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I. — LE REIN

Nos études expérimentales sur le rein ont été commencées depuis 1901 ; nous les avons poursuivies pendant plus de vingt années. .

Dès le début de nos recherches, nous avons été frappés de 1 extrême fragilité du tissu rénal et de la fréquence d’altérations qui nous semblaient relever de fautes de technique.

Nous avons ainsi cherché à établir une technique de fixation et de coloration la plus parfaite possible qui nous mette à 1 abri de causes d’erreurs nombreuses.

Nous avons ensuite, grâce au concours de Lamy et d’André Mayer; recherché les modifications physiologiques de structure de l’organe chez différents animaux, arrivant à faire sur le rein une étude d’ensemble, et qui n’avait pas encore été tentée, de son histophysiologie. Toutes ces expériences ont été faites dans les laboratoires des professeurs Chauffard, Debove, Ghantemesse et François-Franck.

Nous tenons à faire remarquer, de suite, que presque toutes nos recherches expérimentales, sauf en ce qui.concerne 1 élude des polyuries provoquées, concernent surtout l’état du tube contourné du rein. C’est qu’il nous a semblé que ce dernier, dont le rôle dans la sécrétion rénale paraît être prédominant, avait été quelque peu

LE REIN

délaissé, ou tout au moins qu’une révision complète de son étude s’imposait, basée sur les procédés de technique moderne plus perfectionnés. L’examen de très nombreuses coupes de reins n’a fait que confirmer notre opinion première et nous a conduit tout naturellement à reprendre, dans un travail d’ensemble, l’étude du tube contourné du rein.

Nous ne saurions, par contre, en dire autant du glomérule, dont 1 histo-pathologie très complète ne peut que rester aujourd’hui celle qu’établissaient Gornil et Brault, dans leur Étude sur la pathologie du rein. Ainsi se trouve expliqué l’apparente bizarrerie d’un ensemble de recherches ne portant que sur un élément d’un parenchyme glandulaire. Nous verrons, du reste, que l’étude des polyunes provoquées nous a conduit à admettre le rôle prédominant du tube contourné dans la sécrétion rénale.

Possédant une technique sûre, sachant reconnaître les modifications physiologiques dans la texture de l’organe, nous avons abordé son étude anatomo-pathologique. Nous avons pu établir ainsi 1 histo-pathologie fine du rein et décrire particulièrement les modifications imprimées à l’organe par le sublimé, l’ovalbumine, le chlorure de sodium, les acides gras, le choroforme, l’éther. Les différents types de lésions que nous avons décrits sont aujourd’hui classiques et admis par tous les anatomo-pathologistes.

En nous servant de procédés d’études nouveaux, nous avons pu chercher à élucider certains problèmes de phgsiologie pathologique-, nous avons surtout étudié les néphrotoxines et Y hérédité renale, le mécanisme de certaines albuminuries et le pouvoir diurétique des urines de crise , les troubles du métabolisme à la suite de la ligature expérimentale des uretères, etc.

Nous avons enfin utilisé une technique perfectionnée de perfusion renale chez le chien souvent pour résoudre certains problèmes de physiologie et de thérapeutique expérimentale.

Toutes ces recherches constituent des mémoires originaux et ont nécessité une expérimentation complexe portant sur plus de deux mille animaux divers.

histologie normale

des lésions constatées sur des reins qui ont été prélevés un certain temps après la mort de l’animal. Nous avons sacrifié une série de lapins sains et nous avons prélevé leurs reins pour en faire 1 examen histologique immédiatement, dix minutes, vingt minutes, une demi-heure, une heure, douze heures, vingt-quatre heures après,la mort de l’animal. Nous avons constaté que les altérations cadavériques étaient très prononcées dès la première heure après la mort ; il est même à remarquer que ces lésions ne sont guère plus avancées après vingt-quatre heures qu’après deux heures. C’est dans la pre-

(1) Les numéros entre parenthèses renvoient à la liste chronologique des publications.

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