FIXATION DE L’OXYDE DE CARBONE SUR L’HÉMOGLOBINE DU MUSCLE
Société de Biologie, 27 juin 1903, t. LV, p. 837.
Cette fixation a été étudiée in vitro et in vivo.
Technique pour obtenir de i hémoglobine musculaire. — Pour ces recherches il est important d’obtenir avant tout de l’hémoglobine du muscle exempte d’hémoglobine globulaire. Dans ce but on saigne les animaux à blanc, on lave ensuite les membres postérieurs par l’aorte abdominale par un long passage d’eau salée. Le lavage doit être fait immédiatement après la piqûre du bulbe, avant que le sang ait le temps de subir un commencement de coagulation. On peut s’assurer que le lavage est convenablement fait en broyant les muscles lavés dans de l’eau et en centrifugeant ; on voit ainsi que la partie centrifugée contient à peine quelques globules rouges visibles au microscope. Un autre fait qui montre que ce lavage est suffisant, c’est que, lorsqu’on opère sur le lapin, les muscles Mânes après lavage ne contiennent pas trace d’hémoglobine, alors que les muscles rouges contiennent leur hémoglobine.
Pour extraire des muscles lavés leur hémoglobine on les hache finement et on les laisse macérer à la glacière dans une petite quantité d’eau distillée ; le liquide obtenu est d’un rouge vif ; filtré il fournit une belle solution d’hémoglobine du muscle. Les solutions d’hémoglobine musculaire peuvent être ensuite comparées et dosées au colorimètre.
En agitant des solutions d’hémoglobine musculaire in vitro au contact
IÉ VNALYT1QUE
influence du système nerveux sur la teneur du muscle EN HÉMOOLOBINE
Société de Biologie , 16 juilletl904,'t. LVII, p. 121.
Nous avons pratiqué des lésions dos diiïorentes parties du système nerveux chez le chien et nous avons dosé l’hémoglobine des muscles corrA«nondants Dar rannort à celle des mêmes muscles sains.
Nos recherches sont intéressantes à rapprocher des expériences relatives à l'influence de la section des nerfs sur la teneur des muscles.,en glycogène (1). Nous avons vu en résumé que la richesse du muscle en hémoglobine dépend avant tout de l’intégrité du neurone moteur périphérique et que dans le cas de lésion nerveuse l’atrophie musculaire et la richesse hémoglobique ne sont pas en rapport constant.
HYPOHEMOGLOBINIE MUSCULAIRE
Société de Biologie, 16 avril 1904, t. LV1, p. 644
La pâleur anormale des muscles peut être expliquée de deux manières ; elle peut dépendre : 1° d'une diminution de l'apport sanguin ou de modifications qualitatives du sang ; 2° d’une diminution dans la teneur du muscle en hémoglobine, car on sait que le muscle contient de l’hémoglobine propre comme le globule sanguin. De ces deux états, le premier a été étudié à plusieurs reprises, le second n’avait pas avant ces recherches été envisagé indépendamment des modifications sanguines.
En effet, si l’on signale bien dans les traités la pâleur des muscles au cours de différents états anémiques, ce fait n’a qu’une valeur relative puisqu’il n’a pas été tenu compte séparément des deux facteurs qui peuvent intervenir pour expliquer cette pâleur.
C’est cette étude que nous avons voulu entreprendre au point de vue expérimental.
Nous donnons le nom d’hypohémoglobinie musculaire à cette sorte
pendante du sang. Nous avons choisi ce terme de formation incorrecte* par analogie avec ceux déjà employés d’hyperglobuliè et d’hÿpôglobuliiffl
La technique employée est celle qui a été sommairement indiquée à propos de la fixation de l'oxyde de carbone sur le muscle.
Ce procédé se rapproche de celui du laquage du sang qui est à la base des procédés hémochromométriques.
Dans plusieurs cas, nous ne nous sommes pas contentés d’opérer sur
1. Voy. Ueber den Glycogengehalt des Muskeln nach Nervendurchneidqngp (Arch. für exper. Pathol., 1894).
des poids bruts de muscles, mais nous avons tenu compte dos quantités respectives d’eau de ces muscles en pesant leur extrait sec.
Dans ces conditions, nous avons constaté par la colorimétrie, que la teneur des différents muscles en hémoglobine chez un même animal était très inégale et que cette teneur variait également avec l’âge des animaux, laits qui avaient déjà été vus par Ranvier, Knoll, et récemment par Lehmann (1), sans qu’il ait été tenu compte, toutefois, dans ces recherches de la part attribuable au sang dans la coloration du muscle. Il est bien connu que certains animaux, le lapin entre autres, ont des muscles rouges contenant de l’hémoglobine et des muscles blancs qui en sont dépourvus. Cette particularité semble n'être que l’exagération de ce qu’on constate chez les autres animaux, et de ce que nous avons vu, en particulier, chez
Mais un fait a surtout attiré notre attention, c’est que la teneur en hémoglobine des mêmes muscles, examinés chez des animaux de même âge, était sujette à des variations individuelles ; chez certains celle-ci s’écartait de la moyenne dans des proportions telles qu’on était amené à affirmer l’existence d’une véritable hypohémoglobinie musculaire (Variations presque du simple au double).
Nous avons essayé de reproduire expérimentalement cette hypohémoglobinie. Nous avons d’abord chez plusieurs chiens effectué des saignées très abondantes (correspondant à la moitié de la masse du sang) ; les modifications apportées les jours suivants à la teneur des muscles en hémoglobine ne nous ont pas paru appréciables.
Dans une autre série de chiens, des saignées répétées ont donné des résultats inégaux ; certains chiens, dans ces conditions, ont présenté une hypo-hémoglobinie musculaire marquée, mais ce phénomène n’était pas constant. Les résultats les plus nets obtenus expérimentalement ont été fournis par des chiens que nous avons soumis simultanément à des saignées répétées et à une diète relative : ces animaux ont perdu un quart de leur poids, la moitié de leur hémoglobine globulaire, mais la perte en hémoglobine musculaire bien que réelle a été proportionnellement moindre (ne dépassant pas un quart).
Si nous avons rencontré plusieurs cas d’hypohémoglobinie muscu-
1. Lehmann, Untersuchungen ttber dcn Hœmoglobingehalt der Muskéln, Zals - f. Biol., XLV, 324, 1903.
masses musculaires, alors que des quantités plus considérables injectées dans , les veines donnent de l'hémoglobinémie sans hémoglobinurie. Les mêmes résultats comparatifs ont été fournis par des injections de
Des contractions fibrillaires des muscles sont apparues dans les deux
M. Lucet, qui depuis plus de 10 ans (1) a constaté chez le cheval des lésions musculaires dans l’hémoglobinurie, nous a envoyé des détails
1. Lucet, R ec . Méd. vètèr., 1889. — Bull Soc. cent. Méd. vétér.,
RECHERCHES SUR L’HÉMOLYSE
ION HÉMOLYSANTE ET AGGLUTINANTE
très diverses et il résulte de ces recherches :
,f a) Qu’il n’est pas possible d'établir de rapport entre le degré de l’,hémolyse et la nature de la maladie.
b) Qu’avec la technique ci-dessus l’hémolyse totale est obtenue dans des limites qui varient de 2 à 8 gouttes de sérum.
qui ressort de l’étude que nous avons faite dans sept pleurésies tübércu- . leuses ou simplement suspectes, trois hydrothorax chez des cardiaques ou des brigthiques, quatre pleurésies cancéreuses.
Action antihèmolysante du sérum humain Lorsqu’on ajoute à un séj'um une certaine quantité du même sérum
ment des mononucléaires et l'intensité du pouvoir hémolysant.
fl était intéressant de phercher quelle était la.composition lençoqytajg du sang quand le sérum est iso-hémolysant.
. . Pour neuf sérums, quatre hémolysant les globules normaux, ,pjnq, non" hpmolysants, nous avons fait un examen du sang et déterminé je chiffre (ta, glohules rouges et blancs et les variétés dé ces derniers. Il résulta de ces. recherches qu’il n’existe pas de rapport entre les variations du nombre des
l’hémolyse est postérieure à la miction, il y a fausse hémoglobinurie car nous avons proposé d’appeler l’hémoglobinurie vraie « pissement d’hémoglobine » par analogie avecl'hématurie qui, comme onlesait, aété appelée pissement de sang.
Hématuries transformées à volonté en hémoglobinuries et hémoglobinuries transformées en hématuries. —J’ai publié dans ma thèse des observations de malades atteints d’hémorragies de l’appareil urinaire chez lesquels j’ai fait apparaître à volonté une hématurie ou une hémoglobi-