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Sur les premiers développements des ganglions lympha

tiques {Ibid., 1900, p. 281).

124.- — Structure et évolution des ganglions lymphatiques du cobaye [Ibid., 1900, p. 334).

123, — Développement et structure des ganglions lymphatiques du cobaye (XIII’Cowj/rès international de médecine, Paris, 1900, Section d’IIistologie et d'EmbryoIogie).

126. — Recherches expérimentales sur l’élaboration d'hématies par les ganglions lymphatiques (C. H. de la Société de Biologie, 1900, p. 1123).

127. — Recherches expérimentales sur les ganglions lymphatiques pour montrer qu’ils fabriquent, outre le plasma et les globules blancs, des globules rouges qui sont emportés par le courant lymphatique (C. R. de l’Association des Anatomistes, 3° Session, Lyon 1901).

128. — Des conditions expérimentales qui modiflent la forme et la

■ valeur des hématies élaborées par les ganglions lymphatiques

(C. R. de la Société de Biologie, 1901, p. 767).

129. — De l’origine et de l’évolution des hématies et des leucocytes

des ganglions lymphatiques (Ibid., 1901, p. 769).

130. — Structure, développement et fonctions des ganglions lymphatiques, mémoire accompagne de 4 planches doubles (Journal de l’Anatomie et de la Physiologie, 1901, p. 473).

131. — Sur les circonstances dans lesquelles on obtient la disparition des hématies du ganglion lymphatique ou leur stase dans les sinus de l’organe (glande hémolymphatique) (C. R. de la Société de Biologie, 1902, p. 33).

132. — Sur les modifications que détermine l’abstinence dans les

ganglions lymphatiques (Ibid., 1902, p. 101).

133. — Structure et fonctions des ganglions lymphatiques dans

l’espèce humaine (Ibid., 1902, p. 103).

134. — Réaction du ganglion lymphatique à la suite d’irritations

cutanées (Ibid., 1902, p. 31b).

A. Développemenl. — En fixant à l’état frais le pli de Vaine -des

embryons et des foetus de cobaye et en le débitant en coupes

sériées, j’ai pu, après coloration convenable, étudier tous les stades du développement du ganglion lymphatique. Sur les jeunes embryons, il n’existe dans cette région que du tissu réticulé à mailles pleines ou vides d'hyaloplasma. Plus tard, au lieu d’élection du futur ganglion et au voisinage des vaisseaux sanguins et lymphatiques de la région, l’hyaloplasma du tissu réticulé à mailles pleines se fluidifie et disparaît sur le pourtour d’une région limitée de tissu réticulé plein. Autrement dit, il se forme un plexus de vaisseaux lymphatiques circonscrivant un territoire de tissu réticulé plein ; telle est la première ébauche ganglionnaire.

C’est dans cette ébauche que vont se produire des centres de tissu conjonctif primordial : en des points séparés, mais voisins des plexus périphériques, le noyau et la zone périnucléaire des cellules se divisent par karyokinèse et produisent deux cellules à cytoplasma commun. Par divisions successives, ces dernières donnent naissance à des amas de protoplasma commun et à nombreux noyaux.

Le ganglion embryonnaire se compose ainsi : d’un plexus lymphatique périphérique ou sinus périphérique qui entoure un territoire de tissu réticulé dont les mailles sont, pour la plupart, pleines d’hyaloplasma; quelques-unes sont vides et communiquent avec le sinus périphéi’ique. A la limite du sinus périphérique et du tissu réticulé se sont formés, de distance en distance, des amas de protoplasma commun (tissu conjonctif primordial constituant les centres clairs ou germinatifs).

Deux processus inverses, l’un d’édification, l’autre de destruction, marchent de front etse poursuivront, dès lors, dans le ganglion dont ils changeront l’aspect et la configuration générale. Dans les centres clairs (cytoplasma commun), une prolifération cellulaire des plus actives fournira constamment de nouvelles masses cellulaires ; à la périphérie de ces centres, le protoplasma se différencie en réticulum chromophile et en hyaloplasma. C’est ainsi que se produisent les formations connues sous le nom de nodules ou follicules lijmphatiques. Chacun de ces follicules est formé d’un centre clair ou germinatif (cytoplasma commun) et d’une coque périphérique (tissu réticulé plein).

A côté de ces processus d’édification cellulaire, il se passe

(1 autres phénomènes qu’on peut désigner sous le nom de phénomènes de destruction ou mieux de fonte et de transformation protoplasmiques. En effet, dans l'intervalle des nodules lymphatiques et surtout sur la face qui correspond au hile de l’organe, l’hyaloplasma du tissu plein disparait par liquéfaction. 11 en résulte la formation d’espaces vides, cloisonnés encore par les restes protoplasmiques qui persistent autour des noyaux et constituent un réseau cellulaire à prolongements anastomosés. Tel est le processus de la cavernisation qui se réduit en somme à la transformation du tissu réticulé plein en tissu réticulé à mailles vides. Ce processus met le sinus périphérique en communication avec les parties centrales du ganglion et il étend d’autant le champ des voies lymphatiques. Par suite de la disparition de l’hyaloplasma, certains filaments chromophiles sont également atteints par le phénomène de liquéfaction, de sorte que le noyau et le restant du corps protoplasmique perdent toute connexion avec le complexus cellulaire; ils deviennent libres pour donner naissance à un globule blanc. Ce n’est pas tout : dans le ganglion embryonnaire, on assiste déjà à des phénomènes de transformation cellulaire qui aboutissent à la genèse d'hématies (V. plus loin) et qui expliquent la présence de globules rouges à noyau et sans noyau dans les âinus du tissu ganglionnaire.

En un mot, le ganglion jeune qst composé de tissu conjonctif qui se trouve à trois stades d’évolution différente. On y observe des amas ou nodules (follicules) dont la portion centrale est à l’état de cytoplasma commun à nombreux noyaux [tissu conjonctif primordial ou centre germinatif) et dont la périphérie est au stade de tissu réticulé à mailles pleines d’hyaloplasma. Sur le pourtour de ces follicules, l’hyaloplasma subit la fonte. De cette fonte résulte le tissu réticulé à mailles vides. C’est ainsi que prend naissance le réseau cellulaire séparé par des espaces caverneux.

B. Structure du ganglion adulte. — Le ganglion adulte a partout la même structure fondamentale ; les différences ne portent que sur la charpente. Chez le cobaye, c’est un sinus périphérique entourant presque partout une couronne de nodules lymphatiques. Par places, les nodules lympbatiques, confinent directement à la capsule. De la

face interne des nodules partent des prolongements de tissu réticulé [cordons médullaires) qüi se dirigent vers lé hile et s’y anastomosent. Ils sont séparés, et reliés les uns aux autres, par du tissu réticulé à mailles vides {sinus caverneux ou centraux).

Au point de vue de l’évolution ou de la différenciation du tissu réticulé, on notera quelques différences.

Au début, le tissu réticulé se compose de cellules à prolongements protoplasmiques anastomosés entre eux. Ces prolongements protoplasmiques sont formés par des fds chromophiles entourés d'un manchon d’hyaloplasma. Plus tard, les fds chromophiles se transforment en substance élastique : telle est l’origine du réseau élastique qui atteint, dans les ganglions du cobaye, un développement si considérable.

Chez les autres mammifères chien, chat, cheval, mouton,

porc, homme), les nodules ou follicules et les cordons médullaires offrent la môme structure que chez le cobaye, et l'évolution du tissu conjonctif est identique en ce qui concerne le développement des sinus et des éléments libres. La seule différence consiste dans l’apparition de cloisons conjonctives qui semblent partir de la capsule périphérique, et traversent le ganglion en tous sens.

Il est important de bien saisir le mode de dévéloppement de ces cloisons conjonctives, parce que les classiques regardent ces cloisons comme l’origine des prolongements ou fibrilles protoplasmiques du réticulum. Les choses se passent tout autrement. Au lieu de cloisons, on observe, sur les jeunes animaux, des traînées de tissu conjonctif, identiques au tissu des nodules; mais, loin de subir la fonte, l’hyaloplasma se condense et prend l’aspect de fibrilles parallèles et onduleuses (^én//es conjonctives ou cottçigènes). Les cellules qui limitent immédiatement la capsule ou les cloisons subissent une évolution différente : la région du corps cellulaire qui confine à la cloison élabore des fibrilles conjonctives; la partie du protoplasma qui regarde le sinus perd, par fonte, son hyaloplasma, tandis que persistent son protoplasma et ses prologements chromophiles. C’est ce protoplasma, libre du côté du sinus, qui se laisse imprégner par le nitrate d’argent et figure un endothélium.

En résumé, les ganglions lymphatiques des mammifères sont

formés d'un tissu conjonctif qui se trouve à des stades d’évolution variables selon les points considérés : 1° dans la capsule et les cloisons, on trouve des faisceaux de fibrilles collagènes; 2° dans les cordons médullaires et les travées inter folliculaires, on observe du tissu réticulé à mailles en parties pleines, en parties vides ; 3° dans les sinus périphériques et caverneux, il existe du tissu réticulé à mailles vides ; hl' deux?, les portions centrales des follicules, c’est du tissu conjonctif primordial (cytoplasma commun à nombreux noyaux).

G) Fonctions des ganglions lymphatiques. — Aux yeux des classiques, le ganglion lymphatique ne serait qu’une sorte de lacis spongieux dont les mailles seraient remplies de cellules libres ou globules blancs. Du degré de tassement des globules blancs dépendrait la conformation différente des parties du ganglion. L’origine des globules blancs serait tout autre que celle de la charpente ; les leucocytes se rendraient dans le ganglion pour y trouver un refuge favorable à leur multiplication. De plus, les ganglions ne fourniraient que des globules blancs qu’emportent les lymphatiques efférents.

Depuis 1896, mes observations m’ont porté à considérer le globule blanc comme un reste cellulaire, devenu libre par la perte d’une portion de son protoplasma (Voir n“ 84). L’étude embryologique et histologique des ganglions m’a confirmé dans cette opinion. De plus, j’ai noté, dans la plupart de mes préparations, en plein sinus caverneux et périphérique, la présence de nombreuses hématies.

Pour vérifier le bien-fondé de mes observations, j’eus recours à l’expérimentation.

Afin de retenir et d’accumuler dans les tissus du ganglion les produits et lês éléments élaborés par cet organe, je pratiquai sur l’animal vivant, sans'chloroformisation, la ligature du tronc efférent, à plusieurs centimètres en aval du ganglion. J’expérimentai sur la région cervicale du chien, du lapin ou du cobaye où il est facile de lier les troncs lymphatiques cervicaux, profonds et superficiels. Peu de temps après la ligature, les ganglions deviennent roses ou rouges; en les sectionnant, on voit que, dans, toute

leur étendue, ils sont gorgés de lymphe, de leucocytes et d’hématies. A l’aide d’une technique convenable, on s’assure que la présence des hématies, dans les sinus périphérique et caverneux, n’est due ni à la congestion des vaisseaux sanguins du ganglion, ni à la rupture des capillaires sanguins, ni à la diapédèse des globules rouges.

L’étude des coupes sériées permet de suivre toutes les phases par lesquelles passent certains éléments pour se transformer soit en leucocytes, soit en hématies. En comparant, sur les animaux normaux, les ganglions du côté ligaturé et du côté sain, on vérifie aisément ce fait que le globule blanc ou lymphocyte prend naissance par fonte progressive d’une partie du protoplasma des éléments cellulaires réunis en tissu ; le globule blanc est une cellule incomplète ou tronquée.

Quant à Vhématie sans noyau, elle se produit par fonte totale du corps cellulaire et par dégénérescence hémoglobique du noyau cellulaire lui-mème. Si l’on emploie une technique appropriée, il est facile de suivre, sur les coupes sériées, toutes les phases de la fonte protoplasmique et de la dégénérescence nucléaire qui président à la formation du plasma et à la genèse des hématies. Dans les cellules encore réunies en tissu, on assiste à la liquéfaction de l’hyaloplasma et à la transformation de la chromatine nucléaire en hémoglobine. Alors que les éléments producteurs sont encore en place, on voit que l’hématie sans noyau provient du seul noyau. L’hématie sans noyau n’a donc point la valeur d’une cellule ; elle correspond au noyau transformé d’une cellule.

En variant les conditions de nutrition de l’animal, on peut faire produire au ganglion des leucocytes et des hématies de forme et de valeur cellulaires toutes différentes. Cette conclusion résulte de l’emploi des saignées méthodiques : je fis subir aux animaux des spoliations sanguines telles que, dans l’espace de vingt-quatre ou quarante-huit heures, les animaux perdirent une quantité de sang équivalente à la masse initiale. Je plaçai ainsi tous les animaux dans les mêmes conditions physiologiques et je les sacrifiai ensuite à des périodes plus ou moins éloignées de la dernière saignée. La ligature du tronc efférent me permit toujours d’isole.r les.

éléments produits par le ganglion et d’éliminer les éléments étrangers.

Après les spoliations sanguines, le tissu du ganglion élabore, outre les lymphocytes, des leucocytes à gros corps cellulaire, des leucocytes à noyau troué, dès leucocytes polymorphes, etc. En un mot, en modifiant, par la saignée, la circulation lymphatique et les conditions de nutrition générale, on détermine dans un seul et même organe la formation de toutes les variétés de leucocytes. A l’état normal, le protoplasma du tissu subit la fonte avant que le noyau ne se modifie et l’élément libre prend la constitution d’un lymphocyte; après les saignées copieuses, le noyau change de forme ou se fragmente avant que le corps cellulaire ne se soit détaché du complexus général, et, quand il devient libre, il possède encore un corps cellulaire assez volumineux (gros leucocytes et leucocytes à noyau polymorphe).

Les saignées méthodiques ont une influence non moins manifeste sur la dégénérescence hémoglobique du tissu du ganglion. En produisant une anémie intense, on voit se former et apparaître dans le ganglion toutes les formes d'hématies qu’on observe chez les divers vertébrés : le protoplasma de certaines cellules, encore réunies en tissu, se transforme en hémoglobine ; si cet élément à corps hémoglobique et à noyau encore chromatique, se détache du complexus, il est l’analogue d’un globule rouge d’ovipare ou d’embryon de mammifère. C’est là une cellule à corps cellulaire hémoglobique et à noyau chromatique. Cette cellule correspond aux mégalohlastes et aux gigantoblastes des pathologistes.

Si le protoplasma de la cellule originelle disparait par fonte, sans que le noyau n’ait pas encore subi la transformation hémoglobique dans toute sa masse, on a des petites hématies contenant encore un ou deux grains chromatiques. De telles hématies correspondent aux normoblastes des auteurs.

Enfin on observe, dans les ganglions, après les saignées, des hématies déformées [potldlocytes)-, elles sont nombreuses, parce que les déperditions sangu.ines, suivies d’une alimentation abondante, ont pour effet d’amener, dans le tissu du ganglion, la formation de noyaux volumineux, irréguliers, riches en nucléoplasma. En

subissant la transformation hémoglobique et en devenant libres, ces noyaux donnent naissance aux hématies déformées.

Enfin, pour ce qui est des hématies naines, ce sont, à mon avis, des fragments d’hémoglobine provenant de la désagrégation rapide du corps cellulaire ou du noyau devenus hémoglobiques.

Après avoir étudié l’histogenèse de ces éléments sur les coupes du ganglion, j’ai contrôlé leur présence et suivi leurs transformations en examinant la lymphe du vaisseau efférent. Voici comment j’ai procédé :

A une certaine distance du ganglion j’ai posé une ligature sur le vaisseau efférent et j’y a’i laissé séjourner la lymphe, un temps variable, sur l’animal vivant. Après l’extirpation du tronc lymphatique entre deux ligatures, j’ai étudié son contenu avec la même technique que le ganglion lui-même. Dans ces conditions, il est aisé de s’assurer que les noyaux des lymphocytes continuent, dans la lymphe, à se transfoi’mer en hématies sans noyau.

Des objections ne tardèrent pas à être émises sur la valeur des procédés que j’employais : on me dit, en particulier, que la ligature du vaisseau efférent avait pour effet d’entraîner l’altération des capillaires sanguins du ganglion et de provoquer une diapédèse locale d’hématies.

Je songeai alors à déterminer les circonstances dans lesquelles on observe, en dehors de toute atteinte opératoire, l’absence des hématies ou leur stase dans les sinus du ganglion. En examinant comparativement les ganglions du cobaye, du rat, du chien, j’ai trouvé que les ganglions à situation périphérique sont de teinte rouge et contiennent des hématies dans leurs voies lymphatiques; les ganglions centraux, au contraire, sont gris et renferment peu ou point d’hématies dans leur sinus. I.c chat jeune et bien nourri a tous ses ganglions périphériques et centraux, gorgés d’hématies.

Comment interpréter ces faits? Convient-il d’admettre, avec nombre d’auteurs, deux sortes de ganglions, les uns leucopoiétiques ou producteurs de globules blancs, les autres hémopoiétiques ou hémolymphatiques, c’est-à-dire formateurs d’hématies? Ou bien, les ganglions ordinaires se remplissent-ils d'hématies quand les conditions de la circulation lymphatique se modifient?

Je commençai par m’assurer de la structure identique des ganglions gris et des ganglions rouges chez un même animal. D'autre part, je constatai que les ganglions rouges sont identiques aux ganglions ordinaires dont on a lié le vaisseau efférent.

Ces diverses observations me donnèrent la pensée de modifier • les conditions naturelles de l’animal dans l’espoir de transformer un seul et même ganglion, soit en une glande rouge, soit en une glande grise. J’eus recours aux saignées et à Vabslinence (131 et 132).

En soumettant les animaux aux pertes sanguines et à l’abstinence, on observe des ganglions gris pendant les premiers temps de l’expérimentation, mais, plus tard, quand la température générale a baissé, tous les ganglions prennent une teinte rouge.

Par l’examen microscopique de ces ganglions on s’assure

des modifications profondes que l’abstinence a produites dans les tissus de l’organe. Au lieu de trouver dans les nodules et les cordons médullaires un complexus cellulaire, c’est-à-dire des éléments réunis en un tissu plein et continu, on a sous les yeux une charpente réticulée dont les mailles sont remplies d’éléments libres (leucocytes et bématies). L’abstinence a eu pour effet de bâter et d’étendre et la fonte protoplasmique, et la dégénérescence hémoglobique.

Mais la stase des hématies dans les ganglions varie selon les conditions de la circulation sanguine et lymphatique. Sur les animaux bien nourris et à pression artérielle notable (cbat), le courant lymphatique est faible; d’où le séjour prolongé et la stagnation des hématies dans les voies lymphatiques des ganglions qui les ont élaborées. Sur le cobaye à pression artérielle faible, les ganglions centroMx sont balayés constamment par un fort courant lymphatique ; d’où leur couleur grise et l’absence d’hématies dans leur sinus. Les ganglions périphériques, au contraire, reçoivent des vaisseaux lymphatiques de nombre restreint et de petit calibre ; ils sont traversés par un courant faible et les bématies qui y sont élaborées y séjournent plus longtemps et leur communiquent une teinte rouge.

Si l'on fait baisser la pression artérielle par l’abstinence et les .émissions sanguines, le premier résultat de l’expérience se traduit

par l’augmentation du courant lymphatique et par la déplétion des sinus des ganglions. Une fois les hématies disparues, les gan-r glions prennent une teinte pâle ou grise.

Si l’on conserve l’animal jusqu’à la période avancée ou algide de l'abstinence, les conditions changent : les vaisseaux lymphatiques ne contiennent plus que des traces de lymphe, ce qui prouve que le courant lymphatique est devenu faible ou nul. Quant au tissu des ganglions, il continue à subir la transformation hémoglobique mais cette transformation se fait sur une échelle beaucoup plus vaste. Pour ces diverses raisons, le ganglion se remplit d’hématie^ et prend une teinte rouge.

En un mot, tous les ganglions lymphatiques possèdent la même structure et les mômes fonctions; ce sont des glandes hémolymphatiques qui fabriquent et de la lymphe et des hématies. Mais, suivant les circonstances locales ou générales où se trouve placé le ganglion, les voies lymphatiques du ganglion sont tantôt gorgées, tantôt dépourvues d’hématies. La plus ou moins grande pression du courant lymphatique détermine ces différences d’aspect. Il suffit de modifier la pression sanguine pour convertir le même organe soit en ganglions pâles ou gris, soit en glandés hémolymphatiques de teinte 7‘ouge,

Les ganglions humains, normaux et fixés frais (133), montrent la même structure que les ganglions des animaux : les nodules sont formés d’un cytoplasma commun et les portions périnodulaires d’un réseau cellulaire plein ou à mailles vides. Les sinus périphériques et centraux contiennent, outre les leucocytes, de nombreuses hématies.

Les ganglions d'adultes, morts de maladies chroniques, sont dans le même état que les ganglions des animaux soumis au jeûne : le tissu protoplasmique a disparu en tant que complexus cellulaire et, à sa place, se trouvent des amas de leucocytes et des hématies sans noyau et à noyau.

Quand, à l’aide d’un vésicatoire ou de l’ammoniaque, on produit l’irritation de la peau ou d’une muqueuse, les ganglions correspondants se tuméfient (134). Le microscope montre une série de modifications dans te tissu du ganglion : le protoplasma des éléments cellulaires est gonflé, et, sur de. larges étendues, il s’est

détruit. Cette liquéfaction peut même aboutir à la formation de petites cavités remplies d’éléments libres ou globules blancs. Les phénomènes qui préparent cette mise en liberté des restes cellulaires ne portent pas seulement sur le corps cellulaire; le noyau des cellules encore réunies en tissu se montre tantôt vésiculeux, tantôt polynucléé ou fragmenté, tantôt réfractaire aux colorants.

Sur d’autres points, le protoplasma subit la transformation hémoglobique, de sorte que des territoires étendus semblent devenus tout entiers hémoglobiques et présentent des hématies à formes variées.

Comme la cellule épithéliale, le protoplasma du tissu plein du ganglion répond à l’iriâtation que provoquent les principes inflammatoires amenés par les lymphatiques afférents : il tend à se gonfler. Mais cette tuméfaction n’est pas due à une multiplication cellulaire ni à une hypertrophie véritable; elle n’est nullement le résultat d’une suractivité nutritive. Elle est fonction de l’hydratation et elle devient le point de départ d'une désassimilation démesurée, suivie de la dégénérescence du tissu. L’irritation ne change pas le mode d’évolution des tissus du ganglion ; elle ne fait qu’en précipiter ta marche et que modifier la forme des produits élaborés par le ganglion. Le ganglion irrité se transforme en éléments libres, parmi lesquels on distingue des leucocytes mononucléaires à corps cellulaire volumineux, des leucocytes polynucléaires, des éléments hémoglobiques de forme variée. Tous ces éléments sont très différents des éléments qu’on observe à l'état normal [hématies lymphocytes) dans le ganglion.

p. Ganglions lymphatiques des oiseaux

Les résultats auxquels je suis arrivé sur la structure et les fonctions des ganglions des mammifères parurent être en contradiction avec les notions qu’on possédait sur la constitution des ganglions do l’Oie. D’après les auteurs, ces organes seraient formés d'une trame conjonctive ou collagène et de globules blancs; leurs sinus ne seraient jamais cloisonnés par un réticulum. Cette considération me porta à étudier ces organes sur l’Oie,

J’eus également la bonne fortune de découvrir les ganglions lymphatiques du canard : on sait que ces ganglions ont été niés par Magendie chez cet animal. J’ai trouvé ces ganglions près du nerf pneumogastrique et près de la portion terminale de la veine jugulaire. J'ai pu les observer aux divers stades de leur dévrloppement.

tSo. — Structure et fonctions des ganglions lymphatiques des Oiseaux (C. R. Soc. Biol., 1902, p. 340).

136. — Parallèle des ganglions lymphatiques des Mammifères et des Oiseaux, avec 5 figures dans le texte (ft. R. de l’Association des Anatomistes, 4' Session 1902).

Sur les coupes, le ganglion de l’oiseau se présente avec un aspect bien différent de celui que présentent les ganglions de mammifères : les nodules’ ou follicules lymphatiques sont répartis, chez l’oiseau, dans toute l’étendue de l’organe, au centre comme à la périphérie. Ces nodules sont reliés entre eux par des cordons interfolliculaires anastomosés.

Sur les canards âgés de quelques semaines, la plus grande partie du ganglion est formée d’une masse pleine et continue. Plus tard, cette masse pleine devient spongieuse, à la suite d’un processus analogue à celui que j’ai décrit chez les mammifères : le protoplàsma subit la fonte ou la transformation hémoglobique, de sorte que des leucocytes et des hématies sont mis en liberté.

La masse compacte du ganglion de l’oiseau jeune est constituée par un protoplasma commun, à nombreux noyaux. Plus tard, à la périphérie des nodules, le protoplasma se différencie en réticulum chromophile et en hyaloplasma. Outre les leucocytes qui prennent naissance dans ce tissu par liquéfaction de portions protoplasmiques et mise en liberté des restes cellulaires, de nombreuses hématies nucléées s’élaborent dans le ganglion et il est facile de suivre toutes les phases de leur développement : le protoplasma de certains éléments, réunis en tissu, se convertit en hémoglobine pendant qu'il est encore continu aux éléments voisins; puis, on voit apparaître un interligne clair autour de la portion de protoplasma chargée d’hémoglobine, de sorte que l’hématie finit par devenir libre dans l’alvéole creusé en plein protoplasma.

Grâce à ces phénomènes de fonte et de transformation protoplasmiques, certaines parties pleines et compactes sé convertissent en tissu spongieux, c’est-à-dire en un réseau .cellulaire dont les mailles sont vides ou contiennent des leucocytes et des hématies. Mais il persiste, pendant longtemps, entre les cordons qui forment le réseau cellulaire, de fines trabécules protoplasmiques, chromophiles, qui relient les cellules des cordons voisins.

” En résumé, les masses compactes du ganglion de l’oiseau sont constituées, comme chez les mammifères, par du protoplasma commun à nombreux noyaux. Sur certains points, ce protoplasma se différenciera en réticulum chromophile et en hyaloplasma. Quand l’hyaloplasma disparaît par fonté, le réticulum chromophile persiste quelque temps ; ce tissu réticulé ou adénoïde cloisonne les sinus. Quand les prolongements chromophiles s’atrophient, les cavités ou sinus sont largement ouverts et non plus cloisonnés. Pendant cette transformation de l’organe plein en tissu spongieux, de nombreux leucocytes deviennent libres; d’autres éléments subissent la dégénérescence hémoglobique et se convertissent en hématies qu’entraîne le courant lymphatique.

Si ce n’est dans la paroi des gros vaisseaux ou dans la capsule, je n’ai jamais pu observer, dans les ganglions des oiseaux, ni fibres conjonctives (collagènes) ni fibres élastiques. Le tissu des ganglions ne dépasse donc pas, chez l’oiseau, les stades de tissu conjonctif primordial (protoplasma commun) et de tissu à réticulum chromophile.

' Voici en quelles propositions je puis formuler les conclusions générales auxquelles me conduisent nies recherches sur les ganglions des mammifères et des oiseaux.

Dans tous ces organes se trouvent des amas de tissu conjonctif primordial Ou de cytoplasma commun à nombreux noyaux (centre des nodules ou follicule.s clos). En même temps que ce tissu continue de proliférer au centre du follicule, sa portion périphérique se transforme en tissu à réticulum chromophile et à mailles remplies d’hyaloplasma. L’hyaloplasma subit la fonte, d’où la formation de vides ou sinus, entre lesquels s’étendent des traînées de tissu réticulé [cordons interfolliculaires et médullaires).

Ce n’est qu’à la surface du ganglion et sur des étendues variables

dans son intérieur, que le tissu élabore des fibrilles conjonctives ou un réticulum élastique. La charpente collagène ou élastique n’est pas constante chez tous les animaux; quand elle existe, elle atteint un degré de développement variable d’un animal à l’autre.

Au point de vue fonctionnel, au contraire, les ganglions fournissent partout les mêmes produits : du plasma, des leucocytes et des hématies.

BEVUES GÉNÉBALES

137. — Derme et épiderme; leurs relations génétiques {Journal de

l'Anittomie et de la Physiologie, 1899, p. 675).

Je rappelle, dans une revue générale, mes diverses observations • relatives à la transformation des cellules épithéliales en tissu conjonctif : 1° amygdales; 2“ plaques de Peyer; 3° follicules de la muqueuse glando-préputiale du chien ; 4“ papilles dermiques de la même muqueuse. Pour ces divers organes; les éléments du derme sont des^ descendants modifiés des cellules épithéliales qui, de la surface, évoluent vers la profondeur. Je rapproche de ces faits histogénétiques les récentes expériences de J. Loeb; après avoir pratiqué des greffes cutanées, cet auteur examina les tissus au bout d’un temps variable et montra que l’épithélium du lambeau greffé continue non seulement à vivre et à proliférer, mais que les cellules épithéliales de la surface profonde se transforment en éléments du tissu conjonctif.

138. — Similij^ude des processus histogénétiques chez l’embryon et l’adulte (Journal de l'Anatomie de la Physiologie, 1900, p. 358).

Les germes des tissus de substance conjonctive apparaissent chez l’embryon sous une forme identique aux ébauches conjonctives qui se produisent après la naissance et qui se développent chez l’adulte. Que ces ébauches soient d’origine épithéliale (amygdales, plaques de Peyer, follicules et papilles dermiques), ou de provenance mésodermique (tendons, cartilage, organes élastiques, cavités séreuses ou articulaires, ganglions lymphatiques), elles débutent constamment à l’état d’un cytoplasma commun et à nombreux noyaux. La différenciation du protoplasma et l’évolution des éléments se poursuivent ensuite dans un sens qui varie, selon la région, selon le milieu où se trouve placé l’organe. C’est ainsi que nous voyons le même cytoplasma commun et à nombreux noyaux

produire tantôt des segments solides (cartilages et os) alternant avec des cavités (articulaires), tantôt des tissus résistants (tendons) et élastiques (derme), tantôt encore des organes dont les éléments se liquéfient ou se transforment en leucocytes ou hématies (cavités articulaires ou séreuses, follicules clos ou ganglions lymphatiques).

Les recherches que j’ai faites, depuis deux ans, sur les ganglions lymphatiques (122 à 136) et sur Yébauche squeletiogène (86 à 88) donnent aux considérations que je viens de résumer une portée bien plus générale. Malgré leur constitution et leurs fonctions définitives si dissemblables, les organes conjonctifs possèdent au début une forme protoplasmique identique (cytoplasma commun et à nombreux noyaux). Quels sont les facteurs qui déterminent la fluidification ou le développement de tissus résistants et durs aux dépens d’une ébauche identique à elle-même? Pour nombre de ces formations, l’hérédité paraît seule en cause ; mais il est non moins manifeste que le milieu où l’ébauche a pris naissance, les influences mécaniques, telles que les pressions et les tractions, exercent une influence décisive sur le mode d’évolution du protoplasma. J'invoque à cet égard les résultats expérimentaux qui corroborent singulièrement les conclusions dues à l’observation des phénomènes normaux. Il suffit de modifier les conditions générales de l’organisme ou simplement le milieu nutritif Aq la région, pour assister à une transformation des actes intimes de l’assimilation et de la désassimilation. Pour ne parler que des éléments morphologiques (leucocytes et hématies), nous les voyons, dans ces circonstances, se développer différemment et prendre une forme et une valeur cellulaires tout autres qu'à l'état normal.

139. — Note de technique sur les injections naturelles (Journal de l'Anatomie et de la Physiologie, 1894, p. 336).

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