Cette alTection du genou fort curieuse et non décrite consiste dans un brusque ressaut du genou vers la fin de l’extension. Le déclanchement douloureux de l’article ne s’observe que pendant la marche. Lorsqu’on imprime au genou malade des mouvements passifs de flexion et d’extension, lorsque le malade exécute ces mêmes mouvements, lentement ou brusquement, on ne le constate plus. Cette affection a dos conséquences graves au point de vue du fonctionnement du membre, La marche est incertaine, pénible, et possible seulement pendant quelques instants.
Interprétant, au point de vue pathogénique, le cas qu’il lui avait été donné d'examiner, le seul dont l’observation soit complète, M. Delorme exclut toute idée de subluxation du fémur ou des cartilages semi-lunaires. Après avoir fait ressortir les analogies symptomatiques du genou à ressort et du doigt à ressort, il attribue au premier un mécanisme semblable à celui du second. Dans le cas qu’il a eu à traiter, il se rattache, pour expliquer le ressaut, à l’idée d’un spasme fonctionnel, d’une déséquilibration des forces respectives des fléchisseurs et des extenseurs. Les fléchisseurs annihilent l’action antagoniste des extenseurs affaiblis, à un moment précis et toujours le même, du champ excussit du genou. C’est alors que la brusque reprise du mouvement d’extension produit le ressaut.
La disparition du phénomène lorsqu’on comprime la cuisse du côté malade avec une bande d’Esmarch et sa diminution lorsque, pendant la marche, on électrise le triceps, semblent affirmer la valeur de cette explication pathogénique.
Quelques considérations sur le traitement terminent cet original mémoire, qui fera date dans l’histoire du genou ii ressort.
18. Note sur une fracture du fémur par contact, par balle, à grandes esquilles; recherche rétrospective des signes de cette fracture.
L’observation de ce malade vient à l’appui de la classification des fractures par coup de feu qu’a établie M. Delorme. Elle montre que l’élargissement de l’os, si typique dans ce cas, et qu’on pourrait rattacher, à première vue, à un cal volumineux n’est dû qu’à un déplacement excentrique d’une grande esquille. Les saillies de cette esquille, jointes à l’élargissement osseux, permettent d’affirmer le diagnostic de fracture à grandes esquilles.
La déformation particulière de la balle et l’absence d’esquilles libres, primitives, servent à établir le diagnostic de fracture par contact.
Cette question du diagnostic, comme le fait remarquer M. Delorme, est capitale, car do lui découlent en partie les règles de la thérapeutique primitive et consécutive, de l’ablation des esquilles et des séquestres. Comme les signes de ce diagnostic qu’a indiqués M. Delorme sont peu connus et mis en doute par certains, le contrôle apporté dans ce cas par l’examen des membres de la Société de Chirurgie donne un réel intérêt à cette observation.