‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 32 sur 32 · Traité clinique de thérapeutique chirurgicale · texte numérisé non relu

Traité clinique de thérapeutique chirurgicale

1 er volume : Thérapeutique et Méthodes générales ,

80. — Mémoire sur une nouvelle méthode de traitement des rétrécissements de T urèthre (<dilatation progressive et immédiate ).

Cette méthode consiste à introduire au moyen d’une bougie conductrice, analogue à celle dont on se sert dans l’uréthrotomie, trois sondes pleines coniques d’un volume progressivement croissant et qui se vissent successivement sur la bougie conductrice laissée en place. Depuis 1869, j’ai employé ce procédé sur presque tous mes malades atteints de rétrécissement; la guérison à peu près immédiate a été la règle (si l’on entend par guérison l’action de rendre au canal ses dimensions normales), je n’ai pas eu à regretter une seule fois des accidents quelque peu sérieux, et la récidive n’est pas plus à craindre qu’avec toute autre méthode, pourvu que le malade sorti de l’hôpital continue à se sonder de temps en temps. Je n’ai pas rencontré une seule fois depuis que j’emploie ce moyen 1 occasion de pratiquer utilement l’uréthrotomie interne.

81. — Note sur un moyen de franchir les rétrécissements regardés comme infranchissables.

Lorsqu’un rétrécissement très-étroit ne coïncide pas avec l’axe du canal de l’urèthre et qu’on ne peut y introduire une bougie, même filiforme, on a conseillé et essayé de le franchir en pratiquant le cathétérisme pendant qu’on fait uriner le malade. On échoue presque toujours, parce que le jet d’urine sortant du rétrécissement suffit à faire dévier une bougie, toujours alors très-mince. Il m’avait semblé qu’on arriverait plus facilement au but en cathétérisant le malade, en même temps qu’on pousserait une injection jusque dans la vessie. Une sonde poussée jusqu’au rétrécissement, percée à son sommet pour laisser passer la bougie, porte à son extrémité libre deux canules accolées, l’une latéralement placée sert à faire l’injection, l’autre située dans l’axe donne passage à la bougie. Un petit opercule formé par une lamelle de baudruche forme dans le trocart à thoracocentèse un opercule qui empêche le reflux du liquide le long de la bougie. Je suis arrivé plusieurs fois par ce moyen à franchir des rétrécissements dans lesquels je n’avais pu pénétrer par aucun autre moyen.

82. — Réfutation des théories allemandes sur le glaucome aigu ( hydro pysie enkystée sclérotico-choroïdienne). — Substitution de la paracentèse choroiaienne à l'iridectomie.

Déjà en 1864 j’ai exposé à la Société de chirurgie cette théorie du glaucome aigu et montré quel était le véritable mécanisme de la guérison par l’iridectomie. Si de Græfe avait constaté l’existence de la tension anormale du globe et de ses conséquences (douleurs périorbitaires, anesthésie conjonctivale, excavation de la papille), il n’avait pu en découvrir le point de départ et le mécanisme. L’iridectomie était

donc restée un moyen thérapeutique souvent utile, mais toujours empirique. En découvrant la véritable nature du glaucome aigu, j’ai été amené à employer une autre médication. La ponction scléroticale, faite avec un trocart capillaire à aspiration d’une construction nouvelle, m’a donné des résultats remarquables. Si pour moi la question me paraît jugée, je dois encore attendre un plus grand nombre de faits avant de publier la réfutation des théories allemandes, et les cas de véritable glaucome aigu sont assez rares dans nos hôpitaux pour expliquer le retard misa la publication de ce travail.

Page 1