Titres et travaux scientifiques
Après avoir disséqué flans le laboratoire de M. Farabeuf dont il a eu l’honneur d’être l’élève, M. Jolly est entré en 1890 au laboratoire d’histologie du Collège de France, dirigé par M. Ranvier et par M. Malassez, et depuis l’année 1894, sous la direction de ces maîtres, M. Jolly s’est consacré entièrement à l’étude et à l’enseignement de l’histologie. En même temps, comme interne, puis comme chef de laboratoire de M. Dieulafoy, à l’Hôtel-Dieu, il étudiait et enseignait l'anatomie et l’histologie pathologiques.
Nous ne donnerons dans l’exposé suivant que les résultats de
divers, anatomiques et anatomo-cliniques, dont on trouvera l’indication dans la liste des travaux par ordre chronologique.
Recherches sur la morphologie des globules blancs, la signi-
relations génétiques qui existent entre eux (16, 18, 19, 21, 28, 31, 35, 41, 47, 58) (1).
Au moment où M. Jolly a commencé ses recherches sur cette
togonies se chargent de substances nutritives, augmentent de volume et deviennent aptes à une multiplication rapide : ce sont les spermatocytes. Après des divisions successives et
et dont le cytoplasme ne porte pas de granulations, ont des mouvements beaucoup moins actifs. Ces mouvements sont difficiles à.mettre en évidence pour les plus petites de ces cellules, pour les lymphocytes. Cependant, dans le sang des Batraciens urodèles, où leur noyau est bien visible pendant la vie de la cellule, dans la lymphe de la grenouille fixée pendant les mouvements des lymphocytes, dans le sang de la lymphocytémie chez l’homme, dans le sang du lapin, objets d’étude favorable parce que les lymphocytes y sont nombreux, on peut les mettré en évidence. On peut également les observer dans le suc exprimé des ganglions et dans la lymphe du canal thoracique, qui ne contient guère que des lymphocytes.
Les lymphocytes sont donc doués de motilité. On n’observe, à vrai dire, cette motilité, en général, que sur un petit nombre d’entre eux, ce qui explique que, dans certains cas, elle puisse très facilement passer inaperçue. Ces mouvements sont en général peu considérables et nécessitent une température relativement élevée, tandis que les mouvements des leucocytes à noyau polymorphe se voient déjà à la température du laboratoire. Ils s’accompagnent quelquefois d’une reptation véritable. Us permettent donc probablement la diapédèse de ces cellules, mais étant donné la différence considérable d’activité, cette diapédèse doit être infiniment plus rare et plus discrète que celle des leucocytes à noyau polymorphe. Il existe donc des différences dans la motilité des différents types de leucocytes du sang, et ces différences sont justement en rapport avec le résultat de l’observation de la leucocytose. Il se trouve justement que ce sont les cellules les plus mobiles qu’on voit alors arriver au sang avec le plus de facilité. On a donc des raisons de conclure que, pour expliquer les diverses formes de leucocytoses, il faut tenir compte, non seulement des conditions chimio-tactiques, encore si mystérieuses, mais encore des différences de motilité, faciles à mettre en évidence.
A propos des mouvements des lymphocytes, on pourrait se demander quelle est la raison qui fait qu’un si grand nombre de lymphocytes soient privés de mouvements, alors que d’autres sont parfaitement actifs. Comme ces différences se voient sur des
Les observations de M. Jo
conduisaient naturellement à étudier par l’expérimentation cet état 'pathologique, et à l’étudier d’abord chez les animaux qui, pour le sang, représentent un peu le type embryonnaire des mammifères, et dont les éléments sont, en raison de leur taille, un .3 sujet de choix pour l’histologiste.
On a déjà souvent étudié la régénération du sang chez les batraciens, en la provoquant par des saignées, mais par des saignées 'm
brutales qui ne peuvent plus être employées aujourd’hui, avec | nos connaissances des infections et des intoxications, causes d’erreurs considérables. M. Jolly suit une autre voie et cherche à S
par un grand nombre de mitoses de globules sanguins.
Les cellules en mitose répondent à la description des érythroblastes des auteurs. M. Jolly les avait d’abord considérées comme des érythroblastes, c’est-à-dire comme des cellules lymphoïdes se transformant en globules rouges. Des recherches ultérieures lui ont permis de montrer que cette interprétation n’était pas la bonne : ces cellules représentent des globules rouges elliptiques transformés dans une période préparatoire à la division. Les principaux caractères de cette transformation sont: gonflement du noyau, hydratation du suc nucléaire qui distend le réseau chromatique condensé, gonflement et hydratation du protoplasma, perte d’une partie de l’hémoglobine, transformation sphérique. La régénération du sang se fait donc ici, d’abord par la division indirecte des globules rouges qu’il contient. Ce fait n’exclut en rien la possibilité d’autres phénomènes régénérateurs aux dépens d’érythroblastes (cellules lymphoïdes mères de globules rouges). Ou de cellules fusiformes ; mais ces phénomènes ne s’observent pas pendant la poussée des mitoses.
Tous les globules rouges qui accomplissent ces transformations ne sont pas destinés à se diviser. Un certain nombre d’entre eux subissent des altérations ; les altérations peuvent