DEUXIÈME PARTIE
Recherches sur l’organisme humain. — Physiologie. — Pathologie. - Thérapeutique expérimentale. - Clinique.
Nous avons réuni dans cette deuxième partie tous nos travaux originaux concernant l’organisme humain. Nous exposons nos recherches de médecine expérimentale ayant trait à la physiologie pathologique, à la thérapeutique et à la clinique.
Les travaux de laboratoire ont encore ici une très large part.
Nous avons groupé ces travaux en dix chapitres, concernant les maladies du rein, le diabète sucré, les maladies de la nutrition, les maladies infectieuses, les maladies du cœur et du sang, les maladies du système nerveux, les maladies de l’appareil respiratoire^ les maladies de l’appareil digestif, les intoxications et enfin certains travaux divers. Nous insisterons plus particulièrement sur nos recherches concernant les maladies du rein et le diabète, car elles constituent certainement la partie la plus importante de notre œuvre médicale et scientifique, en ce qui concerne nos travaux sur l’organisme humain.
MALADIES DU REIN
Nous avons pu, en utilisant des pièces fraîches recueillies au cours d’interventions chirurgicales, établir la structure fine du rein; nous avons ensuite fait une étude comparative des lésions histologiques du rein à l’autopsie et de l’examen fonctionnel de la glande du vivant des malades et montré la valeur de l’azotémie et de la constante uréo-sécrétoire.
Nous avons abordé l’étude de l 'albuminurie, montré l’intérêt de l’albuminurie provoquée par le blanc d'œuf, recherché la signification de l’albuminurie acéto-soluble, l’influence du chlorure de sodium sur le fonctionnement du rein-, nous avons fait une étude critique
INTRODUCTION
delà cylindrurie, recherché le rôle des néphrotoxines en pathologie rénale, notamment, en cas de néphrite unilatérale ■ enfin, nous avons abordé la question de la débilité rénale et de l’hérédité rénale.
Nous avons étudié certaines manifestations cliniques : albuminuries intermittentes, néphrites sans albuminurie, albuminuries des tuberculeux, syndromes hémorragiques, chylurie.
Nos efforts se sont tout particulièrement portés sur l’étude des troubles humoraux dans les néphrites : nous avons ainsi montré la haute valeur pronostique de l’azotémie signalée par Widal, et nous avons abordé l’étude de l’azote total du sang et de l’azote résiduel, celle de la créatine et de la créatinine, du carbone résiduel du plasma. Nous avons étudié l’état d ’acidose chez les néphritiques. Enfin, nous avons fait une étude très minutieuse non seulement du sucre libre, mais surtout du sucre prhtéi'dique. II s’agissait là d’un terrain jusqu’alors inexploré.
Nous avons montré les premiers, la fréquence de l'hyperprotéidoglycémie; nous avons étudié comparativement cette hyperprotéidoglycémie et l’azotémie, la constante uréo-sécrétoire, l’azote résiduel.
Nous avons montré enfin quelle signification on doit, pour nous, donner à l’hyperprotéidoglycémie dans les néphrites; nous avons complété ces recherches par l’étude des modifications des albumines plasmatiques.
En ce qui concerne la thérapeutique des affections rénales, nous avons fait un long travail sur l 'influence des anesthésiques, la valeur thérapeutique des injections intraveineuses des solutions hypertoniques de glucose dans les néphrites azotémiques, montré le rôle de 1 opothérapie rénale dans certaines albuminuries intermittentes, l’influence de la médication bismuthique sur le rein, cherché à établir la valeur de l’hypertension obligatoire des néphro-scléreux et le mode d’action des cures thermales dans les affections rénales.
APERÇU GÉNÉRAL DES TRAVAUX
LE DIABÈTE
Nous classerons nos travaux sous trois rubriques : Clinique, Physiologie-pathologique, Thérapeutique.
Clinique.
Nous avons publié des travaux d’ensemble sur le diabète; notamment, un livre dans la collection de la Bibliothèque des Connaissances médicales, un très long article dans le Manuel de Médecine, et une nouvelle édition du livre de Bouchardat dans laquelle nous n’avons retenu que les données cliniques et thérapeutiques qui servent encore de base fondamentale à l’étude du diabète.
Nous avons individualisé deux formes fondamentales du diabète : le diabète simple et le diabète consomptif, décrit les diabètes intermittents, les diabètes à /nf/u'ma. Nous avons étudié la glyosurie chez les blessés de guerre , l’association des crises convulsives et du coma, de Y acromégalie- et du diabète, des lésions thyroïdiennes et du diabète.
Nous avons cherché à montrer chez l’homme, le rôle du pancréas dans le diabète, étudié les troubles de la sécrétion externe pancréatique; nous avons étudié également le xanthome diabétique, l’association de la grossesse et du diabète, et publié un certain nombre de travaux sur le diabète syphilitique.
Physiologie pathologique .
La glycémie a fait l’objet de notre part d’un assez grand nombre de travaux. Nous citerons l’ indice glycémique de tolérance, le sucre protéidique chez les diabétiques, les modifications du plasma sanguin et de l’urine au cours du jeûne, les effets de la ponction lombaire sur la glycémie et la glycosurie.
Nous avons fait une étude très minutieuse de la glycolyse dans le diabète (sucre libre et sucre protéidique).
Le seuil du glucose est intéressant à rechercher : nous avons
INTRODUCTION
indiqué ses différentes variations et montré l’importance du défaut de sa mobilité.
La question de Vacidose nous a tout particulièrement occupé : nous avons étudié l 'acidose du jeûne hydrocarboné et Yacidose diabétique, distingué hyperacidité urinaire, acétonurie et acidose-, montré l’intérêt de Yépreuve du bicarbonate de soude combinée avec la recherche des variations urinaires de Y acidité ionique et de Yacidité carbonique. Le dosage de Y acide (3 oxybutyrique est indispensable pour apprécier l’acidose, celui de l’acétone et de l’acide diacétique seul est insuffisant. Nous avons utilisé l’appareil de Fredericia pour rechercher la tension de Yacide carbonique dans Yair alvéolaire et montré la valeur de la méthode pour apprécier le degré d’acidose.
Nous avons étudié enfin chez les diabétiques la créâtine et la créatinine urinaire, le carbone résiduel dans le plasme sanyuin.
Troubles de la nutrition et traitement.
Nous exposons ici successivement nos travaux tenant à la fois à la physiologie pathologique et à la thérapeutique.
1° Hydrates de carbone. — Nous étudions longuement le coefficient d’assimilation hydrocarbonée : quantitatifs qualitatif , la tolérance paradoxale de certains malades pour les H. de G., la valeur de la pomme de terre comme aliment chez le diabétique, le régime lacté, l’action du lévulose dans certains cas d’acidose et son utilisation dans le traitement du diabète.
2° Albuminoïdes. — Nous montrons le rôle .de la viande, de l’alimentation azotée soit carnée, soit végétale et insistons sur l’intérêt que présente un dosage exact de l’alimentation azotée chez le diabétique.
3° Graisses. — Nous avons fait de nombreuses recherches sur l’influence des corps gras , montré qu’il existe pour chaque sujet une quantité optima de graisses à lui fournir.
Nous avons comparé les effets des graisses à nombre pair d’atomes de carbone et ceux de certaines graisses synthétiques : intarvin fat de Kahn (glycéride d’un acide impair).
APERÇU GÉNÉRAL DES TRAVAUX
4» Régimes équilibrés. - Dans de nombreuses publications, nous ,ons été des premiers avec Desgrez et Bierry à insister sur l’impor- I . 1’ 'rlono 1 q l’atlRR * tons
fonction chimique des consumants, ueim wuu
en déductions thérapeutiques; nous avons montré l’importance des
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régimes équilibrés en pathologie, et notamment dans le diabete étudié le rôle de l’équilibre alimentaire dans le diabète simple et le diabète consomptif, montré l’influence des corps gras et les conséquences qu’on peut tirer de cette notion en ce qui concerne la physiologie pathologique et le traitement de l’acidose diabétique.
Cette notion de l 'équilibre s’étend également aux sels minéraux et aux vitaminés; nous avons insisté des premiers sur l’importance de l’administration des phosphates et montré les résultats de cette médication et le rôle thérapeutique de la vitamine B.
5» Cures diététiques. —Nous avons indiqué les traitements diététiques du diabète simple et celui tout différent du diabète consomptif, montré les indications et contre-indications de la cure de Bouchardat , les régimes de l’acidose.
6° Traitement médicamenteux. — Nous avons étudié le rôle des médicaments dans la thérapeutique du diabète; nous avons expérimenté systématiquement deux d’entre eux : Yantipgrine et la santonine et montré les effets de leur administration en ce qui concerne les modifiions de la glycémie et de la glycosurie.
Nous avons enfin fait une élude sur les injections intraveineuses de bicarbonate de soude, dans le coma, indiqué les dangers des doses excessives, et tenté de codifier les indications des cures thermales dans le diabète.
Insuline.
Depuis la découverte de l’insuline, nous n’avons cessé avec Desgrez et Bierry, de nous occuper de cette question. Nous avons cherché tout d’abord à obtenir une insuline la plus pure possible.
INTRODUCTION
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Une grande partie de nos recherches son! encore en cours.
Nous ne ferons élal ici que de celles qui onl élé publiées.
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Nous ne pouvons passer en revue ici tous nos autres travaux
quon trouvera succinctement résumés dans notre exposé. Nous n’en
retiendrons que quelques-uns : noir exapport sur les maladies par
C a ZZ Ce t Z i a° ngrèS de médecine f i ui esL utl ex Posé que nous avons tenté de rendre très documenté de celte question si travaillée et pourtant encore à l'étude; un livre sur les paratyphoïdes qui est e fruit de recherches entièrement originales faites dans un hôpital
APERÇU GÉNÉRAL DES TRAVAUX
du front pendant la guerre, qui a surtout le mérite de ne contenir que le résultat d’observations cliniques très minutieusement suivies et de certaines recherches de laboratoires que les circonstances précaires de l’heure rendaient assez difficiles; un certain nombre de recherches cliniques et thérapeutiques sur la dysenterie, la fièvre ■typhoïde, le paludisme, la colibacillose, la yrippe, les. effets des gaz de combat faites également pendant la guerre, alors que nous étions médecin consultant de la I re armée. Nous signalons également des travaux portant sur le traitement des affections pulmonaires par la voie intralrachèale , le traitement de la tétanie par les injections intraveineuses de chlorure de calcium, celui des vomissements de la grossesse par la médication adrénalinique, l’étude de Ï'hyperprotéïdoglycëmie chez les cancéreux.
Nous avons enfin publié un traité de l’ alimentation et des régimes chez l’homme adulte, qui a paru dans le Traité de Pathologie médicale et de Thérapeutique appliquée.
Si nous tentons maintenant de résumer en quelques lignes, nos recherches portant sur l’organisme humain pour caractériser ce qui peut en faire l’ originalité nous serons amené à insister tout particulièrement sur nos travaux concernant le rein et le diabète. En ce qui concerne le rein, nous avons montré le rôle des néphrotoxines en pathologie et l’importance de la débilité rénale héréditaire; nous avons abordé sous des faces diverses l’étude des troubles humoraux et indiqué les premiers la haute valeur de Yhyperprotéidoglycémie. En ce qui concerne le diabète, nos recherches ont porté sur la clinique, la physiologie pathologique et la thérapeutique du syndrome. Nous signalerons plus particulièrement nos travaux sur l 'acidose, la notion d’ équilibre dans la ration et ses conséquences d’ordre palhogénique et thérapeutique, et enfin nos recherches sur le mode d’action et les résultats thérapeutiques du traitement par l'insuline.