RÉSECTION ARTICULAIRE EN GÉNÉRAL RÉSECTION DU GENOU EN PARTICULIER
Malgré les efforts faits pour acclimater la résection du genou en France, cette opération n’a été que fort rarement pratiquée avant la chirurgie antiseptique; et si entre- les mains de M. Ollier elle a donné des résultats un peu moins meurtriers, elle n’avait pas donné de résultats définitifs comparables à ceux des autres résections. Pour cette opération à laquelle en France on avait pu assigner une mortalité hospitalière de 84 pour 100 et qui dans les cas les plus heureux donnait des membres avec fistules et peu propres à la marche, j’ai, le premier, fait connaître les longues séries sans mortalité avec des réparations par première intention et des membres si puissants qu’ils puissent suffire à la marche et même à des travaux de force.
J’ai à plusieurs reprises fait connaître mes procédés opératoires et leur simplification, et à l’heure actuelle, je puis compter 69 opérations, sans un seul cas de mort dû à l’opération. La plupart des sujets guéris ont été absolument e.xempts de toutê infirmité avec des membres solides, fonctionnant pour la marche et le port des fardeaux dans des conditions très satisfaisantes.
Mon procédé comporte la destruction absolue de toute l’étendue du foyer de tuberculose, la suture métallique et perdue des extrémités osseuses, l’application d’un appareil inamovible immédiat et un pansement unique.
Il a été appliqué depuis moi nombre de fois par mes élèves ou mes collègues avec un grand succès.
A propos de cette opération, j’ai nombre de fois fait remarquer que l’ablation complète d’un grand foyer de tuberculose osseuse est la condition qui favorise le plus la disparition des foyers de tuberculose pulmonaire, et j’ai montré qu’une résection bien faite, loin de donner un coup de fouet aux lésions d’autres sièges et concomitantes, paraît en favoriser la répara-
81. — Rapport sur un mémoire du D'Baudon, intitulé : De l’opportunité de la résection dans la cachexie osseuse.
Société de chirurgie, 4 octobre 1876.
82. — Sur le traitement des fractures vicieusement consolidées.
Société de chirurgie, 30 juin 1880.
J’affirme la supériorité des résections à faire sur des redressements
83. — Résection articulaire sans suppuration ; Traitement des arthrites par l'onguent mercuriel; Résection du genou et du coude.
Journal de médecine et de chirurgie pratiques, octobre 1885.
84. — Traitement des tumeurs blanches et des lésions scrofulotuberculeuses par l’onguent mercuriel.
Journal de médecine et de ehimrejie pratiques, novembre 1885.
85. — Attelle métallique à places' dans un appareil plâtré pour la contention du membre après la résection du genou.
Journal de médecine et de chirurgie pratiques, février 1886.
sé. — De la résection du genou.
Congrès Français de chirurgie, 1886, p. 796.
difticil
90. — Sur- Vankylone osseuse rectiligne du coude irailée par section simple et mobilisation.
résection, répond à toutes les indications d’ankyloses.
91. — Traitement des tumeurs blanches. Emplâtres mercuriels. Injections modificatrice.'.-. Valeur relative des opérations et surtout des résections.
92. — Résection du genou. Statistique de 44 cas : Procédés op&i'atoires.
Société de chirunjk, 30 juillet 1890.
Dans ce travail considérable je donne mon mode opératoire actuel. Opération très complète, suture métallique, drainage, un seul pansement. Incision courbe. Excision de toute partie d’apparence suspecte. L’absence de suppuration doit être absolue. Appareil plâtré avec attelle postérieure, par-dessus le pansement. Aucun cas de mon sur nos 44 résections. Résultat parfait pour les fonctions.
'5. — Présentation de malades : Deux opérées anciennes de résection du genou.
LA TRÉPANATION Oü CRANE ET LES LOCALISATIONS CÉRÉBRALES
RÉHABILITATION DE CETTE OPÉRATION SON APPLICATION AUX MALADIES CÉRÉBRALES
Avec le dix-neuvième siècle la trépanation du crâne avait à peu près disparu de la chirurgie régulière. Les rares opérations qui étaient pratiquées n'avaient guère eu de succès ; et ceux qui défendaient encore le trépan le faisaient bien timidement. La mortalité de cette opération due aux complications des plaies empêchait les bons résultats de l’initiative chirurgicale. M. Sédillot, le premier, eut la pensée que la méthode antiseptique pourrait changer complètement la face des choses. Encouragé par la lecture de son mémoire, je fis, en novembre 1874, une trépanation pour fracture du crâne sans lésions extérieures et dans les plus mauvaises conditions. Non seulement je guéris mon opéré qui vit toujours en bonne Santé depuis dix-neuf ans, mais je constatai chez lui un ensemble de phénomènes dont il me sembla qu’on pourrait tirer parti pour simplifier la recherche des lésions intra-crâniennes en pareille occurrence. Il nous-avait présenté des lésions localisées au centre moteur du bras droit et au centre de la parole.
Je pensais qu’en utilisant la connaissance des centres moteurs de l’écorce cérébrale telle que venaient de l’établir Charcot et Férier et en la combinant avec les notions de topographie crânienne étudiées surtout par Turner, Broca et ses élèves, on pourrait, en cas de lésions localisées dans cette importante région, avoir un guide utile et précis là où on devait
jusque là procéder au hasard. M. Broca, à qui je communiquai mes premières études, m’apprit qu’en 1871 ayant constaté de l’aphasie sur un sujet atteint d'accidents cérébraux, il avait déterminé sur le crâne la région du centre de la parole et trépané. Il avait ouvert un grand foyer purulent. Le malade, soulagé, était cependant mort peu après. Il avait donc établi la possibilité d’une direction du chirurgien par la localisation.
Je venais, de mon côté, de déterminer sur le crâne un procédé de recherche facile, grossier même, partant très chirurgical, donnant une précision pratiquement suffisante. La détermination de la région des centres, d’une région facile à circonscrire, facile à découvrir presque totalement, a fait le fondement de ma méthode, qui a été adoptée non seulement en France, mais dans le monde entier.
Mon livre sur la trépanation et les localisations cérébrales contenait d’abord un chapitre considérable sur la trépanation préhistorique dans lequel je pense avoir établi d’une façon irréfutable un des procédés les plus employés pour la trépanation préhistorique et établi certaines relations entre nos observations modernes et cette trépanation, conservée non seulement par certaines peuplades peu civilisées, mais dans des régions de civilisation très ancienne, comme la Cornouaille anglaise.
Outre la topographie crânienne, la détermination de la ligne Rolandiqne qui forme un centre de figure pour la direction et dont la détermination m'appartient absolument, mon livre sur la trépanation contient une étude très complète sur les plaies de tête observées pendant la guerre de la Sécession qui nous offraient le seul champ d’étude moderne pour la trépanation. Mon livre, reproduit en toutou en partie un peu dans toutes les langues, a été traduit en anglais. Il a été couronné à l’Académie de médecine et a reçu le prix Amussat en 1880.
Depuis sa publication, j’ai constamment poursuivi l’étude et la pratique de la trépanation du crâne. Non seulement mes publications sont nombreuses, comme l’indique la liste suivante,
mais mes opérations sont beaucoup plus nombreuses encore.
Ces trépanations, que j’ai faites le premier en France, d’après les localisations cérébrales, ont porté sur des faits d’exostose, d’hémorrhagie cérébrale.
J’ai appliqué la trépanation à l’épilepsie vraie, à l’épilepsie jacksonnienne d’origine pathologique ou d’origine traumatique, aux vertiges, à certaines formes de méningo-encéphalite d’origine traumatique, à l’hydrocéphalie.
J’ai pratiqué un chiffre d’opérations que très peu de chirurgiens ont atteint, soit 58 opérations pour lésions cérébrales en dehors du traumatisme, et 11 opérations pour traumatisme. Au cours de ces opérations, j'ai pu établir l’innocuité de la trépanation qui n’est redoutable que lorsqu’elle est pratiquée chez un sujet porteur d’énormes lésions. L’opération par elle-même n’est pas plus à craindre que toutes les ouvertures des séreuses que nous pratiquons aujourd’hui et on a pu déterminer les conditions de la trépanation explo-
Mes propositions premières, accueillies avec beaucoup de réserves par la Société de chirurgie, sont devenues classiques aujourd’hui, et quoique les opérations de trépan en dehors du traumatisme soient encore assez rares dans les hôpitaux de Paris, on en peut déjà citer un certain nombre d’exemples intéressants, où l’opération a été pratiquée suivant mes procédés. Voici la liste des principales publications que j’ai faites sur ce sujet ;