PALUDISME
par le Service de santé militaire, les épidémies ne se sont pas produites. Cependant, un certain nombre de cas ont pu être observés qui peuvent être considérés comme les indices certains du fléau qui aurait pu atteindre nos troupes.
Connaissant l’existence des épidémies de paludisme qui avaient sévi autrefois dans les Flandres, notre attention avait été attirée dès notre arrivée dans ces contrées sur la possibilité de la venue d’affections malariennes. Aussi depuis plus d’un an avions-nous cherché à dépister tous les cas qui auraient pu survenir dans l’hôpital dont nous avions la direction.
Nous décrivons une série de types cliniques :
a) Paludisme simple : forme intermittente, forme continue palustre avec état typhoïdique, accès pernicieux avec état typhoïdique, forme hématurique avec vomissements bilieux, formes larvées.
b) Paludisme associé : au cours d’infections typhoïdiques et paratyphoïdiques.
De notre étude, nous pouvons conclure qu’un certain nombre de cas de paludisme ont été notés dans les Flandres, tantôt chez des indigènes, tantôt chez des sujets jusque là indemnes de paludisme. Les accès paludéens ont été rarement sérieux; tous ont paru céder à la quinine, mais l’effet de celle-ci n’a pas toujours été immédiat.
Presque toujours l’ingesLion de quinine a été insuffisante et il nous a fallu recourir aux injections, qui constamment ont été très bien supportées. Chez certains sujets, mais non chez tous, les injections ont été un peu douloureuses; toujours la douleur est très supportable. Ces faits sont importants à retenir, car il ne faut pas abandonner là médication quinique parce que, au bout de vingt-quatre heures, elle n’a produit aucun effet probant.
Le diagnostic du paludisme est souvent délicat, lorsque la recherche de l’hématozoaire est négative : dans ces cas, 1 action de la quinine ne tranche pas nécessairement le diagnostic. Cependant, lorsqu'on se trouve, dans notre région, en présence d’accès lébriles que rien n’explique, il est bon de toujours penser au paludisme et d’effectuer le traitement quinique par injections qui presque invariablement donne d’excellents résultats.
MALADIES INFECTIEUSES
Purpura généralisé chez un paludéen (175).
Nous avons observé chez un paludéen d’ancienne date des poussées de purpura généralisé à élément presque monstrueux, puisque chacun d’eux présentait le diamètre d’une pièce d’un franc ; il dépassait même et atteignait celui d’une pièce de 5 francs ; le purpura est récidivant et chacune des récidives semble conditionnée par une crise de paludisme.
D. — COLIBACILLOSE (185).
Nous étudions le rôle du colibacille dans les plaies de guerre et nous abordons ensuite l’étude des septicémies colibacillaires.
Sur 1.863 hémocultures, 5 fois seulement le colibacille a pu être identifié :
La septicémie colibacillaire s’est présentée à nous sous des formes assez variables. Il semble qu’on puisse isoler des colibacilloses primitives et secondaires, et, dans les premières :
1° Des formes à manifestations digestives;
2° Des formes à type broncho-pulmonairè.
A) Formes primitives. — La septicémie colibacillaire constitue toute la maladie.
1° Formes a manifestations digestives. — Il semble que ce soient les plus nombreuses; il en est deux variétés :
a) Formes simulant la fièvre typhoïde ;
b) Formes évoluant à la façon d’une colite dysentériforme grave •
La forme simulant la fièvre typhoïde ne peut être distinguée de
celle-ci que par la seule hémoculture. Nous avons déjà insisté sur l’importance de l’hémoculture dans le diagnostic des affections typhoïdiques ;\elle seule permet de différencier les unes des autres la fièvre éberthienne, les para A et B, les colibacilloses et l’entéroeoccémie; ces deux dernières ont évolué avec tous les signes d’une fièvre typhoïde.
Nos deux cas de colibacillose ont revêtu l’aspect d’une affection typhoïdique de moyenne gravité; cependant, l’atteinte de l’état
COLIBACILLOSE
général n'a pas été très profonde et la convalescence a été assez rapide.
La forme évoluant à la façon d’une colite dysentériforme a été très typique; elle a présenté le tableau clinique de la colite aiguë avec crises douloureuses et diarrhéiques.
2° Formes a type broncho-pulmonaire. — Dans cette forme, si les symptômes pulmonaires prédominent, il existe cependant quelquesphénomènes digestifs ; nous noterons tout particulièrement l’angine.
B) Formes secondaires. — Dans notre observation, ir s’agit d’une échinococcose hépatique et pulmonaire qui, à la suite d’une septicémie coli-bacillaire, s’est compliquée d’angiocholite suppurée qui a entraîné la mort.
E. — SEPTICÉMIE STREPTOCOCC1QUE (189).
Ces cas de septicémie streptococcique se caractérisent par les points suivants :
1° L’aspect clinique présenté par le malade : forme typhoïdique ataxo-adynamique avec phénomènes de contracture généralisée; érythème papulo-hémorragique, apparition de phlyclènes renfermant du streptocoque. Ce streptocoque présente des caractères absolument identiques à ceux retrouvés dans le sang.
2° Le type spécial de broncho-pneumonie avec fonte purulente très rapide et massive du poumon.
Le streptocoque retrouvé dans les crachats est mélangé à d’autres microbes habituels de la bouche. Il est constitué de chaînettes atypiques, trouble le bouillon, ne coagule pas le lait, pousseen profondeur en milieu de Veillon.
Nous avons remarqué la fréquence actuelle, au cours de l’épidémie de grippe, de ces broncho-pneumonies à forme foudroyante avec fonte presque complète et très rapide du poumon.
MALADIES INFECTIEUSES