De la résection du genou
(Mémoires de la Société de chirurgie.)
Vers 1858, les journaux scientifiques de l’Allemagne et de l’Angleterre nous apportaient de nombreuses observations de résection du genou et de la hanche dans des cas de tumeurs blanches; frappé des brillants résultats obtenus dans la majorité des cas, désireux de me rendre compte par moi-même de l’étendue des guérisons annoncées, et d’étudier l’opération aux lieux mêmes où on la pratiquait, j’allai passer cinq mois dans les hôpitaux de Londres pour y étudier la chirurgie anglaise et surtout cette importante question des résections articulaires, substituées à l’amputation .
Ce que je vis à Londres me convainquit de l’excellence de la résection lorsqu’elle est applicable et indiquée. Je cherchai donc à réunir le plus grand nombre possible des faits dans lesquels la résection avait été mise en usage, afin d’étudier la valeur de cette opération, non plus d’après quelques cas, mais d’après la généralité des observations publiées. Lorsque je présentai mon Mémoire à la Société de chirurgie en 1859, aucun travail d’ensemble n’avait encore été fait sur la résection du genou. Butcher, dans ses articles insérés en 1855 dans \q Dublin quarterly Journal , joignait à l’observation de son opéré la mention de trente autres faits appartenant à la chirurgie anglaise; mon mémoire s’appuyait sur 217 cas de résection
publiés dans les recueils scientifiques français, anglais, allemands ou américains et sur quelques observations inédites.
Je montrai que la résection du genou laisse après elle un membre trèsutile, malgré le léger raccourcissement qui suit forcément l’enlèvement d’une partie plus ou moins considérable du fémur et du tibia; j’indiquai, d’après les faits, les procédés opératoires susceptibles de donner les meilleurs résultats, je cherchai à poser sur les mêmes bases les indications et les contre-indications de l'opération. Quatre objections principales étaient opposées en France à la résection du genou et semblaient justifier l’oubli complet dans lequel était tombée cette opération.
Le manque de solidité du membre après la résection, l’arrêt de développement du membre opéré et par suite l’augmentation incessante du raccourcissement ; la mortalité plus grande qu’après l’amputation de la cuisse.
Les faits m’ont permis de montrer que le membre opéré, s’ankylosant solidement au genou, acquiert une solidité parfaite, et cette démonstration a pu être faite depuis à Paris même, car des opérés ont été montrés à la Société de chirurgie et à l’Académie par MM. Yerneuil, Dusseris et par moi-même. Ces cinq malades avaient tous un membre solide et des plus utiles ; les deux opérés de M. Yerneuil étaient des adultes, les deux de M. Dusseris et le mien étaient des enfants.
Mais, ainsi que l’a si bien montré Malgaigne, on ne peut apprécier les véritables résultats d’une opération qu’en suivant les malades plus ou moins longtemps après leur guérison. Avant de rédiger mon Mémoire, j’écrivis à tous les chirurgiens anglais ayant pratiqué plus ou moins longtemps auparavant la résection du genou, afin d’avoir des renseignements sur les phénomènes qui avaient pu se présenter et les accidents qui avaient pu survenir depuis l’époque où l’observation avait été publiée. Tous, en me répondant avec cette bienveillante confraternité et cet empressement qu’on est si heureux de trouver partout à l’étranger, me promirent decompléter par des détails inédits les 217 observations que j’avais joint à mon Mémoire, traduites in extenso, comme pièces justificatives d’un débat scientifique dont presque tous les documents étaient publiés en langue étrangère.
Malheureusement pour moi, ce Mémoire que mon état de fortune m’empêchait de pouvoir publier moi-môme, séjourna pendant cinq années dans les archives delà Société de chirurgie, qui ne le publia qu’en I 8 GZ 1 , alors que dans l’intervalle avaient, paru en Angleterre et en Allemagne quelques travaux moins complets, mais cependant très-importants, sur le même sujet. Mais depuis la lecture de ce Mémoire en 1859, MM. Follin, Gosselin, Giraldès, Richard, Verneuil, Dusseris, Surbled et moi-même avons pratiqué le plus souvent avec succès la résection du genou, et j’ai lieu d’espérer que la prévention qui règne encore contre cette opération ne tardera pas à disparaître devant l’évidence des résultats.
La partie la plus importante du sujet était celle de la mortalité. Il fallait comparer la mortalité de la résection à celle de l’amputation de la cuisse et faire cette comparaison entre les deux opérations pratiquées dans le même milieu. Je fus donc amené à rechercher quelle était, dans les hôpitaux d’Angleterre, la mortalité consécutive à l’amputation de la cuisse... Les statistiques à cette époque étaient moins nombreuses qu’aujourd’hui ; je pus cependant établir, sur un grand nombre de faits, que l’amputation était plus meurtrière que la résection.
Mais un fait me frappa vivement ; cette mortalité était notablement moins élevée à Londres qu’à Paris; je signalai le fait, puis je voulus en rechercher les causes. Je retournai plusieurs fois en Angleterre, je parcourus les principaux hôpitaux de l’Écosse et de l’Irlande, je crus trouver la cause de cette différence dans le régime des opérés, dans le mode de pansement, dans l’hygiène hospitalière, et c’est ainsi que s’élevèrent deux des plus importantes questions discutées aujourd’hui : les statistiques comparées, l’hygiène des hôpitaux.
2. — Luxation intra-coracoidienne. — Réduction le deuxième jour.
Mort quatre jours après.
(Revue médico-chirurgicale, 1853 .)
Étude anatomo-pathologique sur le mode de réparation de la déchirure capsulaire après la luxation de l’épaule.
3. — Fracture de la rotule. — Guérison avec consolidation osseuse par l'emploi des griffes.
(Revue médico-chirurgicale, 1855.)
k. — Traitement de la grenouillette par l’extirpation du kyste.
(Revue médico-chirurgicale, 1855.)
5. — Ligature de la carotide primitive et de la sous-clavière en dedans
des scalènes pour un anévrysme traumatique de la sous-clavière.
(Bulletins de la Société anatomique, 1859, p. 352.)
La ligature simultanée de la carotide primitive et de la sous-clavière n’avait été faite qu’une seule fois par Liston. Ayant à traiter un blessé de Magenta atteint d’un anévrysme de la sous-clavière, M. Cuvellier, chirurgien en chef des hôpitaux de Milan pendant l’occupation de 1859, crut devoir répéter cette opération au lieu de lier l’innominée, opération qui avait toujours été suivie de mort. Le malade mourut d’hémorrhagies répétées vers le treizième jour ; M. Cuvellier voulut bien me confier l’autopsie et la préparation de la pièce anatomique. Je constatai l’imperméabilité du bout cardiaque et la perméabilité du bout périphérique de la sous-clavière, en même temps que la non-oblitération de la vertébrale.
Recherchant alors dans l’histoire des treize observations de ligature de l’innominée la cause de la mort, je constatai et je pus montrer que les hémorrhagies, dans le cas où le tronc brachio-céphalique a été lié, ou lorsque la ligature a été appliquée sous la sous-clavière en dedans des scalènes, proviennent, non du bout cardiaque, mais du bout périphérique.
6. —Les tumeurs blanches des articulations occipito - atloïdo-axoïdiennes.
(Bulletins de la Société anatomique, 1859.)
Ce travail, écrit à titre de rapport, renferme l’histoire critique des observations et des travaux publiés sur ce sujet, et des considérations sur
LE FORT
le mécanisme et le traitement des accidents qui accompagnent ou suivent cette affection.
7 . Fracture du col de l’humérus avec pénétration du fragment
dans le centre de la tête humérale.
(Bulletins de la Société anatomique, 1856.)