I. — ANATOMIE ET HISTOLOGIE
Recherches sur la circulation veineuse du foie chez l'homme avant et après la naissance.
(Avec E. Pollosson.) Congrès des Anatomistes. (28).
Ces recherches ont trait à l’étude anatomique de la circulation veineuse du foie, chez l’enfant, avant la naissance, et chez le nouveau-né. L’idée directrice était de se rendre compte si la circulation hépatique, modifiée complètement après la ligature du cordon et l’établissement de la respiration, ne se trouvait pas, de ce fait, dans des conditions anatomiques et mécaniques particulières. Dans ce but, nous avons recueilli et examiné une trentaine de pièces anatomiques.
Résultats anatomiques. — Avant la naissance, le vaisseau de beaucoup le plus volumineux est la veine ombilicale, et ses branches ont une disposition assez constante '(deux pour le lobe gauche, une pour le lobe carré). Le canal veineux d Arantius présente un calibre variable, en tout cas toujours inférieur à celui du tronc porte, souvent même a celui des branches gauches. La veine porte à un tronc également moins volumineux que celui de la veine ombilicale; de ses branches, la gauche est la plus importante et en additionnant les calibres de toutes les branches fournies, on arrive à un total toujours supérieur à celui du tronc. D’autre part, tandis que les branches droites sont en continuation directe avec le tronc, la branche gauche forme avec lui un angle aigu. Ces constata-
tions montrent que le tronc porte prend une part minime à l’apport circulatoire à cette période; toute la circulation est presque tributaire de la veine ombilicale, et les différentes dispositions anatomiques constatées créent des conditions mécaniques favorables à cette circulation (fig. i).
rapport à celui du tronc lui-même).
Après la naissance, la disposition générale du système veineux reste la même: la veine ombilicale s’atrophie jusqu’à l’origine de la première branche, le canal d’Arantius régresse vite et le calibre du tronc reste toujours inférieur à celui du segment de la veine ombilicale resté perméable. En somme, les
conditions anatomiques et mécaniques sont bien moins favorables à la circulation portale qui existe alors : seules les branches droites de la veine-porte semblent favorisées (fig. 2).
Pour ce qui est des lobes : Avant la naissance, il y a égalité entre le volume des lobes droit et gauche; après la naissance.
le lobe droit tend à prédominer et se développe plus vite que le gauche ; ce fait nous paraît explique par la disposition favorable des branches veineuses qui lui sont destinées. On peut, schématiquement, diviser le foie en deux parties par une ligne oblique passant par la fossette cystique, le sillon transverse et le sillon d’Arantius : un foie gauche (lobe gauche et lobe carré) dont le système circulatoire est favorablement disposé pour un courant sanguin d’origine ombilicale, et /qui se déve-
loppe avec prédominance avant la naissance; un foie droit (lobe droit et lobe de Spiegel), dont le système circulatoire est mieux disposé pour un courant sanguin d’origine portale et qui se développe avec prédominance après la naissance
(fig- 2 )-
Résultats radiographiques. — La radiographie des pièces injectées au minium a permis de contrôler les notions anatomiques précédentes. Avant la naissance, c’est l’injection faite par la veine ombilicale qui pénètre le mieux, mais elle injecte tout particulièrement le lobe gauche et le lobe carré; l’injection par la veine-porte est imparfaite, le lobe droit et le lobe de Spiegel sont injectés avec prédilection.
Après la naissance, les résultats sont identiques et les conditions circulatoires paraissent les mêmes.
En résumé, il résulte de ces recherches que le système veineux paraît disposé pour une circulation d’origine ombilicale, disposition qui persiste après la naissance. Deux territoires circulatoires peuvent être distingués : l’un ombilical comprenant le lobe gauche et le lobe carré, l’autre portai comprenant le lobe droit et le lobe de Spiegel. Enfin la persistance après la naissance d’une disproportion entre le calibre du tronc porte et de celui de ses branches, permet de penser que le foie se trouve à ce moment dans des conditions circulatoires défavorables et que ce facteur peut entrer en ligne de compte dans la pathogénie de certains ictères des nouveau-nés.
Deux cas d’anomalie de la branche descendante de l’hypoglosse.
(Avec V. Richer.) Congrès des Anatomistes. (29).
Dans un premier cas, la branche desçendante de l’hypoglosse naissait du côté droit du pneumogastrique au lieu de venir de la douzième paire. Cette branche formait une anse
anastomotique avec une branche du plexus cervical née de la réunion de deux filets fournis par C 2 et C 8 . De l’anse ainsi formée partait un seul filet se divisant en plusieurs rameaux pour les muscles sous-hyoïdiens; le filet du thyro-hyoïdien naissait du tronc de l’hypoglosse au niveau du coude. Aucune
anastomose anormale n’existait entre les troncs du pneumogastrique et de l’hypoglosse (fig. 3).
Dans le second cas, la disposition était analogue et la branche descendante de l’hypoglosse naissait également du tronc du pneumogastrique ; elle formait avec une branche du plexus cervical issue de C 8 une anse anastomique de la convexité de laquelle partaient les rameaux de l’omo-hyoïdien, du sterno-
thyroïdien et du sterno-cléido-hyoïdien ; le filet du thyrohyoïdien naissait, comme dans le cas précédent, du tronc de l’hypoglosse. Aucune anastomose n’existait entre les deux troncs nerveux dans leur portion intra-cranienne ; mais, au niveau de la base du crâne, l’hypoglosse se jetait dans le pôle
supérieur du ganglion plexiforme et le nerf spinal s’accolait à ce niveau feur une courte distance à ce même ganglion. Du côté opposé, bien que l’accolement soit identique, la branche descendante de l’hypoglosse naissait du tronc du nerf de façon normale (fig. 4, 5, 6).
Ayant recherché à cette occasion tous les cas publiés, nous les avons ramenés à trois types: dans un premier type, il existe un pseudo-accolement de la branche descendante de
l’hypoglosse et du pneumogastrique et la dissection permet de se rendre compte que les filets contenus dans la gaine du nerf pneumogastrique proviennent, en réalité, de l’hypoglosse.
Dans un deuxième type, la branche descendante naît réel-
(Observ. II)
lement du pneumogastrique, mais il existe en amont une ou plusieurs anastomoses plus ou moins importantes pour que l’on puisse admettre que les fibres nerveuses issues de l’hypoglosse ont suivi un trajet anormal dans le tronc du vague.
Dans un troisième type, enfin, la branche descendante naît
du pneumogastrique et les filets nerveux viennent bien de ce nerf, car il n’existe aucune anastomose en amont.
Le premier de nos cas rentre dans le troisième type d’anomalie et concerne une origine vraie de la branche descendante
sur le pneumogastrique ; le deuxième cas doit être rattaché au deuxième type, du fait de l’accolement des troncs au niveau du ganglion plexiforme, ce qui permet de supposer qu’à ce niveau les filets de la branche descendante issus de l’hypoglosse ont passé dans le tronc du vague.
Etude histologique de six cas de testicule ectopique.
(Avec P. Porte.) Lyon Chirurgical. (9).
Quelques faits concernant l'histologie du testicule ectopique. *
(Avec P. Porte.) Société de Biologie. (8).
Ayant eu l’occasion d’examiner six testicules ectopiques, nous en avons fait l’étude histologique en nous attachant surtout à la recherche des corps gras. Les pièces opératoires provenaient de sujets âgés respectivement de 14, 15. l6 > l 7 > 22 et 26 ans. Cette étude, dans son ensemble, confirme les travaux antérieurs classiques de Félizet et Branca, Cunéo et Lecène, Ancel et Bouin. De l’étude comparative des différents éléments, nous avons pu cependant tirer quelques conclusions :
i° Le diamètre des tubes spermatiques est bien plus grand dans les testicules à spermatogenèse ébauchée que dans ceux à spermatogénèse nulle. Dans les cas extrêmes, il varie de 160 n à 70 il
2 0 Le tissu conjonctif est, dans la majorité des cas, du type jeune, parfois même du type œdémateux. La sclérose intense est rare.
3 0 Les cellules interstitielles augmentent de nombre avec l’âge et on trouve parfois de véritables amas para-épithéliaux.
4° La graisse intra-tubulaire est abondante surtout dans les deux pièces provenant des sujets les plus âgés; elle est presque absente dans un cas à spermatogénèse ébauchée.
5° La graisse intertubulaire est, d’une façon générale, extrêmement abondante comparée à la graisse intratubulaire ; elle n’y voit sous formes d’énormes placards constitues par 1 agglomération de gouttelettes ; il s’agit d’amas muriformes ressemblant, morphologiquement, à ceux de la cortico-surrénale. Dans deux cas, cette graisse est rare : ce sont les cas à spermatogénèse ébauchée. Ce fait tendrait à prouver qu il ne s agit
pas là d’une manifestation de l’activité cellulaire, mais plutôt de phénomènes de dégénérescence. Nous n’avons pas constaté un rapport inverse entre la graisse des cellules interstitielles et la graisse intra-tubulaire.
6° Nous n’avons pas trouvé de corps bi-réfringents vrais. Mais, dans un cas, aux points où la graisse était très abondante, nous avons vu des cristaux en aiguille ayant l’aspect des cristaux d’acides gras qu’on rencontre dans le tissu adipeux normal et donnant de la bi-réfringence parce que cristallisés.
Nous apportons ces faits à titre de simples documents pouvant servir de directives dans la question si complexe de l’histo-physiologie du testicule.
Sur la systématisation topographique des lésions