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I STATIONS SANITAIRES

Rapport sur le fonctionnement des stations sanitaires.

].es Stations sanitaires ont été créées avec la préoccupation d’y faire passer un certain temps les militaires tuberculeux, avant qu’ils soient réformés, en Vue de leur enseigner les soins et les précautions hygiéniques que nécessite leur état. Ce ne sont pas de véritables sanatoriums de cure, mais dés établissements d’éducation prophylactique. Dans ce but, des immeubles divers ont été appropriés suivant un « programme minimum », à la fois économique et rationnel, élaboré par la Commission permanente de préservation contre la tuberculose.

Toutefois on a tenu à ce que non seulement l’installation matérielle réalise les conditions indispensables à un établissement de cette nature, mais aussi à ce que les règles du traitement et de la-discipliné médicale s’inspirent de colles des.

Par la conversation de chaque jour, par des conférences familières, les médecins font pénétrer dans l’esprit du malade les connaissances utiles, en même temps que, par la pratique continue des soins et des mesures prophylactiques, les infirmières, recrutées parmi le personnel d’élite formé par l’École des Infirmières- Visiteuses de Franc;, imprègnent les malades d’habitudes salutaires; connaissances

el habiludes, les malades les transportent cher, eux à leur sortie, les appliquant désormais dans la conduite de leur vie.

Mais ce n’est pas tout, les malades obtiennent par surcroît un bénéfice thérapeutique, qui se traduit pour la plupart par des améliorations notables. Le fonctionnement des Stations n’est pas assez ancien pour que l’on puisse actuellement apporter des statistiques démonstratives. Mais il est intéressant de noter que dans la majorité des cas, les conditions de repos, d’alimentation, de grand air. imposées aux malades, suffisent à modifier leur état rapidement et parfois profondément.

En envoyant les militaires tuberculeux dans des établissements du Ministère de l’Intérieur au lieu de les réformer sans aide, l’État atteste vis-à-vis d’eux son rôle tutélaire, et il les prend en charge, leur continuant son assistance en les signalant, à leur sortie des Stations, aux Comités départementaux ; il prend en même temps ses sûretés en suivant leurs traces, pour défendre le pays contre la diffusion de la maladie.

Mais, outre ces militaires en instance de reforme, les Stations sanitaires reçoivent également des réformés, soit que ceux-ci n’aient jamais passé par les Stations, soit qu’ils y reviennent pour continuer leur cure; c’est ainsi que ces établissements servent de sanatoriums pour les malades assistés par les Comités départementaux et désignés par eux comme justiciables d’une cure sanatoriale.

11 se fait donc comme un échange de relations entre les Comités départementaux et les Stations sanitaires, celles-ci signalant leurs sortants aux Comités, les Comités envoyant aux Stations ceux de leurs malades dont l’état commande le

A vrai dire, les Salions sanitaires ne se présentent pas toutes dans des conditions similaires, et quelques-unes répondent exactement à cette installation de fortune qui a tout d’abord défini leur programme; mais d’autres réalisent des sanatoriums véritables; ainsi en est-il des Stations de Saint-Jodard (Loire), de Pignelin (Nièvre), de Monfaucon (Lot), d’Engayresque (Aveyron), el d’autres, qui pourraient rivaliser avec les sanatoriums populaires les plus réputés de France ou de l’étranger.

Les Stations sanitaires sont réparties sur des points très différents du territoire ; quelques-unes sont situées dans le Plateau central (Sainl-Jôdard, les Hoches, Bégut) ; d’autres sur la Riviera ou en Provence (Menton, Taxil, Portes-lès-Yalence) ; d’autres en Bretagne (Iluelgoat); d’autres dans la région pyrénéenne (Cambo, Trespoëy); bon nombre sont en plaine (La Chapelle Saint-Mesmin, Touvenl, Clavières, Saint-Étienne-de-Rouvray, etc...).

Le nombre actuel des Stations est de 29, représentant un total de près de

Le nombre des malades qui jusqu’en mai 1918 ont passé par les Stations sanitaires est de 14 000.

C’est dire les services rendus par ces établissements.

Chargé au Ministère de l’Intérieur de leur inspection, j’ai pu, par des visites fréquentes, par le contact maintenu avec les médecins, coopérer à la bonne marche des Stations sanitaires. J ai pu aussi consulter les resultais obtenus dans chacune d’elles, et demander à l’expérience le choix entre celles qui pouvaient être conservées dans l’avenir et-celles qu’il était préférable de laisser disparaître avec la guerre.

Enfin, j’ai été chargé d’assurer la liaison des Stations sanitaires d’une part avec les hôpitaux sanitaires créés par le Service de santé, et d’autre part avec les Comités départementaux.

Il - COMITÉS DÉPARTEMENTAUX D ASSISTANCE AUX ANCIENS MILITAIRES TUBERCULEUX

L’assistance aux anciens militaires tuberculeux.

Paris Médical, 7 avril 1917.

Sur le signalement des réiormés tuberculeux aux Comités départementaux. - Commission permanente, 21 avril 1917.

L'oeuvre des Comités départementaux. — Paris Médical, 5 janvier 19)8.

Rapports aux Assemblées générales du Comité national.

t mai 1917; 7 juin 1918.

Académie de Médecine, 26 mars 1918.

Un modèle d'organisation départementale antituberculeuse.

Presse Médicale, 21 juin 1917.

Je n’ai pas borné mon rôle à assurer la liaison des Stations sanitaires avec les Comités départementaux; j’ai pu heureusement seconder les efforts de ceux-ci et coordonner leurs moyens d’action. Dans des conférences avec le» personnalités qui les constituaient, j’ai souvent pu faire prévaloir et appliquer les méthodes prophylactiques qui leur étaient assignées à leur origine, et avaient été comme leur

La méthode consiste à fournir aux réformés ce qu’on pourrait appeler Y insistance prophylactique, c'est-à-dire une assistance qui se traduit moins par des dons d’argent, que par l’apport de tous les secours qui peuvent être utiles aux foyers

complète en peu de temps; ainsi en est-il, en parliculier, de la Loire, dont j’ai montré l’outillage antituberculeux méthodique, et, en quelque sorte, exemplaire.

A ces créations de dispensaires, de sanatoriums, d’hôpitaux, j’ai très souvent pris une part, comme inspecteur technique du Ministère de l’Intérieur,

lit. COMITÉ NATIONAL D ASSISTANCE AUX ANCIENS MILITAIRES TUBERCULEUX Md.

En collaboration avec M. le professeur Letulle, et sous la présidence do M. Léon Bourgeois, j’ai consacré une large part de mon activité it assurer le succès de l’œuvre entreprise par le Comité National.

Le Comité National d’assistance aux anciens militaires tuberculem a pour objet essentiel d’aider les Comités départementaux ; cette aide, il la effectuée par tous les moyens dont il disposait : allocation de subventions; distribution d’objets de vestiaire, d’ustensiles d’hygiène, de brochures de propagande, publication d’un « Guide pratique du Moniteur d’hygiène ». Il s’est efforcé également d’imprimer au mouvement né de l’action dés Comités départementaux une orientation uniforme cl méthodique. D’autre part, le Comité National a pris à tâche de stimuler quelques groupements corporatifs puissants et de faire appel au plus grand nombre de concours : c’est ainsi que l’Union des Industries métallurgiques et minières, à son instigation, a fondé une Association contre la tuberculose, qui va développer l’éducation antituberculeuse dans les milieux industriels et les doter de dispensaires et de sanatoriums; le Syndicat du Bâtiment s’engage dans la même voie.

Le Comité National a concerté son action avec d’autres Œuvres, telles que l’Œuvre Grancher, les trois Sociétés de la Croix-Rouge française, la Protection du Réformé n“ 2, pour coordonner les efforts vers un but commun, l’organisation méthodique de la prophylaxie antituberculeuse en France. Une collaboration étroite s’est établie entre le Comité National et la Commission américaine de préservation contre la tuberculose envoyée en France par la Fondation Rockefeller, en vue de nous apporter le précieux concours des conseils éclairés et de la puissance financière de nos alliés d’outre-mer. Cette collaboration s est traduite principalement par une sorte d’adoption de nos Comités départementaux par la Commission américaine, qui a pris pour règle de les impliquer, comme support, dans les organisations qu’elle crée, gage de l’appréciation portée par elle sur leur valeur. On sait que le Comité National a organisé dans toute la France une « Journée nationale des Tuberculeux » dont le légitime succès, attesté par une recette d’environ deux

millions do francs, a manifesté l’heureux résultat de sa propagande. Enfin, disons que le Comité National publie régulièrement un « Bulletin périodique », qui, renseignant et reliant en quelque sorte les Comités départementaux, dépeint toute la ■vie de l’Œuvre.

L’activité du Comité National, facilitée par les donations et souscriptions importantes dont il a été le bénéficiaire, n’a donc pas démenti les promesses du début; elle tend au contraire à s’élargir encore vers des champs nouveaux, tant dans le domaine de la propagande, par la cinématographie éducatrice, que dans celui de la thérapeutique sociale, par la création d’écoles de rééducation agricole pour tuberculeux.

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