ET L'ÉLIMINATION DES COMPOSÉS ORGANIQUES DE L'ARSENIC
Ainsi qi’e nous l'avons indiqué plus haut, la première idée de notre travail tient à l’emploi quotidien que nous faisions en 1920 à la clinique du professeur SPILLMANN, des arsenicaux injectés par voie veineuse à dose massive, sous forme d’arsénobenzènes dans le traitement de la syphilis et sous forme de cacodylates dans le traitement de certaines dermatoses; les brillants succès que nous obtenions laissaient cependant apparaître quelques ombres sous forme d’incidents plus ou moins sérieux : parésies, abolition des réflexes ; éruptions cutanées diverses; troubles digestifs.
Ces incidents, rapportés dans la suite pour une part au mécanisme dit biotropique, mais dont certains sont assurément des troubles d’intoxication proprement dite ayant
nicaux dans l’organisme, nous avons recherché dans la littérature médicale les travaux qui avaient trait à ce problème ; rapidement nous avons été frappé par la discordance de leurs conclusions.
En effet, la plupart des auteurs qui avaient étudié l’élimination de l’arsenic avaient reculé devant la longueur des analyses toxicologiques, surtout en ce qui concernait les
selles. Les autres — ceux de l’Ecole d'Ehrlich en particulier — avaient seulement étudie l’élimination du noyau cyclique
(En collaboration avec P. CHATELAIN). Réunion biologique de Nancy du 8 juin 1926. C. R. Société de Biologie. Tome XCV, p. 101.
Technique
Expérience sur le chien:
Observation II de la thèse Un chien de 15 kg. reçoit à 9 heures 0 gr. 30 de novarsénobenzo! en injection intraveineuse. A 11 heures, intervention (D' Hermann); le cholédoque étant ligaturé au ras du duodénum, on injecte dans le canal 10 cm’ d’acide
si
qui y est fixé de façon à ce que le transfert puisse s'en faire sur d'autres organes.
Mais si la nécrose provoquée ne peut déplacer l'As déjà fixé sur le tissu de la glande, peut-être empêcherait-elle cette fixation si elle était pratiquée préalablement à l'injection. C’est cette éventualité que nous avons réalisée dans une deuxième série d’expériences dont les résultats sont résumés dans les tableaux suivants:
Observation IV de la thèse Animal de 10 kg. ; (opéré par le D' HERMANN) : à 10 heures 35. ligature du cholédoque au ras du duodénum; une pince est posée sur le cystique au ras de la vésicule; injection dans le cholédoque de 40 cm’ d’acide acétique à 2 %; une sonde munie d’un ballonnet est placé dans la vésicule; on retire la pince posée sur le cystique; a 11 heures 15 injection intraveineuse de 0 gr. 30 de novarsénobenzol, soit 60 mgr. d’As. L’animal meurt vers 20 heures. A l’autopsie, foie nettement injecté dans toutes ses parties.
Résultat des analyses:
Expérience sur le lapin:
Observation VI de la thèse Lapin de 1 kg. 5 (opéré par le D' HERMANN), à 10 heures ligature du cholédoque au ras du duodénum, du cystique au ras de la vésicule: injection dans le cholédoque de 8 c/m’ d'une solution d’acide acétique à 1,5 %, A 10 heures 15, in-
d’As. Puis on isole et on résèque entre deux ligatures une portion du cholédoque. Enfin, une sonde de Pezzer est placée dans la vésicule et fixée à la paroi. Un ballonnet de caoutchouc, placé à l’extrémité de la sonde, est maintenu dans le pansement dans lequel l'animal est enveloppé (Opérateurs : docteurs FOURCHE et HERMANN). Suites opératoires normales: on peut recueillir quotidiennement environ 40 cm' de bile seulement. Le huitième jour apres l’intervention, le fond de la vésicule s'étant sphacélé, la sonde s’échappe
L’animal est sacrifié. A l’autopsie, sauf une petit abcès péritonéal enkysté dans l’épiploon, le long de la suture de la laparotomie, abdomen normal. On vérifie que le cholé-
biliaire a été troublée par l’intervention. Et ceci nous montre à quel point, à t'inverse de la fonction de fixation, la fonction d'élimination du foie est sujette à être perturbée par les troubles dans le fonctionnement de l'organe. Les chi0res trouvés pour l'élimination biliaire sont bien voisins de ceux obtenus dans l’observation IV, où la faible quantité de l’As retrouvé dans la bile (0 mgr, 27, soit 0,45 % de l’As injecté) ne nous avait pas surpris, en raison de la nécrose provoquée du foie.
Enfin le taux élevé de l'élimination de l'As par les urines semble indiquer la possibilité pour le rein de suppléer à l'élimination par la voie intestinale défaillante.