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Titres et travaux scientifiques

(.hirurgien consultant du Sous-Secrétariat d’état du Service de Santé à la W armée, 1916-1919.

Secrétaire général de la Société de chirurgie, 1919.

Lauréat des Hôpitaux (Accessit de médaille d’or, chirurgie, 1890). Lauréat de la Facuilc de Médecine (Médaille de bronze. Thèse, 1892.) Lauréat de l’Institut (Prix Mège,.1894.)

Lauréat de l’Académie de Médecine (Prix Tarnier, 1910.)

N’ayanl d’aulre ambition que celle d’enseigner la gynécologie, on me pardonnera de passer rapidement sur ceux de mes travaux ou de mes publications qui n’ont aucun rapport avec elle.

En anatomie, au temps où j’étais prosocteurà l’amphitliéâtre des hôpitaux (1891-1895), j’ai fait des recherches originales et détaillées sur Vanalomie du canal cyslujue. dont il reste au musée de Clamart de beaux moulages métalliques, sur la loge parotidienne et surtout sur Vappareil mpenseur du foie, ligaments et veine cave, qui fit le sujet de ma thèse (1892).

Je ne puis, pour les mêmes raisons, que signaler les travaux de chirurgie générale que j’ai été conduit à publier, principalement dans les années qui ont suivi ma nomination aux hôpitaux (1895) et précédé mon entrée dans un service de gynécologie pure (1906). J’ai travaillé de mon mieux, dans les divers services où m’a conduit la destinée, soit au cours des remplacements de vacances, soit comme agrégé suppléant les professeurs Duplay et Tillaux, soit surtout comme assistant de Reclus qui, pendant longtemps, m’avait

.\u cours de ces années déjà lointaines, années de jeunesse, d’enthousiasme, de hardiesse et parfois de témérité, je m’étais avant tout laissé séduire par les grandes opérations de cette terrible chirurgie du cancer, qui donne à ceux qui ont le courage de l’entreprendre bien des émotions cruelles, mais aussi les satisfactions les plus hautes et les plus légitimes.

J’ai donc beaucoup travaillé cette grande question. J’ai écrit de nombreux articles sur Vexhrpation des tumeurs du cou, de la langue, du pharynx et de l’arrière-gorge, des maxillaires supérieur et inférieur. J’ai

décrit et exécuté des procédés originaux sur l’actirpalhn des tumeurs de la parotide, du rectum, du naso-pharym pour lesquelles j ai décrit la voie naso-maaillaire, qui semble acceptée de tous en rhinologie, et enfin sur Y extirpation de l'œsophage thàràcigue, qui passait pour impossible, et que j’ai été le premier à exécuter.

La plupart de ces travaux ont été l’objet de leçons que j’ai faites soit à la Charité, soit à l’Hôtel-üieu, soit ailleurs, jusqu’en Amérique, et qui ont été recueillies en un volume {Leçons de clinique et de technique chirurgicales, 1905).

Au cours dés mêmes années, j’ai décrit et rais en pratique divers procédés opératoires nouveaux, sur la cure radicale dés hernies sans fils perdus, sur la gastro-entérostomie par invagination, sur le plissement de l'estomac, Yallongement des tendons des péroniers, sur une nouvelle amputation ostéoplastique du pied, amputation dé l’avant-piéd avéc arthrodèse tibioastragalienue qui donne un moignon excellent, et enfin sur une opération que j’ai décrite avec mon ami Furet et exécutée eh 1898 : traitement de la paralysie faciale par l’anastomose spino-faciate, opération qui a été exéculée depuis cette époque un très grand nombre de fois, avec des succès nombreux et qui est aujourd’hui devenue classique.

j’ai fait faire par mes élèves, à propos dé ces opérations nouvelles ou de ces divers procédés opératoires un certain nombre de thèses dont il est inutile d’allonger cetle énumération.

En dehors do ces travaux, qui présentent presque tous par quelque côté un certain degré d’originalité, j’en ai publié beaucoup d’autres sous forme d’articles itisérés soit dans la Presse Médicale, soit dans d’autres journaux, ou de communications faites soit à la Société de Chirurgie, soit aux Congrès français de Chirurgie, soit aux divers Congrès internationaux qui se sont succédé depuis plus de vingt ans. Ces articles et ces communications portent sur les questions les plus diverses de la chirurgie générale, et, pour ne citer que ceux qui 6ht trait è la grande chirurgie, sur Yhépatopexie (thèse 1892), sur le traitement du goitre exophtalmique par la résection du grand sympathique, sur le traitement de l’hépatite aiguë par l'a dilacération du foie, siir les pancréatites, sur la làmmectàmie, sur la résection des racines postérieures des nerfs de la queue de cheval, les plaies du canal thoracique.

Ventrée de l’air dans les veines, la ligature tempgr(i,ire de l'aorte abdominale et des grosses artères du bassin, 1^ désarticulation de la hanche, l’appendi-

J’ai publié certaines éludes d’un caractère plus général ; un mémoire sur Vindolence des néoplasrfies, écrit sous l’inspiralign de mon maître Verneuil, une étude sur les ittferrentions d'urgence sur la cavité abdominale, sur la douleur thoracique dans les affections inflammatoires de la partie supérieure de l'aljdomen, symptôme dont j’ai fait remarquer l’importance et qui semble devenu classique, enfin plusieurs éludes sur \'anesthésie, et en particulier sur 1 anesthésie par le mélange de Schleich, dopt je me suis souvent occupé et à laquelle je suis resté fidèle.

Je ne rappelle que pour ipémoire de nombreux rapports, des communications et des discussions non moins nombreuses à la Société de Chirurgie, depuis plus de quinze ans que j’en fais partie.

Enfin j’ai collaboré aux grandes publications didactiques parues depuis vingt-cinq ans cj écrit de nombreux chapitres qui n’opt, eux, aucun caractère original.

Ce sont ; Les Malafties chirurgicales de l’appareil tégumentaire, dans le Traité de chirui'gie clinique et opératoire de Le Dentu et Pierre Delbet.

Les Maladies chirurgscales du foie et des voies biliaires, dans le même ouvrage.

Enfin (es Maladies de l’anus et du rectum dans le Traité de Chirurgie do üuplay et Reclus.

Ce sont là des ouvrages de longue haleine, qui ont pu avoir leur utilité, mais qui ne présentent aucun intérêt particulier.

Tous ces travaux n’ont rien à voir avec la gynécologie, mais ils témoignent d’une prédilection ancienne pour la grande chirurgie opératoire et de l’habitude qpe j’ai pu acquérjr de Ig chirurgie générale.

Or c’est là, à mon avis, pour qui a l’ambition d’enseigner la gynécologie, un point de la plus haute intiportance.

Plus que jamais, après les années que nous venons de vivre, nous devons nous éloigner de la conception allemande, qui fait de la gynécologie une science à pa,rl, ayant plus de rapports avec l’obstétrique qu’avec la chirurgie

p,ès cette époque, je montrai comment la section du cpj utérin, qui est, par son insertion vaginale, le mojen de fixité principal de tout l’appareil utéroannexiel, est la manœuvre capitale,(l,e toute hystérectomie, et copiment, lorsque le col est sectionné, l’opération est pour ainsi dire terminée. Ce procédé répond à des indications très différentes suivant qu’on attaque le col par derrière, décollation po0rieure, et permet dans ces cas d’enlever l’ulérus en quelques secondes, ou suivant qu’op l’attaque par devant, décollation antérieure, et permet alors d’enjever avec upe grande facilite l’utérus lixé en rétroflexion adhérente. Certains chirurgiens, Ricard, Louis Bazy, de Martel, enthousiasmés de ce procédé, ont voulu l’ériger en méthode générale et l’appliquer à tous les cas d’hystérectpmie pour annexites. Je suis très fier d,e cet honneur, mais ils exagèrent ; dans les cas ordinaires il y a des procédés meilleurs, — procédé de II. A. Kelly, hémisectiop, — et la décollation antérieure doit être réservée aux annexites hilatéralcs avec utérus en rétroflexion adhérente ou aux cas analogues. Dans la plupart des autres cas, ce procédé ne vaut pas les autres.

Dès cette époque, dans de nombreuses opérations, dans des leçons cliniques faites principalement à la Charité et à l’Hôtel-Dieu, dans divers articles, et enfin dans pn ouvrage assez important publié en 1902 (Chirurgie des annexes de l utérus, collection Ricard et Rochard), je me suis attaché .au perfectionnement de la technique ffe l’hystérectomie abdominale. J’avais mis pu pratique les procédés existant avant moi et créé des procédés nouveaux, mais, au début, je n’avais pas d’idées très précises sur la supériorité relative de ces divers procédés suivant les cas auxquels ils s’appliquent.

Peu à peu la lumière s’est faite dans mon esprit et je suis arrivé à poser des règles extrêmement claires sur la façon dont doit être conduite une hystérectomie, et sur les divers procédés à employer suivant les cas ep face desquels on se trouve. Les diverses règles de cette « tactique de l’hystérec- Ipmie » ont été condensées dans un livre paru en 1906 : L'hystérectomie. Indications et technique.

Dans ce livre qiie l’Académ,ie de médecine a honoré du prix Xarnier (1910), la technique de l’hystérectoraie est étudiée sous toutes ses faces. J’y ai posé pour la technique générale et pour le choix des procédés, dos règles précises auxquelles je n’ai depuis Iprs apporté aucune modification et je ne saurai mieux faire que de rapporter ici les dernières lignes de ce livre écrites

il y a treize ans, dont uhe expérience prolongée ni’a démontré l’exàclitude et qùëj’écrirdis encore aujourd’hui, si j’avais à les écrire.

« J’ai fini. Nous sommes donc bien arniés dans cètte lutté contre les difficultés techniques de l’hystérectomie, mais liflus devons connaître toutes nos armes. J’ai la coHviction absolue qtie c’èst éii suivant les règles que je viens d’exposer que l’on peut arriver à pratiquer simplement cette chirurgie souvent difficile. Ce qu’il faut, c’ést avoir la confceptioh hette du but à atteindre, car en chirurgie comme dans toutes les manifestations de l’activité humaine, nous n’éxécutons bien que ce que nous cohcevons clairement. Nul ah H’est plus personnel que le nôtre, et nul, en conséquence, n’est plus étroitement subordonné aux qualités et aux défauts de celui qui l’exerce. Dans les cas difficiles, c’est l’inspiration du moment qui décide parfois du succès de l’Opération et de la vie de l’opéré, et c’est en'vérité une tâche redoutable que celle que nous assumons et qiii met une vie humaine à la merci d’un de nos regards, d’un de nos gestes ou de l’inspiration heureuse ou funeste qui traverse comme un éclair notre cerveau surexcité.

« Tout ce qui peut diminuer l’importance de cette inspiration personnelle, qüé conduit souvent le hasard, lotit ch qui tend à enfermer notre inlervehtion dans des règles précises, est uhe arme arrachée à la fatalité aveugle et une force lijhutée â notre puissance.

« Voilà pourquoi j’espère nè pas faire tetivre stérile et vaine en insistant comme je viens de le faire sur des réglés opératoires qui se présentent à mes yeux comme des vérités profondes et qui, cependant, sont encore bien mal connues et bien rarement appliquées.

« Mais elles peuvent attendre, car ce qui, aujourd’hui, est la vérité, sera la vérité demain.

« J’ài la conviction que le jour n est pas éloigné où ces règles seront appliqués par touS. Dans vingt ans, dans dix ans peut-être, si des découvertes nouvelles ne viennent pas arracher à la chirurgie la thérapeutique utérine, et si, pour soulager les femmes qui soulîrent et pour guérir celles qui meurent, l’opération est encore la raison suprême, ce qui est contenu dans ces quelques pages sera devenu d’une telle banalité que nul ne s’occupera sans doute de savoir le nom de ceux qui auront travaillé à faire jaillir ces idées des profondeurs obscures'où elles dorment'encore. Mais peu importe, il leur suffit de savoir qu’ils travaillent pour la vérité ».

Telle est, en gynécologie, mon œuvre principale. Au milieu des opérations innombrables exécutées par tous les chirurgiens du monde, je me suis efforcé d’apporter une clarté salutaire, de créer une méthode directrice, une technique simple et précise qui puisse guider le chirurgien dans ces interventions toujours sérieuses, souvent difficiles, et lui permettre de les exécuter souvent avec une simplicité et une rapidité extraordinaires, toujours avec un minimum de risques et d’accidents. J’ai conscience, dans ce travail de plus de vingt années, d’avoir fait une œuvre utile, une œuvre qui restera tant qu’il y aura une chirurgie utérine, et d’avoir atteint le hut le plus beau que puisse se proposer un chirurgien, celui d’avoir rendu service aux malades.

Mais on ne peut pas toujours creer des choses nouvelles. Depuis celte époque, j’ai surtout travaillé à développer par la parole, par la plume et plus encore par l’exemple de tous les jours, ces vérités techniques qui ont à mes yeux une importance capitale. Je les ai répandues dans le monde par des leçons, par des articles, par des opérations exécutées dans les pays étrangers et enfin par un livre important, le Traité de gynécologie médicochirurgicale (1911) dont mon collègue A. Siredey a écrit la partie médicale, et dans lequel j’ai donné tous mes soins à la description technique des procédés opératoires et à la discussion de leurs indications.

A côté de ces travaux principaux, mes autres publications gynécologiques, articles, leçons diverses, communications et rapports dans les sociétés scientifiques (Société de chirurgie, Société d’obstétrique, gynécoloETie et pédiatrie) ou les Congres français ou internationaux (Congrès français de chirurgie. Congrès de gynécologie de Rome, d’Amsterdam, de Rruxelles, de Lille, d’Alger, de Berlin; Réunion de la Société internationale de chirurgie à Bruxelles; Grands congrès internationaux de Pans, de Madrid, de Lisbonne, de Budapesth, de Londres), n’ont que bien peu d’importance. Autant dire qu’ils ne comptent pas. Je n’en dirai donc rien, pas plus que des nombreux articles de gynécologie que j’ai publiés dans la Pratique médico-chirurgicale, de Reclus, Pinard etBrissaud.

Je tiens cependant à signaler les travaux divers dans lesquels j’ai cherché è préciser les indications de l’hystérectomie vaginale, admirable opération.

Depuis celle époque, el en grande partie sous rinfluence de cette communication et des discussions qui suivirent, un certain nombre de chirurgiens énergiques, au premier rang desquels je citerai Pollosson, ont en Finance entrepris une lutte de tous les Jours contre la plus cruelle des alfeclions dont puissent souffrir les femmes. Kt maintenant la preuve est faite. Nous savons quelles peuvent guérir. Nous savons même quelles guérissent presque toutes lorsqu’elles sont opérées au début de leur mal, et que si celui-ci leste encore redoutable quand il n’est pas opéré de bonne heure, nous pouvons encore apporter le salut à un grand nombre de celles dont le mal est déjà assez avance, et qui, autrefois, passaient a juste titre pour absolument

Et c’est pour moi une satisfaction profonde que d’avoir contribué par mon travail et par ma persévérance dans l’action, malgré la fatigue imposée par des opérations parfois terribles, malgré les accidents et malgré les désastres, qui d’ailleurs deviennent de plus en plus rares, à mener la bataille contre le cancer utérin et à la conduire jusqu’à la victoire.

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