NEUROLOGIE ET PSYCHIATRIE
Sur un cas d’aphasie amnésique (en collaboration avec Vikes). — Revue neurologique , 15 juin 1900 : communiquée à la Société neurologique par M. Souques.
, Il s’agit dans ce travail d’un malade hémiplégique et aphasique, fils d’un père dément et frère d’une hémiplégique.
Le malade nous avait intéressé à deux points de vue :
1° Comme exemple assez remarquable d’hérédité cérébrale organique;
Pitres dans ses «Leçons de 1898» commes C P rapportant h l'aphasie amnésique, spécialement à l’aphasie dysmnésiqued’évocation, dont lesubstratum anatomique résiderait dans une oblitération partielle des voies sensorio-psychiques.
fonction du langage :
devant lui, notre aphasique pouvait, d’autre part, articuler d’une façon parfaite les mots qu’on le priait de répéter. Quand on l’aidait à retrouver le nom d’un objet, en lui soufflant, par exemple la première syllabe,
mot juste, pouvant le répéter au bout d’un temps très court, mais bieri- II proférait, à l’ordinaire, des lambeaux de phrases complétés par des
çon continue a la conscience, .iforcent Centrée de la méraoiretmémes subterfuges (feuilles de papier, etc.) pouf suppléer artificiellement ; les souvenirs absents. D’autre part, l'amnésie rétrograde est, croyons-nous,
: des plus considérables qui oient été observées jjusqu'icejour. Nous
nombreuses anesthésies que nous avons étudiées et de les expliquer ne. perçoit plus que des sensations faibles, diminuées, dissociées, peu
derniers travaux. . ■ : ^ ^!
Recherches sur les fonctions hépatiques et rénales dans les psychoses (avec E. Cabannes).— Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologique, septembre 1906.
Dans les recherches de cet ordre, on n’a pas toujours pris soin, comme l’indique Gilbert Ballet, de ne grouper ensemble, pour les comparer, que des cas cliniquement identiques, d’où il est résulté une géné-
quette diagnostique, des caractères urologiques notés chez quelques-uns.
350 à 380 malades, nous avons procédé avec les précautions suivantes :
Nous avons choisi très minutieusement nos. malades. Nous avons tout d’abord éliminé les cas à délire chronique, comme émancipés, en quelque sorte, des troubles toxiques ou auto-toxiques, et les malades porteuses de lésions organiques du système nerveux. Nous avons éliminé
posées, sans doute, avaient mené, jusqu’à l’éclosion de leur psychose, f une vie psychique à peu près normale, et qui avaient brusquement 1
central. Chez ces malades le facteur humoral devait indiscutablement
mentaux. De ce groupe de malades s’excluaient encore les maniaques, à cause des difficultés matérielles que l’on éprouve à soumettre des malades trop surexcitées ou agitées, aux différentes recherches que nous
tes à des degrés divers de tristesse, d’angoisse, d’embrouillement intellectuel, d’hallucinations, de troubles psychiques variés.
A toutes nous avons fait subir les épreuves au moyen desquelles la clinique contemporaine prétend explorer les fonctions hépatiques et rénales : épreuve de l’élimination provoquée du bleu de méthylène, de la glycosurie alimentaire, de la toxicité urinaire, dosage de l’azote sous forme d’urée, recherche de l’urobiline, etc.
Pendant toute la durée des épreuves leur régime alimentaire n’a rien
présenté de particulier : la quantité d’aliments notamment a été maintenue à un taux plus que suffisant.
de Bouchard, en faisant toujours pratiquer, sous notre contrôle, l’injection au lapin par le même opérateur, l’infirmier major du service. Cet opérateur, en môme temps, a établi la toxicité normale sur trois femmes, et entre ses mains, l’urotoxie normale s’est montrée de 86 cen-
Voici le résumé de nos observations, prélevé chacun sur le volumifesseur Mairet.
Obs. I. — Confusion mentale des plus nettes avec ses deux éléments les plus habituels et constitutifs, embrouillement intellectuel et perversions sensorielles. On n’a jamais noté ni tristesse, ni rien qui rappelle la mélancolie soit dans le délire, soit dans les actes.
Insuffisance hépatique avec ictère, troubles digestifs; somnolence. Syndrome de Hanot à peu près complet : hypoazoturie, glycosurie alimentaire, présence de l’urobiline et de l’indican. Mais hypotoxicité urinaire manifeste.
Elimination polycyclique du bleu.
Obs. II. — Mélange à parties égales des symptômes de la [mélancolie anxieuse et de la confusion mentale hallucinatoire.
Quelques signes urinaires d’insuffisance hépatique symptomatiquement silencieuse : traces d’urobiline, glycosurie alimentaire faible, dimi nùtion du.taux de l’urée. Mais hypotoxicité urinaire.
Elimination lente du bleu avec inégalités nombreuses.
Obs. III. — Tristesse active avec angoisse très vive. Embrouillement intellectuel peu marqué.
Peu ou pas de signes d’insuffisance hépatique. Hypotoxicité colossale. Elimination polycyclique du bleu.
Obs. IV. - Lypémanie anxieuse associée à un certain degré d’em-
Peu de signes urinaires. Rapidité de l’élimination du bleu qui se montre néanmoins encore polycyclique.
Obs.. Y. — Lypémanie délirante ancienne.
Glycosurie alimentaire faible, urobiline, abaissement. du taux de. l’urée. Hypotoxicité; élimination polycyclique du bleu.. ;
Obs. ; YI. — Tableau complet : de la confusion mentale avec hallùcinations.^Mcun signe d'insuffisance hépatique. Hypotoxicité. Elimination du bleu longue et fractionnée;
Obs. YII. - Insuffisance hépatique manifeste.
Délire de rêve nettement hallucinatoire.
Obs. VIII. — Signes à peu près au complet de l'insuffisance hépa-
Lypémanie délirante passée à l’état chronique.
Intermittences dans l’élimination du bleu. Hypoto: Obs. IX. — Hystérie simulant la lypémanie. Le sy: repose sur des troubles, très-nets de la nutrition, n insuffisance manifeste de la cellule hépatique.
est difficile.de rattacher.à un trouble défini de la nutrition telle ou tellepsycho-névrose connue et classée.
Nous ne saurions souscrire à l’opinion de Gilbert, Lereboullet et Qollolian, qui veulent voir dans la cholémie l’origine nécessaire- du syndrome mélancolique. Sans doute l’une de nos malades (Obs. V) présente une lypémanie délirante chronique en présence du tableau à peù près
complet de l’insuffisance hépatique auquel nous devons ajouter la coloration ictérique des conjonctives, apparue ces jours derniers..La lÿpèf manie est d’ailleurs pure de tout symptôme de confusion mentale.
Mais nous voyons chez telle -autre malade (Obs. i) la tristesse faire : entièrement défaut dans un cas où le foie se montre réellement le primum movens des troubles psychiques. Nous inclinerions plutôt, si nous avions à indiquer un rapport entre le symptôme mental et le trouble nutritif, à rattacher l’insuffisance hépatique à la confusion mentale, comme d’ailleurs l’ont fait la plupart des auteurs, Klippel, Gharrin, Lévi, etc. En effet, dans aucun de nos cas purement lypérnaniaque, à l’exception d’un seul, nous n’avons relevé les signes caractéristiques
Chez toiites nos malades, lypémaniaques ou confuses, la toxicité s’est
tants des divers auteurs, Ballet, Roubinowich, etc., et, dans ce laboratoire même, Mairet et Bosc. Mais il convient d’indiquer que la plupart de nos malades présentaient de l’inquiétude et que le taux de leurs urines, excédé; généralement la normale. D’où il nous a paru qu’il fallait se garder de généraliser un stigmate urinaire à l’ensemble d’une maladie mentale et qu’il importait surtout d’en rechercher la signification dans
Enfin, l’élimination provoquée du bleu de méthylène s’est montrée longue souvent, courte parfois, polycyclique toujours. Il nous semble excessif d’admettre que toutes nos malades -soient des rénales vraies.;
présenté d’accidents pouvant rappeler l’urémie dans ses formes les plus atténuées. Il semble bien qu’il faille, en pareil cas, penser à l’élimination prérénale, circulatoire ou tissulaire, étudiée par Feuillée et Cas-
Quoi qu’il et
î son interprétation, ce signe de l’élimination
de la-cellule hépatique et des fonctions rénales, nous arrivons aux conclusions suivantes.
iie thérapeutique rationnelle ;
i» Les fonctions d'élimination sont perverties, sans qu nè façon certaine, incriminer l’état de la cellule rénale.
absolument avérée, ce qui a réduit à moins de cent le nombre des malades sur lequels, en fin de compte, a porté notre statistique. ; fjW Sur cè nombre, exclusion faite des alcooliques, et des délirants chroniques, il nous est resté des malades présentant ou ayant présenté des
Sur un cas de myoclonie de la région sus hyoïdienne consécutive à une angine (pour paraître dans la Revue neurologique).
Il s’agit de secousses de toute la région sus-hyoïdienne, survenant par accès.
La première manifestation eut lieu après guérison d’une angine. Les accès s’accompagnaient de sensation de gêne au fond de la gorge. La déglutition les faisait cesser.
Guérison obtenue par badigeonnages cocaïnés du pharynx. Les accès qui se montraient plusieurs fois par jour, ont graduellement et com-
feëhér'àlisé;
' Obs: 111. — Antécédents héréditaires inconnus ; tuberculose; pültùfe flaira'et arthritisme ; trêve dans l'évolution des lésions. ' 11 " 1 ç'iÉ Obs. IV. — Antécédents héréditaires arthritiques et tuberculeUA; tuberculose 'pulmonaire a évolution lente et à temps d'arrêt; » "•> «j 1 'Obs. V: — Arthritisme : tuberculose pulmonaire ; arrêt è'ontylet'ticfc
Obs. VI. — Alcoolisme et arthritismepersonnels; arrêts dÀns révolution tuberculeuse : mort par congestion 1 pulmonaiVe : autopsie mort-
■ Obs. VII. — Arthritisme paternel : tuberculose collatérale ; tuberpulmoqaires, ... .
Suit l'examen des deux théories mises en avant pour l’explication de
A) La théorie anatomique, qui fait jouer un rôle exclusif âûxïésions loqales, notamment à l'emphysème, a la sclérose, à l'œdème,pulmonaire, dans,l’arrêt des lésions tuberculeuses iJty.La, théorie, humorale, qui recherche la cause de. l’aptagonismp uniquement dans les modifications. chimiques des humeurs, dans, tes différences.de composition des divers.milieux organiques. . ....
,C,ette:notion de,l'an>agon.isjne, .entre la tuberculpsea-et l'.ar%itismp,ii depuis, la da.te.de. nptr.e thèse,, passablement, perdu, de son crédit. On e démontré qup pas tuai.de manifestations réputées arthritiques, étaient
pulmonaire : tel le rhumatisme tuherculeux de Poucet. Il n on reste pas moins, vrai que l'arthritisme avec .ses. congestions,avec la tpndanco.è réa T User.des lésions de spléropp et d’emphysème, imprime un. cachet particulier à l’évolution delà tuberculose, et que son action se montre, dans biens des cas, atténuative et retardante. Nous ne saurions.oublierj’pbsçryati.on d’,un tuherpuJeux ayec emphysème, que .nous avons vu mourir A l’hôpital général de Montpellier, à l’âge de 83 ans et qui depuis sMOé.aunée était un tuberculeux avéré.
, „Vers,le.fin dc.l.apce«dère.«\oitié.d.u xix" siècle, surtpnt,pendantdqtM ou trois ans, de 184» à 1843, la question de l’antagonisme ntqrhi.de. fut iihsoinment à l’ordre du. jour. La question fut soulevée A prppos .de. faits cliniques .diordre particulier, des faits d’antagonisme plus, ou .iqoii»,constatés, entre les .lièvres palustres d’une part et la lièvre, .typhoïde et la, tuberculose pulmonaire d’autre part, Nous avons.groupé dans .un. chapitre les principaux,faits d’aqtagonisme morbide qpi oohété relatés ou discutés par les cliniciens: :
...C’est Boudin .qui fut l’initiateur ,du mouvement qtii s,e produisitalors. C’est lui.qui.fut le champion je plus, convaincu et le plus, ardent:dé l’idée d’antagonisme entre l’impaludisme et la fièvre typhoïde. Il , en-
place également à côté de ceux qui ont écrit sur l'immunité phtisique et sur la marche ralentie de la tuberculose, tous ceux qui ont attaché |eqr nom à l’étude de l’influence de la vaccine sur la variole, des fièvres éruptives les unes sur les autres, des épidémies sur les maladies habituelles,
l’antagonisme de l’état puerpéral et de la fièvre typhoïde (Chomel), du cancer et de la tuberculose (Rokitansky), du scorbut et du typhus (Bou-? din), deTimpaludisme et de la variole (Galvert), de la variole et de la
peste, de la phtisie et des fièvres éruptives (Barthès), de la chlorose.et 3e la phtisie (Trousseau, Pidoux), de la syphilis et du choléra (Espagne) ; prennent place enfin les bactériologistes modernes qui ont étudié
La question de l’antagonisme morbide n’est d’ailleurs pas neuve. Elle correspond à tout un ordre d’idées aussi, anciennes que la médecine
Notre travail signale pour mémoire l’antagonisme étiologique de Boudiu, de Fuster, l’antagonisme symptomatique de Mouneret, les.wdtastases que certains ont retenus comme des faits d'antagonisme,, enfin
observations’ de Pasteur, Koch, Garré,: Emmerich, • Waston-Gheyne, Pawlowsky, Pavane, Zagari, Fehleisen, Kitasato et Grüber, Dahle, Frendenreich, et surtout les expériences de Charrin et Guignard sur i#
bacille pyocyomique et la bactéridie charbonneuse, riothérapie de Bouchard, Cantani, Woodheat.et Ci
travaux de 'Buchner, Roger, Blagovestchenskv, MM. Roux et Martin.
artwight Wood, les le Mctschnikoffj ,d,e
sans un certain engouement, qu’elle s’ouvre aux sciences exactes, et cet empressement rend compte du besoin qu’elle éprouvait de réagir contre les excès de Yà priorisme ancien. Mais la psycho-physique n’a encore atteint que les manifestations psychiqpqs Ipq plus simples et les plus inférieures, et nous ne pouvons encore, dans l'étude des fonctions élevées de l’intelligence, qu’aborder les faits dans leur complexité naturelle, au moyen de l’observation minutieuse in vivo des cas particuliers, et par le rapprochement entre eux des résultats de nos observations diverses.
A cette méthode, il appartient de nous mettre en garde, et contre les divagations parfois séduisantes d’une philosophie sans fondements,''et contre des conclusions trop hâtives sur les données du laboratoirè.*"'- i L’œuvre de Lélut, dans ses résultats remarquables et dans ses défectuosités même, nous est un grand exemple et un précieux enseigne,ment. Elle nous montre qu’â la seule lumière de la clinique" uniesprit philosophique a pu devancer les conclusions les plus modernes de la psychologie, dans un temps où les études de cet ordre étaient peu en honneur et où, par conséquent, il devait ne rien attendre que 'de sa propre'initiative.