CHAPITRE PREMIER
ËTUDE CLINIQUE
Débat de la maladie.
e. Presque toujours
note la tachycardie dans les observations.
A mesure que la maladie s’établit, d’autres symptômes apparaissent. On constate souvent un engorgement de tons les ganglions et, plus particulièrement, des ganglions cervicaux, surtout de ceux de la nuque, mais cette localisation n’est pas constante. Par contre, un examen attentif nous révèle que les ganglions des aines et des aisselles sont toujours pris, et, pour ceux des aisselles, on perçoit une sensation assez caractéristique. Généralement, un ou plusieurs ganglions sont augmentés de volume, aplatis et plus augmentés en surface qu’en épaisseur. Sous la pression des doigts ils
contours; il n’y a pas d’inflammation périganglionnaire.
Parmi les troubles qui sont fréquemment notés, nous devons signaler les lésions
CMtonées; on peut voir des érythèmes; le plus souvent, des plaques rouges, de dimensions variables, paraissent et persistent quelques jours, puis disparaissent. D’autre fois, il y a de l’érythème circiné. Sous notre direction, le D' Géry, dans sa thèse (Paris 1910), a fait une étude complète de cette question.
On peut aussi observer des œdèmes, tantôt sur le tronc, le plus souvent localisés à la face, plus particulièrement aux paupières et aux lèvres.
Ces troubles vaso-moteurs s’accompagnent parfois de sueurs abondantes, surtout dans les derniers temps de la maladie.
Très souvent le malade a, en plus, des démangeaisons terribles, irrésistibles, et même pendant le sommeil on le voit se déchirer la peau avec ses ongles.
Quand on recherche les troubles de la sensibilité, on trouve chez un grand nombre de malades de l’hyperesthésie; chez deux malades seulement il y a eu de l’anesthésie des deux pieds.
Il existe fréquemment de fortes douleurs, des céphalées intenses, ou encore des douleurs des pieds et des jambes ; oes algies sont souvent les premiers symptômes. Un malade nous dit que dès le début, il n’a pu marcher; il avait la sensation que ses chaussures étaient remplies de sable et de cailloux. La précocité des douleurs n’a. d’égale que leur ténacité; elles persistent même après la disparition de la fièvre. Un des malades que nous avons, traités, un an après le début, se plaignit de douleurs aux pieds qui persistaient, quoique très atténuées.
Souvent, en même temps que ces douleurs, on note des atrophies musculaires, ce qui rend la marche particulièrement pénible et donne au malade un aspect tout à tait caractéristique. Il ne soulève pas le pied et avance en le traînant sur le sol ; de plus, il a le corps courbé en avant; il est obligé de s’appuyer sur des cannes ou on doit le soutenir pour lui faciliter la marche. L’atrophie des muscles peut aussi porter sur les interrosseux des mains, et alors les espaces intermétacarpiens se dessinent en creu x ; après examen des mains, les bras tendus, la main horizontale, les doigts écartés, on note une légère trémulation. Ces mêmes secousses peuvent exister pour les muscles des membres et il y a presque toujours du tremblement de la langue.
Enfin, dans plusieurs observations, nous avons noté des troubles oculaires et plus particulièrement de l’iritis. Ceci ne doit pas surprendre, car les lésions oculaires ne sont pas rares en trypanosomiase ; et notre collègue, le D* Morax, leur a consacré une étude très documentée.
Tels sont les principaux symptômes que nous avons trouvés dans les observations de maladie du sommeil chez les Européens.
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'aux sont peu touchés ; cependant, il y a parfois de lois grosse, le foie souvent hypertrophié; il existe
e des principaux organes, le malade maigrit rapide-
t évoluer de longs mois avec ces symptômes sans
hU être brusque, sans symptômes prémonitoires, et près de grandes fatigues, a été pris de somnolences al, il s’est endormi, est tombé, et depuis lors, tous
découverte de la maladie.Trés rarement la somnolence devient le symptôt en général, dans les faits que nous venons de citer, la maladie évolue i symptômes prédoininants, sans qu’il soit possible d’établir des catég divisions.
Au contraire, lorsque nous avons étudié les symptômes nerveux.
existent dans la maladie du sommeil, nous avons constaté que parfois il
dus à des lésions du système nerveux central, lésions méningés et lésions médullaires, et nous avons pu diagnostiquer une méningo-myélite à trypanosomes.
Chez nos deux malades, l’amélioration de tous les symptômes a été très rapide, sans rechute. Pendant longtemps la douleur des pieds a persisté, mais a fini par disparaître, tout comme les troubles de la marche.
Ceux qui ont vu ces malades qui, à lèur retour du Congo, restaient avec peine debout et s’avançaient en traînant les pieds, le corps penché en avant, prêts à tomber, ont été très surpris lorsqu’ils ont constaté leur guérison complète.
Notre conclusion est que la forme médullaire est curable. Et on appréciera l’importance de cette affirmation lorsqu’on saura que tout autre est le pronostic des formes cérébrales qui, du reste, paraissent plus fréquentes.
ies jorms diffuses se traduisent tantôt par un syndrome méningé à émlution subaigaë, tantôt par un syndrome mental à évolution chronique.
Les premières se caractérisent par un ensemble symptomatique qui rappelle le tableau des tumeurs cérébrales à leur période initiale; céphalée, vomissements, constipation, troubles oculaires avec œdème de la papille et légère névrite optique; amaigrissement, anémie. Ces accidents disparaissent complètement en quelques jours sous l’influence d’un traitement énergique, mais peuvent être suivis à plus ou
intellectuelle, précédée parfois par une période d’exaltation, au cours de laquelle le malade peut se livrer à des actes incorrects, délictueux ou criminels.
Chez nos trois malades, nous avons constaté les symptômes d’une contusion mentale plus ou moins profonde, caractérisée par la stupeur, le gâtisme, la contusion des idées, l’amnésie, la désorientation, auxquels s’ajoutaient des hallucinations visuelles et auditives et parfois des accès délirants qui jamais n’ont affecté la forme systématisée. Ces accidents, associés à d’autres symptômes nerveux, peuvent être rangés dans le groupe des aliénations mentales organiques. Les symptômes somatique ne font jamais défaut.
L’évolution de ces accidents mentaux est toujours rapide ; en quelques semaines, la déchéance intellectuelle devient profonde et la stupeur apparaît. Dans ces formes mentales, le traitement agit avec une remarquable efiicacité; en quelques jours on observe une véritable transformation. Mais l’apparition des désordres mentaux dans la trypanosomiase constitue un pronostic très fâcheux : la guérison n’est jamais complète, l’int*elligence reste très amoindrie, il persiste un véritable état de démence qui peut s’accompagner de gâtisme. Enfin des récidives se produisent.
Les formes circonscrites de la trypanosomiase cérébrale se sont révélées dans les deux cas que nous avons observés par le syndrome cortical rolandiqne ; crise d’épilepsie bravais-jaoksonnienne, myoclonies, hémiplégie, aphasie. Dans l’un de nos cas, l’hémiplégie s’est installée d’emblée, pour ainsi dire, après une seule crise épileptique, et nous avons observé une véritable forme hémiplégique. Dans l’autre cas, au contraire les crises convulsives et les autres symptômes d’irritation corticale ont été les seuls symptômes pendant plus d’une année. ■
Parmi les épilepsies symptomatiques, il faut donc faire une place à Fépilepsie trypanosomiasique.
Ces formes paraissent très fréquentes dans la trypanosomiase; depuis longtemps, on a signalé les crises d’épilepsie jacksonienne dans cette maladie. Rarement ces formes circonscrites sont observées à l’état de pureté ; généralement elles s’associent aux formes mentales, qu’elles peuvent précéder ou suivre. En tous cas elles sont toujours d’un pronostic très sévère : lorsqu’un accès d’épilepsie jacksonnienne éclate chez un malade atteint de trypanosomiase, on peut considérer le malade comme perdu. Non seulement l’hémiplégie et l’aphasie le menaçent, mais, en fait, il est atteint d’une forme grave de trypanosomiase dont nos méthodes de traitement ne peuvent triompher dans le présent.
Malades Insensibles d l’atoxyl.
Médications mixtes.
De nos observations on conoluera que chez les malades traités par l’atoxyl, le plus souvent les trypanosomes disparaissent du sang, d’où résulte une amélioration de leur état, sauf exceptions. Nous avons observé, en effet, des malades dans le sang desquels les trypanosomes ont persisté; et, chez l’un d’eux, nous avons vu apparaître des érythèmes malgré le traitement.
Sur ces malades, nous avons essayé les médications mixtes.
Atoxyl et orpiment. — L’état de deux malades a été très amélioré. Les règles de cette médication ont été exposées par MM. Laveban et Thikoüx dans les Annales de VInstitut Pasteur du 25 février 1908.
Atoxyl et mercure, — Nous avons essayé sans succès l’association de l’atoxyl et
suivantes, ces accidents ne se renouvellent pas. Chez un malad n’avons pas pu administrer les 10 centigrammes.