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CHIRURGIE DÈS ARTICULATIONS

La chirurgie des articulations a bénéficié de la chirurgie antiseptique plus qu’aucune des branches de la chirurgie. J'ai même démontré, en plusieurs circonstances, qu’elle avait accompli de ce fait plus de progrès que la chirurgie abdominale. Si la chirurgie abdominale est possible avec des précautions, avec la propreté chirurgicale, il n'en est pas de même de la chirurgie des articulations. On peut donner comme une sorte de critérium de la chirurgie antiseptique l’accomplissement régulier des opérations de toutes formes qui peuvent être pratiquées sur lès grandes articulations en général, et sur le genou en particulier.

Or il suffira de recourir à la liste des travaux suivants, et les courts résumés que j’en ai donnés, pour voir qu’il n’y a guère de chirurgien qui ait abordé aussi complètement la chirurgie articulaire dès les premières heures de la chirurgie antiseptique. J’en ai abordé toutes les opérations connues pour lesquelles j’ai institué ma technique personnelle. 11 y en a que j’ai profondément modifiées. Il y en a que j’ai créées de toutes pièces.

Enfin, pour toutes j’en ai montré l’innocuité avec des résultats évidents pour les fonctions des membres.

Je fais remarquer, avant de produire ce résumé, que la notion de l’inutilité de l’immobilisation dans des articulations blessées intéressées par le traumatisme, la notion plus parfaite des nécessités de mobilisation immédiate des grandes articulations et des petites articulations intéressées que j’ai

formulée et bien établie le premier, est appelée à avoir une influence considérable sur les résultats de la chirurgie. On la retrouvera non seulement au premier rang pour tout ce qui intéresse directement la chirurgie articulaire, mais dans ma thérapeutique particulière des fractures et, en somme, dans presque tous les actes de la chirurgie moderne.

Arthrites purulentes.

J’ai montré, à propos de cette lésion autrefois si redoutée, que l’ouverture large des articulations du genou pouvait donner un résultat parfait, puisque j’ai cité, dans un mémoire ancien déjà, cinq observations personnelles avec cinq guérisons et la conservation des mouvements plus ou moins complète pour tous les opérés. Depuis, ces succès se sont bien multipliés et j’ai mieux déterminé encore le mode très simple

Corps étrangers du genou.

Dès mes premières opérations antiseptiques, j’ai pu établir que l’ouverture large du genou permettait de les enlever sans inconvénient et entre des observations assez nombreuses, j’ai cité, dans un mémoire, le cas d’un corps étranger que j’ai enlevé par la face postérieure du genou. J’ai, depuis, pratiqué toutes mes opérations sans immobilisation ou avec une immobilisation insignifiante de durée.

Suture de la rotule fracturée.

Cette opération, désastreuse autrefois, a été bien établie par Lister et Cameron, son élève. Non seulement je l’ai pra-

diquée un nombre considérable de fois, mais je pense en avoir établi d'une façon nette toutes les ressources et formulé la pratique la plus simple et la plus parfaite.

. Les termes nécessaires de cette opération sont l'ouverture large du genou, l’avivement des fragments dans le cas de frac-

Le placement de deux fils d’argent très gros qui sont, ou passés d’un fragment à l’autre sans pénétrer le cartilage (méthode de Lister), ou passés d'un fragment dans l’autre en traversant les deux fragments ou enserrant un des fragments et traversant l’autre, ou un fil joignant les fragments et l'autre les enserrant, ou les deux fils enserrant des fragments trop friables.

•l'ai encore placé des fils entre des fragments impossibles à joindre (charnière métallique).

Tous ces modes d’opération m’ont donné de bons résultats avec un genou souple, mobile, et j’ai pu obtenir la marche dès lé dixième jour.

Tendon

artificiel.

J’ai pu réussir dans un cas de rupture du tendon rotulien, compliquant une fracture de rotule, une réunion parfaite entre le fragment supérieur de la rotule et l’épine antérieure du tibia. Deux gros fils d’argent ont constitué là un véritable tendon rotulien artificiel qui s’est montré très solide et point gênant, puisque j’ai pu présenter l’opéré à l’Académie deux ans après l’opération, marchant très bien et exerçant le métier très fatigant de débardeur de sable.

Je présentai à la même séance un homme opéré pour fracture successive des deux rotules.

Arthrotomie et arthrectomie.

J’ai montré par de nombreux exemples à la Société de chirurgie que les grandes arthrotomies du genou peuvent jouer un rôle très efficace dans certaines formes d’épanchement et d’arthrites. Peu partisan de l’arthrectomie dans le traitement des tumeurs blanches, j’ai fait cependant des opérations assez nombreuses pour établir que l’extirpation totale delà synoviale du genou peut et doit s’accomplir en conservant les mouvements du genou.

Opération nouvelle pour luxation de la rotule en dehors.

J’ai fait connaître au Congrès français de chirurgie une opération nouvelle que j’ai imaginée pour remédier aux luxations anciennes de la rotule et que j’ai appliquée avec succès. L’opération a consisté à creuser sur ,1’extrémité fémorale, à sa partie antérieure, une gorge assez profonde pour y , loger la rotule dans la flexion du genou. J'ai même donné à cette gorge des dimensions exagérées, ce qui a placé la rotule en dedans d’une sorte de mur qui lors de la flexion du genou empêchait la rotule de s’échapper en dehors. Plusieurs mois après son opération faite sans incident fâcheux, l’homme marchait bien solide sur son membre et la luxation n’avait pas de tendance à se reproduire.

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