TRAITEMENT DU TÉTANOS PAR INJECTIONS INTRA-VEINEUSES
Chez ce malade, l’action curative du sérum antitétanique fut e.xtrêmement, nette. Assurément il s’agissait d’un cas de tétanos subaigu, susceptible de se terminer par la guérison, même si on l’avait laissé évoluer sans employer la sérothérapie. Aussi n’est-ce pas sur cette terminaison heureuse que nous nous basons pour juger de l’efficacité du sérum antitétanique dans ce cas. Mais les détails de l’observation clinique mettent nettement en évidence l’influence favorable de la sérothérapie. Le premier jour, alors que les contractures sont encore peu intenses et peu étendues, on pratique une première injection de sérum; mais la dose employée est insuffisante. Le lendemain, nous constatons et nous notons l’apparition de nouvelles contractures. So'is l’influence d’une injection intra-veineuse de sérum antitétanique, les accidents s’amendent rapidement : déjà, au bout de quelques heures, les Contran-
tures sont moins intenses; elles cessent de s’étendre ; vingt-quatre heures après l’injection, l’amélioration persiste encore. On suspend alors le traitement sérothérapique ; le lendemain, la raideur est généralisée à tout le corps. Dans ce cas, on ne peut méconnaître l’action favorable du sérum antitétanique, puisqu’on voit les symptômes s’amender après l’injection, puis reprendre dès qu’on suspend l’emploi du sérum. Nous insistons tout particulièrement sur les effets de l’injection intraveineuse,qui a amené en quelques heures une sédation remarquable des symptômes.
sérum; en huit jours, cet entant de huit ans dont le poids corporel était de 20 kilogrammes, a reçu 520 cm® de sérum. Ces injections ont été parfaitement supportées; elles n’ont déterminé qu’un léger érythème scarlatiniforme qui a disparu en quelques jours ; à aucun moment notre malade n’a eu d’albuminurie, bien qu’il ait reçu dans une même journée 120 centimètres cubes de sérum.
Un autre tait intéressant est à relever dans l’histoire clinique de ce malade : c’est la complication broncho-pulmonaire, qui survint au sixième jour du tétanos et qui nécessita l’emploi de la balnéothérapie.
L’apparition de la broncho-pneumonie ne modifia nullement les symptômes de
l’infection pulmonaire devinrent rapidement redoutables. Complètement immobilisé, l’enfant ne pouvait expectorer, les sécrétions bronchiques obstruaient les voies aériennes ; l’asphyxie faisait de rapides progrès en même temps que s’aggra- , vaient les symptômes locaux et généraux de l’infection surajoutée au tétanos. L’enfant était mourant, lorsque nous nous décidâmes à employer la balnéothérapie. Comme dans tant d’autres observations d’infections broncho-pulmonaires graves, l’effet des bains sinapisés tut remarquable; en quelques jours l’enfant était hors de