Titres et travaux scientifiques
Je me suis constamment efforcé, dès le début de ma carrière médicale, d’associer intimement l’observation approfondie du malade avec les recherches de laboratoire.
J’ai du reste été confirmé dans cette tendance naturelle de mon esprit par mes Maîtres qui, dès le début de mon internat, m ont montré l’importance du travail expérimental et du contrôle constant du laboratoire. Les Professeurs Gilbert, Chauffard, Chantemesse, Debove, Brissaud, le Docteur André Petit m’ont accueilli dans leurs services et leurs laboratoires et ont guidé mes premiers pas dans cette voie de la médecine expérimentale. Mon ami Castaigne m’a apporté au début de mes études médicales, l’appui de sa haute compétence.
Mon internat terminé, j’ai travaillé au laboratoire de Debove à Beaujon. J’ai eu à ce moment, la rare bonne fortune de rencontrer deux physiologistes de grande valeur, André Mayer et G. Schaeffer qui sont pour moi deux amis; nous avons associé nos efforts pendant de nombreuses années; nos recherches faites en collaboration constante au laboratoire de physiologie du Professeur François-Franck, au Collège de France n’ont été interrompues que par la guerre ; nous avions rassemblé à ce moment des documents expérimentaux très nombreux dont nous pûmes fort
INTRODUCTION
heureusement publier la plus grande partie avant la déclaration de guerre. Cette collaboration qui fut pour nous très féconde n’a cessé que parce que mes deux collaborateurs ont été appelés après la guerre à des fonctions officielles à la Faculté de Strasbourg ; je ne saurais oublier tout le charme de ces longues heures passées au laboratoire du Collège de France dans le seul désir de chercher et de trouver.
Après le grand bouleversement mondial, malgré les difficultés considérables qui vinrent entraver les recherches purement scientifiques, mon désir de reprendre mes travaux de médecine expérimentale se trouva facilité par deux circonstances qui furent pour moi tout particulièrement heureuses. Mon ami, le Professeur Carnot voulut bien m’associer à ses travaux et je n’ai cessé depuis ce temps d’expérimenter avec lui au laboratoire de thérapeutique. D’autre part, mes recherches sur les maladies de la nutrition auxquelles m inclinaient plus particulièrement des considérations familiales me rendaient indispensable, le travail en commun avec des chimistes très avertis; mon excellent maître, le Professeur Desgrez voulut bien m’accueillir à son laboratoire, me prodiguer'ses précieux conseils et avec H. Bierry dont tout le monde connaît et apprécie la valeur comme physiologiste et chimiste, nous avons pu faire, tous trois en commun de nombreuses recherches sur le diabète, l’insuline et les maladies de la nutrition.
Je ne saurais oublier que M. le Doyen H. Roger voulut bien m’associer à certaines de ses recherches; nous avons pu étudier ainsi avec L. Binet certaines questions concernant le rôle du poumon dans la glycolyse.
J’ai enfin au Muséum travaillé en collaboration avec Lucet; nos recherches concernant les réactions déterminées par l’intoxication morphinique très prolongée chez le cheval et le lapin n’ont du reste pas été publiées.
Je laisse volontairement de côté dans mon'exposé mes travaux didactiques et je ne m’occuperai que de mes recherches originales.